Douleurs au bas du dos chez les athlètes, qu’en disent les sciences ?

""L'incidence de mal de dos (nombre de nouveaux cas sur une période donnée) chez les athlètes se comprend entre 1 et 30% selon les sports.""

Article rédigé par Nathan Touati - NeuroXtrain   Les douleurs au bas du dos chez les athlètes sont associées à une réduction des perform..

"L'incidence de mal de dos (nombre de nouveaux cas sur une période donnée) chez les athlètes se comprend entre 1 et 30% selon les sports."
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Article rédigé par Nathan Touati – NeuroXtrain

 

Les douleurs au bas du dos chez les athlètes sont associées à une réduction des performances. Malheureusement, il s’agit d’un problème extrêmement présent dans le sport notamment dû à l’augmentation de la demande d’effort et de l’intensité. Que ce soit économiquement ou pour le temps passé hors des terrains, c’est un véritable fardeau pour l’athlète et les structures autour. Nous allons voir, quelques généralités sur les douleurs lombaires, l’incidence et la prévalence, ainsi que quelques stratégies afin de prévenir et/ou traiter ce genre de problèmes chez les sportifs (cela peut tout à fait s’adapter à la population générale).

Incidence, prévalence et facteurs de risques

 

Les douleurs dans le bas du dos sont pour une grande partie, un symptôme et non un diagnostique. Plus ou moins 85-90% de la population subira malheureusement des problèmes au bas du dos au cours de leur vie. Chez les athlètes, c’est un peu différent. Outre les facteurs de risques non modifiables tels que le passé médical (ancienne blessure au dos, histoire de récidives) et la génétique, les problèmes du bas du dos sont très souvent spécifiques au sport. Ces problèmes sont multifactoriels incluant les contraintes reçues par l’athlète lors de l’activité physique (ex: charge de travail, la fréquence d’entrainement). Beaucoup de scientifiques se contredisent sur les différents facteurs de risques notamment sur ces précédents facteurs et sur l’IMC (Indice de Masse Corporelle). 

Les gymnastes ou skieurs par exemple, s’avèrent plus à risque de subir des problèmes de dos. L’incidence (nombre de nouveaux cas sur une période donnée) chez les athlètes se comprend entre 1 et 30% selon les sports.
 
Au niveau de la prévalence (nombre de cas à un moment donné) : le football, golf, tennis, weightlifting, possèdent une prévalence de 30-40%. Chez les gymnastes, cette dernière s’élève à 70%. Il est également important de noter que la prévalence des maux de dos est plus élevée chez les femmes que chez les hommes.
 
Les facteurs de risques présentant les évidences les plus solides sont une flexion ou extension lombaire réduite, et un passé médical en rapport avec les problèmes de dos. L’amplitude « normale » de flexion lombaire étant comprise entre 40 et 60°. L’amplitude « normale » de l’extension quant à elle se trouve entre 20 et 35°.
 
Morphologie du pied :  

Les arches du pied permettent d’amortir les chocs et d’agir comme tremplin de propulsion lors de la course et de sauts. Une arche médiale qui s’effondre peut entraîner une hyperpronation (plus communément appelée pieds-plats) du pied ce qui se poursuit par une rotation interne du tibia qui va générer un stress conséquent et des forces néfastes jusqu’au niveau lombaire. En effet, cela peut engendrer des instabilités articulaires et ligamentaires au niveau de l’articulation sacro-iliaque, et de la colonne vertébrale. 

Afin de corriger cet effondrement, un renforcement du gros orteil pourrait s’avérer utile d’un point de vue anatomique. En effet, une tonicité des muscles intrinsèques du pied notamment le muscle court fléchisseur du gros orteil permet d’assurer une stabilité de la cheville mais également une résistance à la pronation excessive du pied. Le muscle long fléchisseur du gros orteil quant à lui est extrinsèque c’est à dire que son origine n’est pas au niveau du pied, il s’y insère via son tendon. Il participe également à assurer la tonicité et la structure de l’arche médiale. Travailler les muscle intrinsèques et extrinsèques serait donc la combinaison optimale afin d’assurer la stabilité de la cheville et d’éviter une hyperpronation du pied.

Voici plusieurs exercices:

Élastique:

 

 

Griffé:

renforcement gros orteil élastique

 

Traitement:

 

Afin de tirer les plus grands bénéfices du traitement, ce dernier doit être réalisé dans un contexte spécifique au sport afin de reproduire les demandes placées sur l’athlète.

Au niveau de la kinésithérapie (ou physiothérapie), la stratégie la plus efficace est l’exercice. D’autres méthodes permettant d’affecter positivement la douleur sont la chaleur superficielle et les manipulations vertébrales (thérapie manuelle). Les anti-inflammatoires non stéroïdiens et les relaxants musculaires peuvent avoir des effets positifs notamment au début du traitement (ou lorsqu’un athlète se doit d’être présent pour un événement important). Cependant, ces derniers possèdent également des effets secondaires non négligeables qui se doivent d’être évalués.

Afin de prévenir de potentielles récidives ou prochaines blessures, le RTP (Return to play – Retour à la compétition) devrait être réalisé lorsque l’athlète a retrouvé toute son amplitude (par rapport à celle de base) et au moins 80% de sa force.

Nouvelle approche du massage:

 

Au lieu d’un massage traditionnel, un massage utilisant une phase préparatoire s’est avérée plus efficace au niveau du soulagement de la douleur. Le corps étant une surface réceptive, le toucher par le massage et la concentration sur les sensations indolores peuvent aider à corriger les informations incohérentes responsables de la douleur entre la région algique et le système nerveux central. D’autres recherches ont confirmé que l’augmentation des stimuli tactiles et somatosensoriels pendant la rééducation pour les douleurs chroniques du bas du dos réduit la douleur.

 

Cette phase préparatoire demande une coopération du patient et consiste en:

Le patient doit essayer de ressentir le contact agréable de la main du thérapeute (chaleur) tandis que ce dernier applique une légère pression avec la main dans une région indolore du dos. Il demandera ensuite au patient de lier cette sensation à la région douloureuse du dos. Une fois que c’est fait, le thérapeute touche à présent la partie douloureuse du dos. La séance se poursuit avec un massage traditionnel.

Thérapie par l’exercice pour la prévention ou le traitement pour les douleurs non spécifiques

 

Il existe beaucoup d’exercice afin de prévenir ou traiter les problèmes de dos et c’est ce que nous allons voir à présent :

Premièrement, voici un programme de stabilisation du tronc ayant fait ses preuves dans la réduction de la douleur chez les athlètes ayant des douleurs chroniques dans le bas du dos :

Exercice travaillant le multifidus : Afin d’optimiser la rééducation et l’action du multifidus, en comprenant sa nature (fibres lentes, muscle endurant) il faudra donc le travailler spécifiquement sous forme d’exercices de renforcement avec contractions isométriques répétées, et une flexion lombaire ≤12° (tronc très peu fléchi: ex. planche). Ce dernier possède différentes actions : extension, rotation et inclinaison du tronc en réponse à l’action des muscles abdominaux obliques, ce qui signifie que nous devrons chercher à travailler les muscles obliques tout en maintenant une flexion lombaire inférieure à 12°afin d’obtenir une activation adéquate du multifidus.

Muscles multifides
Muscles multifidus (crédit: Wikipédia)

 

  • -Planche frontale et de côté
  • -Oblique twist sur une plateforme instable

 

  • –  Exercice travaillant le plancher pelvien
  • –  Reverse wood chop (avec élastique, poulie, ballon … )

 

- Reverse wood chop (avec élastique, poulie, ballon ... )

 

  • –  Renforcement diaphragmatique
  • –  Équilibre à une jambe sur une plateforme instable
  • –  Windshield wippers

 

Windshield wippers

Crédits: workoutlabs.com

– Équilibre en position « talon-pointes » avec déstabilisation

Hye et al. propose une autre combinaison d’exercices visant à stabiliser la région lombaire de manière dynamique :

Crédits: https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3604220/

 

Chaque exercice se réalise à travers 10 répétitions. 3 secondes de pause entre les répétitions et 60s de repos entre chaque exercice. La position statique finale est à maintenir 10s. L’intensité peut s’augmenter progressivement, y compris en y ajoutant quelques variantes (poids, etc.)

 

Chez le jeune athlète :

 

Chez les jeunes athlètes, les douleurs lombaires sont également présentes : la prévalence est entre 5 et 66% en fonction de la période mesurée:

  • –  Au moment de l’étude, la prévalence s’élevait à 8%.
  • –  Sur un an, elle montait jusqu’à 57%.Les problèmes de dos sont donc bel et bien présents chez les jeunes athlètes de haut niveau, il faudra donc opter pour un renforcement de la ceinture lombaire comme chez les adultes. Un programme intéressant afin de réduire les blessures est le FIFA 11+ for kids. En effet, il a permis de réduire l’incidence des blessures dans leur globalité de 39%.Voici le programme en question :

 

 Programme Fifa 11 + Kids

 

 

Tout le contenu de cet article est présenté à titre informatif. Il ne remplace en aucun cas l’avis ou la visite d’un professionnel de santé.

 

Si vous désirez bénéficier d’une approche structurée, simplifiée et complète pour combattre vos maux de dos, une série de GUIDES EN LIGNE est mise à votre disposition. Peu importe votre condition, vous trouverez un guide qui répondra à vos besoins, et vous orientera vers le chemin de la guérison!

 

Sources:

 

Moradi, V., Memari, A. H., ShayestehFar, M., & Kordi, R. (2015). Low Back Pain in Athletes Is Associated with General and Sport Specific Risk Factors: A Comprehensive Review of Longitudinal Studies. Rehabilitation research and practice, 2015, 850184. https://doi.org/10.1155/2015/850184

Petering, R. C., & Webb, C. (2011). Treatment options for low back pain in athletes. Sports health, 3(6), 550–555. https://doi.org/10.1177/1941738111416446

Fett, D., Trompeter, K., & Platen, P. (2017). Back pain in elite sports: A cross- sectional study on 1114 athletes. PloS one, 12(6), e0180130. https://doi.org/10.1371/ journal.pone.0180130

Moon, H. J., Choi, K. H., Kim, D. H., Kim, H. J., Cho, Y. K., Lee, K. H., Kim, J. H., & Choi, Y. J. (2013). Effect of lumbar stabilization and dynamic lumbar strengthening exercises in patients with chronic low back pain. Annals of rehabilitation
medicine, 37(1), 110–117. https://doi.org/10.5535/arm.2013.37.1.110

Akhtar, M. W., Karimi, H., & Gilani, S. A. (2017). Effectiveness of core stabilization exercises and routine exercise therapy in management of pain in chronic non-specific low back pain: A randomized controlled clinical trial. Pakistan journal of medical sciences, 33(4), 1002–1006. https://doi.org/10.12669/pjms.334.12664

Ball, J.R., Harris, C.B., Lee, J. et al. Lumbar Spine Injuries in Sports: Review of the Literature and Current Treatment Recommendations. Sports Med – Open 5, 26 (2019). https://doi.org/10.1186/s40798-019-0199-7. Article sous Creative Common License 4.0 http://creativecommons.org/licenses/by/4.0/ Modifications apportés: Traduction.

Zangrando, F., Piccinini, G., Tagliolini, C., Marsilli, G., Iosa, M., Vulpiani, M. C., & Paolucci, T. (2017). The efficacy of a preparatory phase of a touch-based approach in treating chronic low back pain: a randomized controlled trial. Journal of pain research, 10, 941–949. https://doi.org/10.2147/JPR.S129313

Nermeen M. Abdelhalim* and Ahmed F. Samhan Physical Therapy and Health Rehabilitation Department, College of Applied Medical Sciences, Prince Sattam Bin

Abdulaziz University, Saudi Arabia Long Term Effects of Low-Frequency Magnetic Field Therapy in Treatment Patients with Low Back Pain. 2018.

Lien web: https://www.chiroeco.com/low-back-pain-feet/

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