Claudication intermittente : Est-ce grave ? (Symptômes et traitement)

Claudication intermittente : Est-ce grave ? (Symptômes et traitement)

Article revu et approuvé par Dr. Ibtissama Boukas, médecin spécialisée en médecine de famille

La claudication intermittente apparaît à l’effort, et témoigne d’un trouble de la circulation sanguine. Elle est souvent signe de maladie artérielle périphérique (MAP), et constitue dans certains cas un risque sérieux pour la santé.

 

Qu’est-ce que la claudication intermittente, et comment la reconnaître (symptômes et facteurs de risque). Comment pose-t-on le diagnostic de cette pathologie ? Et surtout, quelles solutions existent pour la traiter et la prévenir ? Vous aurez dans cet article toutes les réponses à vos questions concernant cette affection. 

Définition

 

La claudication intermittente est techniquement un symptômes plus qu’une condition à part entière. Elle réfère typiquement à une douleur aux membres inférieurs qui se manifeste à l’effort et qui disparaît au repos. Dans la plupart des cas, ce type de douleur survient lorsque les artères qui apportent le sang aux jambes sont rétrécies ou carrément bloquées.

 

Au fil du temps, vous pouvez ressentir des douleurs dans les jambes même lorsque vous ne faites pas d’exercice. Les coupures et les plaies sur vos jambes peuvent ne pas guérir comme elles le devraient si vous avez une MAP. Si elles s’infectent, vous risquez de souffrir de gangrène. Vous pourriez alors perdre une jambe.

 

Symptômes

Pendant l’exercice, lorsque les muscles ont besoin de plus de sang et d’oxygène, la claudication intermittente peut engendrer des symptômes tels que :

 

  • Douleur musculaire
  • Crampes
  • Engourdissement et fourmillements
  • Froideur des pieds
  • Faiblesse et lourdeur des jambes
  • Changement trophique des membres inférieurs (perte de pilosité, aspect luisant, plaies, etc.)
  • Fatigue

 

Les symptômes mentionnés ci-haut se font ressentir dans les jambes, depuis la fesse jusqu’aux pieds. Ils s’exprimeront différemment en fonction des individus. En général, les patients se plaignent de symptômes après avoir marché à une certaine vitesse pendant un temps donné.

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Une des particularité de la claudication intermittente est que les symptômes s’atténuent (ou disparaissent complètement) lorsqu’on cesse l’activité provocatrice. Ceci vient du fait que les muscles au repos ont des besoins en oxygène moins élevés (donc un apport sanguin moins important).

 

Dans les cas extrêmes, par contre, la maladie est si avancée que la jambe peut présenter des douleurs même au repos. On observe souvent des signes trophiques important et parfois une gangrène. Seulement 1 % des personnes atteintes de MAP présentent ces symptômes.

 

 

Causes et facteurs de risque

 

La maladie artérielle périphérique (MAP) est la cause la plus fréquente de claudication intermittente. Il s’agit d’un durcissement des artères des membres inférieurs qui entrave la circulation sanguine, allant même parfois jusqu’à former un caillot sanguin et un blocage.

 

Outre la MAP, d’autres affections peuvent être à l’origine de la claudication, ou du moins causer des symptômes similaires. On pense par exemple à :

 

  • Un anévrysme dans la région abdominale ou au membre inférieur
  • Une neuropathie périphérique
  • Un canal lombaire étroit
  • Un syndrome du compartiment
  • Une thrombose veineuse (phlébite)
  • Une dysplasie fibromusculaire

 

En ce qui concerne les facteurs de risque reliés à la claudication intermittente, vous êtes plus à risque si :

 

  • Vous êtes un homme de plus de 55 ans ou une femme de plus de 60 ans
  • Vous êtes en surpoids ou obèse
  • Vous ne faites pas d’exercice régulièrement
  • Vous avez des antécédents familiaux de claudication ou de certains types de maladies cardiaques, comme l’athérosclérose ou la maladie artérielle périphérique.
  • Vous souffrez de diabète, d’hypertension artérielle, d’hypercholestérolémie, ou de maladie rénale chronique
  • Vous avez un taux de protéine C réactive (CRP) élevé
  • Vous fumez
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Diagnostic

Le diagnostic de la claudication intermittente débute le plus souvent au cabinet du médecin. Celui-ci va d’abord poser des questions reliées aux symptômes du patient, à son mode de vie, et à son historique médical et familial. Typiquement, on retrouve les caractéristiques suivantes en présence de claudication intermittente :

 

  • douleur de type musculaire dans les jambes (et non osseuse ou articulaire)
  • douleur survenant après avoir parcouru une distance spécifique à pied
  • douleur qui disparaît au repos à l’intérieur de 10 minutes

 

Si les symptômes ne s’estompent pas au repos, on peut penser à une atteinte mécanique ou une claudication provoquée par une cause différente de la maladie artérielle périphérique (comme le canal lombaire étroit, une hernie discale, une arthrose de la hanche, une atteinte inflammatoire, etc.)

 

Pour clarifier le diagnostic, le médecin peut également prescrire certains tests complémentaires. On pense par exemple à :

 

  • Index bras-cheville (IBC) : Ce test compare la pression sanguine dans votre cheville avec celle de votre bras. Si la pression dans votre jambe est beaucoup plus faible que dans votre bras, il se peut que vos artères soient obstruées ou bloquées.
  • Échographie 
  • Angiographie
  • IRM (imagerie par résonance magnétique)

 

 

Traitement et prévention

 

Le traitement de la claudication intermittente passe par la prise en charge de toute condition provoquant un trouble de la circulation sanguine. Il est donc essentiel de connaître la cause exacte expliquant les symptômes. Le plus souvent, il sera pertinent de contrôler sa tension artérielle, son taux de cholesthérol et/ou sa glycémie.

 

Par ailleurs, il n’est pas rare de se voir prescrire des médicaments visant à contrôler les paramètres mentionnés précédemment, améliorer la circulation ou réduire le risque de développer des caillots sanguins. Dans les cas plus sévères, une intervention chirurgicale pourrait être réalisées : des techniques communément utilisées sont l’angioplastie, l’endoprothèse ou la chirurgie de pontage vasculaire.

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Des méthodes plus conservatrices peuvent également être recommandées pour soulager les symptômes de claudication intermittente. Par exemple, un kinésithérapeute pourrait mettre en place un programme de marche visant à augmenter la tolérance à l’effort et réduire les douleurs. Une étude a d’ailleurs démontré une amélioration significative des symptômes au bout de trois mois chez des personnes ayant participé à un programme de marche et d’éducation supervisé.

 

Finalement, des exercices d’assouplissement et de renforcement des membres inférieurs ont été aussi efficaces qu’une angioplastie pour améliorer la tolérance à la marche et la qualité de vie. Évidemment, ces exercices devraient être réalisés sous la supervision d’un expert.

 

Prévention de la claudication intermittente

 

En terme de prévention, des modifications au niveau du mode de vie compte parmi les moyens les plus efficaces pour réduire le risque de claudication intermittente. Par exemple :

 

  • Réduisez la consommation d’aliments contenant des graisses saturées.
  • Évitez ou minimisez au maximum la consommation de tabac
  • Pratiquez une activité physique régulière
  • Faites contrôler votre taux de cholesthérol, glycémie et pression artérielle chez votre médecin de manière régulière
  • Maintenez un poids dans les limites de la normale (en fonction de l’IMC)

 

Références

 

  • https://www.healthline.com/health/intermittent-claudication
  • https://www.webmd.com/heart-disease/intermittent-claudication