coxa vara

Coxa vara : trouble de hanche (Que faire ?)

Près de 10 adolescents sur 100 000 souffrent d’épiphysiolyse fémorale supérieure. Il s’agit d’une maladie de la hanche qui touche principalement les enfants et les adolescents en âge de croissance. On l’appelle aussi « coxa vara ». Qu’est-ce que la coxa vara ? Quelles sont ses causes ? Comment se manifeste-t-elle ? En quoi consiste son traitement ? Trouvez les réponses dans cet article.

Quelques mots sur la coxa vara

 

La coxa vara survient le plus souvent entre l’âge de 10 et 16 ans. Durant cette période, les os subissent une croissance rapide.

 

Les adolescents ont une plaque de croissance juste en dessous de l’épiphyse de la tête fémorale. Cette plaque est appelée « cartilage de croissance cervico-céphalique ». Ce dernier relie la tête fémorale et le fémur. C’est grâce au cartilage de croissance cervico-céphalique que l’os peut s’allonger et se développer.

 

La coxa vara correspond donc à une affection du cartilage de croissance. Cela se traduit par le glissement de l’épiphyse fémorale par rapport au col du fémur. Le glissement peut être aigu et brutal.

 

Ce trouble de la hanche touche plus de garçons que de filles. Dans 80 % des cas, il concerne une seule hanche. Elle est bilatérale sans un cas sur cinq.

 

 

Causes de ce trouble de la hanche

 

L’épiphysiolyse fémorale supérieure peut être d’origine génétique ou acquise.

 

Lorsque le cartilage de croissance cervico-céphalique est anormal, il devient fragile et favorise le glissement.

 

La déformation de la partie supérieure du fémur peut également être liée à la fermeture de l’angle cervico-diaphysaire (angle d’inclinaison du col du fémur et du corps du fémur). Cet angle mesure normalement entre 120 ° et 135 °.

 

coxa valga et coxa vara
Source

 

En raison de la prévalence de cette maladie chez les garçons, des facteurs mécaniques et hormonaux peuvent y être associés. Le glissement de l’épiphyse peut résulter de contraintes mécaniques qui s’exercent sur l’extrémité supérieure du fémur. Ces contraintes sont parfois exagérées par un traumatisme.

 

Aussi, des cas de coxa vara s’observent fréquemment en cas de surcharge pondérale. La surcharge fait exercer une pression sur la plaque de croissance, ce qui provoque le glissement de l’épiphyse fémorale.

À LIRE :   Ostéonécrose de hanche : Le guide complet

 

Dans le cadre de cette affection du cartilage, certains facteurs de risque ont été identifiés :

 

  • troubles endocriniens comme le diabète, une affection thyroïdienne ou des problèmes de croissance ;
  • maladie rénale ;
  • traitements anticancéreux tels que la chimiothérapie ou la radiothérapie ;
  • prise de certains médicaments comme les stéroïdes ;
  • antécédents familiaux.

 

 

 

Quels sont les symptômes de ce trouble ?

 

Les symptômes de la coxa vara reflètent l’importance du glissement.

 

La maladie se manifeste principalement par une raideur de la hanche. L’enfant peut ressentir une douleur au niveau du pli de l’aine sans avoir subi de traumatisme. La douleur peut irradier vers la partie antéro-interne de la cuisse jusqu’au genou. Son intensité est variable : elle peut causer une boiterie moins importante ou une impossibilité de marcher.

 

La douleur à l’aine ne se manifeste pas forcément dès le début. Il peut arriver que l’enfant ressente directement une douleur au niveau du genou ou de la cuisse. En cas d’irritation de nerfs, la douleur peut toucher une autre zone que la hanche.

 

Un traumatisme peut entraîner une impotence fonctionnelle complète ainsi qu’une attitude vicieuse en rotation externe du membre inférieur.

 

L’enfant peut avoir d’autres signes :

 

  • mouvement limité de la hanche (en rotation, en flexion et en abduction) ;
  • difficulté à tourner les orteils vers l’intérieur ;
  • nécrose avasculaire (mort des tissus osseux) avec effondrement de l’épiphyse ;
  • douleur à la mobilisation.

 

Dans les cas plus sévères, l’épiphysiolyse engendre une coxarthrose précoce (arthrose de la hanche). Le risque est important lorsque le glissement est dessous de 40 °.

 

 

Diagnostic de l’épiphysiolyse fémorale supérieure

 

Le diagnostic clinique de la coxa vara est souvent confirmé par une radiographie. Cet examen détecte les signes évocateurs de la maladie et montre l’aspect de l’articulation coxo-fémoral.

 

La radiographie nécessite deux incidences correctes, notamment un cliché du bassin en incidence de face standard et un cliché de chaque hanche en incidence de profil. L’incidence de profil est la plus pertinente. Elle permet d’analyser la bascule du noyau épiphysaire en dedans et en arrière.

 

Le médecin utilise souvent la technique de Dunn. Pour cela, le patient doit faire :

À LIRE :   Douleurs à la hanche: 11 causes possibles (et que faire?)

 

  • une flexion à 90 ° ;
  • une abduction pour que le col soit parallèle à la plaque ;
  • une rotation interne correspondant à l’antéversion.

 

Parfois, le médecin demande des examens complémentaires comme une échographie ou une imagerie par résonance magnétique (IRM). L’IRM requiert parfois l’utilisation d’un produit de contraste. Introduit par voie intraveineuse, il peut mettre en évidence les structures de la hanche. L’IRM permet de déterminer la sévérité d’une nécrose de la tête fémorale, et peut également aider à orienter le traitement.

 

 

Que faire pour traiter ce trouble articulaire ?

 

Le traitement de la coxa vara est principalement chirurgical. L’opération s’effectue sous anesthésie générale.

 

La coxa vara est une maladie évolutive. Autrement dit, elle nécessite une opération dès qu’elle est diagnostiquée. L’intervention chirurgicale permet de rétablir l’angle entre la diaphyse (corps du fémur) et le col du fémur. Elle limite également le risque de nécrose avasculaire de la hanche.

 

Une fois le diagnostic posé, le repos total est préconisé jusqu’au jour de l’opération. L’enfant doit être admis à l’hôpital en urgence pour assurer le repos et planifier l’intervention le plus tôt possible. L’appui est ainsi contre-indiqué : il accentue le glissement et constitue un mauvais pronostic.

 

Pour les cas moins graves

 

Lorsque l’affection est légère, l’intervention consiste à fixer « in situ » la tête fémorale. A cet effet, le chirurgien utilise une vis pour limiter le glissement. L’intervention est surveillée à l’aide d’un fluoroscope. C’est un instrument de radioscopie qui montre des images en temps réel.

 

Le chirurgien effectue une incision près de la hanche, puis passe une vis métallique à travers l’os fémoral et le cartilage de croissance. Le but est de maintenir la tête fémorale en place. Normalement, le patient ne ressent pas cette vis après la chirurgie.

 

Chez ceux qui ont les deux hanches touchées, il est possible de les stabiliser. Cette décision peut être prise même si les signes de la maladie sur l’autre côté de la hanche ne se sont pas encore manifestés.

 

Pour les cas plus graves

 

Lorsque la coxa vara est plus sévère, l’intervention est plus complexe. La tête fémorale doit être réalignée au même niveau que le col du fémur. Pour ce faire, le chirurgien doit accéder à l’intérieur de l’articulation de la hanche. L’objectif reste le même : maintenir la tête fémorale avec une vis. L’intervention permet aussi de minimiser les risques sur les vaisseaux qui vascularisent la tête fémorale.

À LIRE :   Coxa valga : trouble de la hanche (Que faire ?)

 

Après l’opération, l’enfant est suivi par une équipe médicale. Celui-ci indique le poids que l’on peut appliquer sur la jambe opérée. Le suivi doit être régulier et se faire tous les 3 à 6 mois jusqu’à la fin de la croissance.

 

Suite à l’intervention, les enfants qui ont les deux hanches opérées peuvent avoir besoin d’un fauteuil roulant pour se déplacer, pendant les deux premières semaines qui suivent l’intervention. Pour les cas moins complexes, l’utilisation de canne pendant environ 6 semaines peut être recommandée.

 

Pour terminer, la coxa vara évolue favorablement lorsqu’elle est diagnostiquée et traitée à temps. Les enfants qui souffrent d’une épiphysiolyse moyenne et sévère sont plus exposés au risque de problèmes articulaires. Cela peut être une différence de longueur des jambes ou une arthrose. Dans ce cas, une nouvelle intervention chirurgicale pourrait être envisagée.

 

 

Références

 

https://www.chu-nantes.fr/questions-sur-l-epiphysiolyse-ou-glissement-epiphysaire-femoral-superieur?fbclid=IwAR2eH8UrLaxtodfdJV3ZIumqI6B0OtBpbLF1geV8SsYm6TQEgJDm5JZLirY

https://www.concilio.com/rhumatologie-pathologies-de-l-articulation-coxa-vara/?fbclid=IwAR0Kp-WSNqtB0fIBnr6iAeOFWiZsciwEdxO_XBs0c1OtERE3mdKjm-u66to

https://www.chuv.ch/fr/dfme/dfme-home/enfants-famille/specialites-medicales/chirurgie-de-lenfant-et-de-ladolescent/chirurgie-pediatrique-de-la-hanche/lepiphysiolyse-de-la-tete-femorale?fbclid=IwAR2Sp-or28sRkhZ42xvhMP0od0V06I2a1LCs5rumNpGERUvE239cmEgqpuU

Cet article vous-a-t-il été utile ?

Indiquez votre appréciation de l'article

Note des lecteurs / 5. Nombre de votes

Si vous avez bénéficié de cet article...

Suivez-nous sur Youtube et Facebook

Navré que vous n'ayez pu trouver réponse à vos questions !

Aidez-nous à améliorer cet article !

Comment pouvons-nous améliorer l'article ?

Douleurs physiques : Mini consultation gratuite

Répondez à ce court questionnaire en ligne pour bénéficier de recommandations spécifiques à VOTRE situation.