Douleur au bras gauche : 6 causes possibles (et que faire ?)

Douleur au bras gauche : 6 causes possibles (et que faire ?)

La survenue d’une douleur au bras gauche est généralement source d’angoisse et de forte inquiétude, car elle est généralement associée à une affection redoutable : l’infarctus du myocarde, communément appelé « crise cardiaque ».

 

Heureusement, la douleur au bras gauche n’est pas toujours synonyme d’infarctus. De nombreuses pathologies peuvent en être la cause.

 

Dans tous les cas, l’avis d’un médecin est indispensable devant toute douleur au bras gauche afin de ne pas passer à côté d’une pathologie grave.

Douleur au bras gauche : définition

 

En anatomie, on entend par « bras » la partie du membre supérieur qui s’étend de l’épaule au coude. Toute douleur qui siège à ce niveau est donc désignée par « douleur au bras ».

 

Il est important de préciser les caractéristiques de cette douleur, car c’est ce qui aidera le médecin à poser le bon diagnostic. Pour ce faire, un interrogatoire minutieux, un examen physique complet (qui ne se limite pas au bras gauche) et d’éventuels examens complémentaires sont nécessaires.

 

Ainsi, les données cliniques et paracliniques permettront de déterminer le type de la douleur :

 

  • Douleur localisée au bras gauche ou bien diffuse à tout le membre supérieur.
  • Douleur aiguë ou chronique.
  • Douleur vive apparue suite à un traumatisme.
  • Douleur associée à une déformation ou un gonflement du bras.
  • Douleur apparue suite à la l’hyper-sollicitation du bras.
  • Douleur qui s’aggrave lors de la sollicitation du bras.
  • Douleur « électrique ».
  • Douleur s’accompagnant de fourmillements ou de sensation de brûlure.
  • Douleur associée à un essoufflement, à des douleurs rétrosternales et des mâchoires qui ne cèdent pas au repos dans un contexte de malaise général.

 

Bien entendu, en médecine, on ne traite pas un symptôme mais un patient ! Il est donc primordial de connaître les antécédents personnels et familiaux de ce dernier, de préciser le contexte de sa douleur au bras gauche, ses facteurs déclenchants…

 

Par exemple, une douleur au bras gauche associée à des douleurs thoraciques chez un patient âgé ayant des antécédents cardiovasculaires nous orientera prioritairement vers un infarctus du myocarde. Le terrain est très important dans ce genre de situations.

 

 

6 causes possibles de douleur au bras gauche

 

Une douleur au bras gauche peut être d’origine :

 

  1. Cardiaque (infarctus du myocarde).
  2. Tendineuse (tendinite du long biceps).
  3. Osseuse (fracture de l’humérus).
  4. Nerveuse (névralgie cervico-brachiale).
  5. Articulaire (polyarthrite rhumatoïde).
  6. Musculaire (fibromyalgie).

 

1- Infarctus du myocarde (crise cardiaque)

 

L’infarctus du myocarde, plus connu sous le nom de « crise cardiaque », est une affection caractérisée par la destruction d’une partie plus ou moins étendue du myocarde (muscle du cœur) suite à une obstruction (partielle ou totale) d’une ou plusieurs artères du cœur.

 

Sur le plan clinique, l’infarctus du myocarde se manifeste par une douleur thoracique brutale rétrosternale, généralement à l’occasion d’un effort, ne cédant pas au repos, irradiant vers le bras gauche (voire les deux membres supérieurs) et la mâchoire.

 

Parfois, l’infarctus du myocarde se manifeste par des symptômes atypiques tels que des troubles digestifs (douleurs à l’estomac, nausées, vomissements…), une douleur isolée au niveau du bras gauche ou de la mâchoire.

 

Ainsi, une douleur au bras gauche, même isolée, ne doit jamais être prise à la légère, car elle peut être le signe d’une crise cardiaque, une affection mortelle si elle n’est pas prise en charge dans les plus brefs délais. Donc, au moindre doute, se rendre aux urgences ou appeler les secours (le 15) !

 

2- Tendinite du long biceps

 

La tendinite du long biceps, ou tendinite du biceps brachial, est une cause fréquente de douleur au niveau du bras. Elle se manifeste par une douleur au niveau de la face antérieure de l’épaule et qui descend vers le bras.

 

Cette douleur est déclenchée lors de la flexion contrariée (contre résistance) de l’avant-bras sur le bras. Elle peut également apparaître lors de l’étirement du muscle biceps, c’est pour cela que certains l’appellent « syndrome du portefeuille » (apparition de la douleur lorsqu’on met sa main sur la poche arrière du pantalon pour prendre son portefeuille, car cela provoque l’étirement du muscle biceps et de son tendon).

 

Les autres symptômes possibles de la tendinite du long biceps sont un gonflement, une rougeur et une faiblesse musculaire au niveau de l’épaule (signes inflammatoires) avec réduction de sa mobilité.

 

La tendinite du long biceps peut survenir à tout âge. Ses causes sont diverses :

 

  1. Hyper-utilisation ou hyper-sollicitation : la sollicitation excessive du muscle biceps brachial est la cause la plus fréquente de la tendinite du long biceps. On la rencontre souvent chez les sportifs, les ouvriers (travail à la chaine avec gestes stéréotypés) …
  2. Port de charge lourde : la tendinite du long biceps se voit fréquemment dans le domaine de la musculation (culturisme, bodybuilding, weight lifting…), chez les déménageurs, les ouvriers du batiment…
  3. Traumatisme de l’épaule : par exemple, chute avec réception sur la face antérieure de l’épaule. C’est une cause assez rare de tendinite du long biceps.

 

Le traitement de la tendinite du long biceps est essentiellement basé sur la mise au repos du muscle concerné, la prise d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens, l’application de poches de glace au niveau de la zone douloureuse et des exercices ciblés visant à renforcer la région concernée. Il est recommandé de consulter un kinésithérapeute (physiothérapeute) ou un ostéopathe pour une meilleure prise en charge.

 

Il est fréquent qu’une tendinite réapparaisse quelques semaines/mois après sa guérison. Il convient donc de prévenir les récidives en changeant ses habitudes professionnelles ou sportives (éviter les mouvements répétitifs et le port de charges trop lourdes, s’accorder des pauses lors d’efforts prolongés…).

 

3- Fracture de l’humérus

 

Une fracture du bras se manifeste, bien évidemment, par une douleur ! Ce n’est pas toujours évident, car la douleur peut ne pas être ressentie sur le coup (parfois du fait de l’adrénaline secrétée en grande quantité lors d’un traumatisme violent).

 

Les signes en faveur d’une fracture de l’humérus sont :

 

  • Contexte évocateur (notion d’accident, de chute ou autre traumatisme, terrain de fragilité osseuse tel que l’ostéoporose…).
  • Sensation de craquement au niveau du bras lors du traumatisme.
  • Impotence fonctionnelle (difficulté ou impossibilité de mobiliser le bras) avec attitude de Desault (le membre sain soutient le membre blessé).
  • Douleur exquise au niveau du bras, pouvant être reproduite par la pression sur la zone lésée.
  • Déformation ou raccourcissement du bras.
  • Tuméfaction (œdème), rougeur (ecchymose ou hématome) au niveau du bras ou du moignon de l’épaule.

 

Le diagnostic de fracture de l’humérus repose sur les données cliniques complétées par une radiographie standard du bras (clichés de face et de profil). Cette dernière permettra de confirmer le diagnostic et de préciser les caractéristiques de la fracture, et ce, afin d’adapter la prise en charge.

 

Le traitement d’une fracture de l’humérus consiste à repositionner les fragments osseux puis à immobiliser le membre supérieur par un plâtre thoracobrachial (ou bien à l’aide d’une attelle dans une position « coude au corps).

 

Parfois, devant une fracture comminutive (complexe, avec plusieurs fragments) ou très instable (déplacement important…), la chirurgie reste le traitement de choix (ostéosynthèse, enclouage…).

 

4- Névralgie cervico-brachiale

 

La névralgie cervico-brachiale est une douleur – à type de décharge électrique, de brûlure ou de sensation étau –  d’origine neurologique qui prend naissance au niveau de la région cervicale pour se terminer au niveau d’un ou plusieurs doigts de la main en passant par le bras et l’avant-bras.

 

En plus de cette douleur ayant un trajet caractéristique, la névralgie cervico-brachiale s’accompagne de troubles de la sensibilité tels que des fourmillements au niveau des doigts ou une sensation de peau cartonnée lorsqu’un objet est touché.

 

Dans les cas plus avancés, une difficulté à réaliser certains gestes simples (écrire, boutonner sa chemise…) apparaît, ainsi que des crampes musculaires, une fonte des muscles, une rétraction des doigts et, au stade final, une paralysie.

 

La névralgie cervico-brachiale est due à la compression d’une ou plusieurs racines nerveuses à l’intérieur ou à leur sortie du canal rachidien.

 

Cette compression nerveuse peut être causée par :

 

  • Une hernie discale cervicale : déhiscence de la paroi postérieure d’un disque intervertébral cervical et expulsion d’un morceau de ce dernier qui vient comprimer un nerf rachidien. Ce conflit disco-radiculaire est à l’origine d’un pincement de la racine, ce qui se traduit cliniquement par une douleur tout le long du trajet de cette dernière.
  • Une arthrose cervicale ou cervicarthrose : la dégénérescence osseuse et ligamentaire due au vieillissement entraine une réduction des trous par lesquels sortent les nerfs rachidiens. Leur racine est donc écrasée lors du passage par ces trous étroits, ce qui irrite les nerfs et déclenche la névralgie cervico-brachiale.
  • Une tumeur ou une fracture osseuse : cause beaucoup plus rare de névralgie cervico-brachiale.

 

Le traitement de la névralgie cervico-brachiale dépend de plusieurs paramètres, notamment de la cause, du stade d’évolution et du bilan clinico-radiologique.

 

Voici quelques-unes des armes thérapeutiques dont nous disposons pour traiter cette affection :

 

  • Volet médical ou « traitement conservateur » : visent seulement à soulager les douleurs :
    • Repos / immobilisation par collier cervical.
    • Antalgiques (du paracétamol à la morphine).
    • Anti-inflammatoires stéroïdiens et non-stéroïdiens.
    • Infiltration cervicale de cortisone.
    • Kinésithérapie (massages, renforcement musculaire doux).

 

  • Volet chirurgical : en cas d’échec du traitement médical bien conduit. La chirurgie a pour but de décomprimer les racines nerveuses en retirant le fragment discal hernié et en mettant à sa place une prothèse ou bien en fusionnant les deux vertèbres adjacentes. D’autres techniques chirurgicales existent selon la cause exacte de la compression.

 

Pour tout savoir sur la névralgie cervico-brachiale, consultez l’article suivant.

 

5- Origine articulaire

 

Parfois, la douleur au bras gauche provient d’une atteinte des articulations de l’épaule ou du coude. Voici donc certaines pathologies articulaires pouvant causer une douleur au bras gauche (ou droit) :

 

  • Polyarthrite rhumatoïde (maladie auto-immune touchant surtout les petites articulations).
  • Arthrite septique (infection au niveau d’une articulation).
  • Maladie de Lyme (transmission par une piqure de tique).
  • Goutte (atteinte du coude possible, mais relativement rare).
  • Rhumatisme psoriasique.

 

6- Fibromyalgie

 

La fibromyalgie est une affection caractérisée par des douleurs diffuses à l’ensemble du corps évoluant dans un contexte d’asthénie profonde (grande fatigue) et de troubles du sommeil.

 

Son mécanisme précis reste méconnu à ce jour. Plusieurs hypothèses ont été émises, notamment des perturbations hormonales, une augmentation du seuil de perception douloureuse, des anomalies dans le fonctionnement du système nerveux, une implication de facteurs génétiques…

 

Les douleurs commencent généralement au niveau du cou et des épaules. Elles s’étendent par la suite au dos, au thorax, aux deux bras et aux jambes. Dans certains cas, un simple effleurement de la peau peut déclencher des douleurs dans l’ensemble du corps. On appelle ce phénomène « allodynie ».

 

 

Que faire devant une douleur au bras gauche ?

 

L’attitude à avoir devant une douleur au bras gauche dépend bien sûr des causes. Le plus important est de savoir reconnaître l’urgence absolue représentée par l’infarctus du myocarde. Au moindre doute, se rendre dans les plus brefs délais chez un médecin afin de bénéficier d’un électrocardiogramme et d’une prise en charge adéquate.

 

En cas de traumatisme (chute, faux mouvement…), une douleur modérée au bras peut être soulagée par la mise au repos du bras, la prise d’antalgiques simples (paracétamol), des anti-inflammatoires non-stéroïdiens (comprimés, gélules ou pommade) et l’application de froid sur la région douloureuse. Un kinésithérapeute (physiothérapeute) ou un ostéopathe peuvent grandement aider à soulager les symptômes.

 

Si ces mesures ne suffisent pas à calmer les douleurs, et que celles-ci persistent trop longtemps (plusieurs jours) ou augmentent d’intensité, il est préférable de consulter votre médecin. Ce dernier recherchera la cause exacte de la douleur et la traitera de manière spécifique.

 

 

Références

 

[1]  L. Bontoux, B. Fouquet, J. Laulan, G. Raimbeau, Y. Roquelaure, et I. Vannier, « Table ronde sur la place de la chirurgie dans les douleurs chroniques du membre supérieur », Chir. Main, vol. 28, no 4, p. 207‑218, 2009.

[2]  G. Lamraski, D. Toussaint, et J. Bremen, « Traitement chirurgical des fractures de l’extrémite inférieure du fémur par ostéosynthèse extra-médullaire », Acta Orthop. Belg., vol. 67, no 1, p. 32‑41, 2001.

[3]  F. C. E. M. AP℡ et F. Cail, « Troubles musculosquelettiques du membre supérieur », INRS ED, vol. 957, 2007.

[4]  X. Banse et F. Lecouvet, « Hernie discale cervicale », Ecole d’orthopédie de l’UCL, 2015.

[5]  J.-M. Vital, B. Lavignolle, V. Pointillart, O. Gille, et M. De Sèze, « Cervicalgie commune et névralgies cervicobrachiales », EMC-Rhumatol.-Orthop., vol. 1, no 3, p. 196‑217, 2004.