Anisme : trouble de l’évacuation rectale

Anisme : trouble de l’évacuation rectale

Tout le monde a déjà connu, au moins une fois dans sa vie, des problèmes de défécation comme la constipation. Si vous ne le savez pas encore, l’anisme peut être la cause d’un trouble de ce genre. Ce trouble s’explique par une contraction anormale de l’anus. Pour plus de détails, découvrez dans l’article la définition de l’anisme, ses causes, ses symptômes et ses traitements.

Définition de l’anisme

 

L’anisme traduit un trouble de la contraction des muscles du plancher pelvien au moment de la défécation. Elle touche principalement les muscles des sphincters de l’anus et le muscle puborectal.

 

Lors de l’évacuation des selles, nos muscles doivent normalement se relâcher pour permettre l’ouverture de l’orifice anale et le passage des défécations. Pourtant, dans certains cas, les muscles se contractent (à cause d’un réflexe faussé). C’est cette contraction contradictoire qu’on appelle anisme. Les selles ne parviennent pas à sortir bien que le sujet fasse des efforts pour l’expulser. C’est d’ailleurs pourquoi ce trouble pose problème.

 

L’anisme est également connu sous d’autres appellations dans les bibliographies : 

 

  • dyssynergie recto-sphynctérienne ;
  • dyssynergie ano-rectale ;
  • assynchronisme abdo-périnéal ;
  • syndrome du périnée spastique.

 

 

Quelles sont les causes de ce trouble de l’évacuation rectale

 

Les causes de l’anisme sont diverses.

 

Trouble neurologique

 

Le contrôle nerveux de la défécation est troublé. Cela peut être la conséquence d’une pathologie neurologique centrale : maladie de Parkinson, atteinte médullaire, sclérose en plaques

 

Trouble fonctionnel

 

Ils regroupent les traumatismes ou les stress liés à des maltraitances physiques, à des agressions sexuelles, ou même à des douleurs liées aux autres pathologies locales comme l’ulcère solitaire du rectum. Les troubles fonctionnels peuvent aussi être liés à une pathologie urinaire (vu la proximité entre le système de défécation et de miction).

 

Trouble comportemental

 

Ce problème se présente le plus souvent chez les enfants. Lorsqu’un enfant est constipé, quand on lui demande de pousser, plus il serre son anus et au fur et à mesure, le sphincter devient désobéissant.

 

 

Les symptômes de trouble du sphincter anal

 

L’anisme se caractérise par quelques symptômes, à savoir :

 

  • l’absence de relaxation des muscles sphinctériens ;
  • des difficultés d’initier et de terminer les selles ;
  • une sensation de blocage et d’obstruction de l’orifice de défécation ;
  • des douleurs à la défécation ;
  • un sentiment d’évacuation incomplète et insatisfaisante ou ténesme.

 

Pour se soulager, le patient risque de fournir beaucoup plus d’efforts lors de la défécation. En voulant limiter la fermeture de son anus, il tend à intensifier ses poussées abdominales de manière répétée. Cela peut toutefois engendrer de mauvaises conséquences. Le patient risque d’attraper le syndrome du périnée descendant. Au pire, il n’arrivera plus à retenir ses défécations (incontinence anale).

 

En l’absence de soin, l’impossibilité de faire sortir les selles par l’anus peut alors aboutir à une constipation terminale ou à bien d’autres complications.

 

 

Quel traitement pour résoudre ce problème de constipation ?

 

Pour soigner l’anisme, le plus judicieux est de consulter un médecin. Afin d’indiquer les traitements adéquats, le professionnel de santé réalise un diagnostic. Il fera un examen clinique qui impliquera un toucher rectal. Cette manœuvre permet d’apprécier le tonus des sphincters de l’anus.

 

Il se lance ensuite dans l’enregistrement de la pression anale (lors de la manœuvre de Valsalva). En effet, la manométrie anorectale est le meilleur moyen pour justifier si le patient souffre d’anisme. En outre, l’électromyographie (EMG) et la défécographie peuvent aussi mettre en évidence un anisme. Une IRM peut servir d’examen complémentaire au diagnostic. 

 

Pour mieux comprendre la difficulté à l’évacuation des selles et bien orienter le traitement, le médecin peut recourir à l’analyse de la consistance des selles (par l’échelle de Bristol). La recherche d’autres pathologies pouvant être à l’origine d’une constipation est aussi envisageable. On peut citer : l’hémorroïde, les fissures anales, la sténose, la néoplasie anale.

 

Les moyens curatifs sont nombreux.

 

 Les traitements de l’anisme par des médicaments

 

Il s’agit du traitement de première ligne. Les médicaments sont principalement des substances laxatives, ils aident à évacuer les selles. Il y en a plusieurs types.

 

  • Laxatifs par voie rectale : ce sont les suppositoires qui contiennent des principes actifs à gaz carboniques (effervescents). Une fois libérés dans le rectum, ils stimulent le réflexe de déjection. Comme exemple, on peut citer l’Eductyl.
  • Laxatifs de lest ou mucilage : leur action est de favoriser l’accumulation et la rétention d’eau dans l’intestin. Ainsi, les selles augmentent et ont une meilleure consistance (c’est à dire plus facile à exonérer). Le patient se soulagera, car les défécations se feront plus fréquemment. Ce sont principalement des médicaments à base de psyllium, de gomme de sterculia, de son de blé.
  • Laxatifs osmotiques : ils augmentent aussi la fréquence des selles tout en améliorant leur consistance. Cela réduit les efforts fournis lors de l’évacuation des selles.

 

Les laxatifs restent les plus efficaces pour traiter l’anisme. En plus de leur propriété laxative, ils ont également un effet placebo bénéfique.

 

Un lavement à l’eau représente aussi une excellente alternative pour résoudre un problème d’anisme.

 

L’injection de toxine botulinique de type A dans le muscle pubo-rectal

 

Ces neurotoxines ont comme propriété d’inhiber les mouvements musculaires. Son effet n’est malheureusement que transitoire (sur 3 mois environ), d’où la nécessité de reprendre régulièrement les injections. De plus, les effets secondaires ne sont pas moindres. On peut citer par exemple des douleurs, une incapacité à retenir les selles et les gaz. C’est aussi pourquoi ce traitement n’est adopté qu’en troisième ligne.

 

La chirurgie

 

La résection chirurgicale des muscles pubo-rectal est aussi envisageable, mais elle expose à des risques d’incontinence. On n’a recours à cette opération qu’en dernier lieu.

 

La rééducation par le biofeedback

 

C’est la thérapie de référence. Le biofeedback consiste à apprendre au patient à relâcher son anus au moment des défécations. Cela est possible en lui faisant comprendre le problème en l’illustrant par divers signaux électro-physiologiques ou manométriques. Le seul bémol est que cette méthode nécessite beaucoup de temps d’entraînement pour être efficace.

 

Les hygiènes à adopter

 

Bien que l’efficacité des traitements soit visible dès les premières semaines, suivre quelques précautions d’hygiène est indispensable. Par exemple, lors de la défécation, il faut légèrement surélever les talons et ne pas s’asseoir dans l’angle de 90 °. Cette position favorise l’ouverture de l’anus et facilite la sortie des selles

 

 

Références

 

https://www.snfcp.org/wp-content/uploads/2017/12/livre-RCP-consti2017_long.pdf#page=205

https://www.edimark.fr/Front/frontpost/getfiles/3579.pdf

https://fr.abcdef.wiki/wiki/Anismus