Collagénose : Types et moyens de prise en charge

Collagénose : Types et moyens de prise en charge

Article revu et approuvé par Dr. Ibtissama Boukas, médecin spécialisée en médecine de famille

Le nombre de personnes atteintes de collagénose est en hausse. Il se manifeste le plus souvent chez les femmes que chez les hommes. Envie d’en savoir plus sur cette maladie ? Cet article est donc fait pour vous.

Définition

 

Le collagène correspond à la protéine sécrétée par les cellules du tissu  conjonctif. On parle de la protéine la plus abondante dans l’organisme humain. C’est grâce à elle que chacun de nos organes arrive à maintenir sa flexibilité. En effet, le collagène interagit avec des molécules pour former des fibres et produire ainsi un tissu fibreux pour éviter que les organes soient trop rigides.

 

Source

 

La collagénose ou connectivite (ou encore maladie systémique) quant à elle, désigne l’ensemble des maladies auto-immunes provoquées par une formation anormale de collagène au niveau des tissus conjonctifs. Il s’agit entre autres d’une hyperactivité du système immunitaire, d’une prépondérance féminine et d’une association aux anticorps antinucléaires et la diffusion de lésions.

 

Parmi les collagénoses, on peut citer:

 

  • La sclérodermie : ce type de collagénose se caractérise par des troubles au niveau de la peau, du cœur et de la digestion.
  • Le lupus érythémateux disséminé : il se manifeste par des troubles au niveau de la peau, surtout au niveau du visage et au niveau des articulations et de la digestion.

 

Source

 

  • La polymyosite : c’est un trouble douloureux au niveau des muscles, des articulations et des os.
  • La périartérite noueuse : il s’agit d’une atteinte diffuse des artères du corps.
  • La sarcoïdose : ce type de collagénose correspond à une atteinte des poumons et de plusieurs autres organes.
  • La polyarthrite rhumatoïde : ce type de collagénose correspond à un trouble inflammatoire chronique au niveau des articulations, en particulier au niveau des mains et des pieds.
  • Le syndrome oculo-urétro-synovial (O.U.S) : ceci se manifeste par un gonflement douloureux des articulations, déclenché par une infection dans une autre partie de l’organisme.
  • Les spondylarthropathies : c’est ainsi qu’on appelle tous les rhumatismes inflammatoires chroniques qui se partagent des manifestations cliniques et un terrain génétique commun.
  • La maladie de Horton : cette maladie se caractérise par une inflammation des vaisseaux sanguins dans le cuir chevelu et autour.
  • Le syndrome de Gougerot-Sjogren : cela correspond à un trouble du système immunitaire qui aboutit au dessèchement des yeux et de la bouche.
  • La maladie de Behçet : il s’agit d’une maladie rare qui entraîne une inflammation au niveau des vaisseaux sanguins.
  • Les histiocytoses : c’est une maladie qui affecte les histiocytes, des cellules dérivées des globules blancs qui assurent la défense des tissus dans lesquels elles se trouvent.
  • La maladie périodique : c’est une maladie génétique qui se manifeste par des excès de fièvre répétés. Ces derniers sont souvent accompagnés de douleurs abdominales et/ou articulaires.
  • Les maladies de surcharge : cela concerne les maladies métaboliques génétiques conduisant à l’accumulation pathogène d’un métabolite dans la cellule.
  • La maladie du tissu élastique : c’est une maladie héréditaire rare du tissu élastique conjonctif qui aboutit généralement à une souplesse anormale des articulations, une peau très élastique et des tissus fragilisés (syndrome d’Ehlers Danlos).

 

 

Causes

 

Jusqu’à maintenant, on ne reconnaît pas encore les origines de la collagénose. Toutefois, les troubles du système immunitaire font évoquer une cause auto-immune. En effet, l’organisme crée des anticorps anormaux, dirigés contre les propres constituants de ses cellules. C’est pourquoi on désigne ces anticorps anormaux par auto-anticorps ou encore antinucléaires.

 

Ces maladies favorisent la rencontre entre certains antigènes du système d’histocompatibilité (HLA), ou chez certaines familles plus fréquemment atteintes, voilà ce qui explique le rôle favorisant d’un facteur génétique.

 

Parmi les patients souffrant de la collagénose, on compte un taux féminin supérieur à celui des hommes. Cet écart explique l’implication de l’œstrogène (une hormone présente chez les femmes) dans cette maladie. Ce qui signifie alors que la période de grossesse (une période de forte imprégnation hormonale) peut aussi favoriser une poussée chez les patients de sexe féminin.

 

 

Symptômes

 

Aucune partie de l’organisme n’est dépourvue de tissu conjonctif, c’est pourquoi la collagénose ou la maladie systémique peut attaquer tous les organes. D’où, les symptômes de cette maladie peuvent toucher :

 

  • L’articulation ;
  • La peau ;
  • Le cœur ;
  • Les poumons ;
  • Les reins ;
  • Le système nerveux ;
  • Les vaisseaux sanguins ;
  • L’appareil digestif

 

En général, la collagénose évolue par poussées. Elles sont associées à un syndrome inflammatoire et peuvent varier soit d’un patient à un autre, soit d’un degré à un autre. En voici quelques exemples :

 

Source

 

  • Fébricule (légère fièvre)
  • Abattement
  • Fatigue chronique
  • Diminution des performances
  • Difficultés de concentration
  • Sensibilité au soleil et à la lumière
  • Alopécie
  • Sensibilité au froid
  • Sécheresse nasale / buccale / vaginale
  • Lésion cutanée
  • Perte de poids
  • Douleurs articulaires
  • Douleurs inflammatoires musculaires (myalgies)
  • Douleurs inflammatoires articulaires (arthralgies).

 

A noter que lorsqu’il s’agit d’un cas de connectivite ou collagénose indifférenciée, le patient ne présente pas d’autres symptômes que la douleur articulaire et la fatigue. Toutefois, dans le cas inverse, c’est-à-dire en cas de syndrome de chevauchement, le patient présentera des symptômes beaucoup plus importants.

 

 

Diagnostic

 

Pour éviter que la maladie n’atteigne plusieurs organes, un diagnostic est de mise. Si le médecin praticien suspecte une collagénose sur la base de l’anamnèse, il convient alors de faire un bilan de dépistage comprenant : la recherche d’un syndrome inflammatoire, un hémogramme, un dosage de la créatinine et une analyse du sédiment urinaire, voire un dosage du C4. En effet, le diagnostic repose sur deux choses :

 

  • Sur le récit antécédent du patient
  • Et sur son examen clinique.

 

La présence d’anticorps antinucléaires dans le sang des patients signifie qu’il est impératif d’établir un diagnostic. Toutefois, il est aussi important de souligner que la présence de ces auto-anticorps dans le sang ne signifie pas toujours que l’on souffre de collagénose.

 

Parfois, il est nécessaire de passer par un prélèvement de tissu pour réaliser une biopsie. Pour cela, il faut demander l’avis d’un spécialiste pour confirmer le diagnostic et trouver le traitement qui lui correspond.

 

 

Traitement

 

Une maladie auto-immune suggère souvent une prise en charge pluridisciplinaire. C’est-à-dire qu’il faudra consulter un spécialiste pour chaque organe atteint et consulter aussi d’autres professionnels de santé comme un pharmacien, un diététicien, un infirmier, un kinésithérapeute, un psychologue.

 

Cette prise en charge a pour objectif de contrôler l’évolution de la maladie et de la réduire au minimum possible. Le traitement varie évidemment en fonction du type de collagénose diagnostiqué et aussi selon les organes touchés.

 

La prise en charge de la connectivite comprend des traitements médicamenteux et des traitements non médicamenteux.

Les traitements médicamenteux

 

Les traitements médicamenteux regroupent le traitement des symptômes et le traitement de fond.

Le traitement des symptômes de la collagénose

 

Le traitement des symptômes vise à réduire, voire à supprimer les poussées et soulager les douleurs en remettant en ordre le dysfonctionnement de tous les organes atteints.  Pour cela, les corticoïdes sont les plus sollicités. En raison de leur efficacité rapide et puissante, les corticoïdes sont utilisés comme un anti-inflammatoire de première intention pour la collagénose. Si la collagénose atteint un organe comme le rein, le poumon ou le cerveau, la prise en charge pourra recourir à l’utilisation d’un immunosuppresseur par voie orale ou injectable à fortes doses.

 

Cependant, la dose de corticoïde variera en fonction de l’organe endommagé et l’importance de son atteinte. Lorsqu’un organe comme le cœur, le rein, le poumon ou le système nerveux est touché par la collagénose, un traitement spécifique sera nécessaire.

 

On peut aussi prendre des antalgiques et/ou anti-inflammatoires en cas de forte douleur articulaire ou musculaire.

Le traitement de fond

 

Le traitement de fond se divise en 3 types :

 

  • Le traitement de fond synthétique (ou chimique) comme l’hydroxychloroquine, le méthotrexate, le léflunomide, l’azathioprine, le mycophénolate mofetil et le cyclophosphamide.
  • La biothérapie ou biomédicament, notamment le rituximab et le belimumab.
  • La thérapie cellulaire, ce type de traitement rassemble des interventions délicates telles que l’autogreffage des cellules souches périphériques.

 

Les traitements non médicamenteux et protections associées

 

Le sport, la kinésithérapie et l’ergothérapie tiennent une place importante dans la prise en charge des connectivites. En effet, on ne peut pas estimer les bienfaits de l’activité physique pour certaines maladies, y compris les maladies systémiques.

 

La kinésithérapie, quant à elle, sert d’appui pour bien réussir les activités physiques sans douleur. Enfin, l’ergothérapie nous aide à comprendre les mécanismes de la maladie, à connaître la place de chaque type de traitement (médicamenteux ou non), et de vivre au quotidien avec la collagénose. En gros, ces traitements sont efficaces pour la lutte contre l’affaiblissement des muscles, l’enraidissement des articulations, la lésion cutanée, la douleur musculaire,…

 

Une protection contre le soleil ou le froid est souvent nécessaire. Il faut aussi éviter la prise du tabac afin de prévenir les poussées de la maladie et réduire l’aggravation si les poumons sont atteints.

 

Un soutien psychologique est parfois utile pour apprendre à vivre avec la maladie et à gérer le stress qui en découle. En effet, le stress favorise les poussées de la maladie systémique.

 

 

Références

 

  1. https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=collagenose-definition-causes-bilan-traitements

 

  1. https://www.docteurclic.com/maladie/collagenose.aspx

 

  1. https://public.larhumatologie.fr/grandes-maladies/maladies-auto-immunes/comment-traiter-les-maladies-auto-immunes-non-specifiques-dorganes

 

Si vous avez aimé l’article, merci de le partager sur vos réseaux sociaux (Facebook et autres, en cliquant sur le lien ci-dessous). Ceci permettra à vos proches et amis souffrant de la même condition de bénéficier de conseils et de support.