Hématome épidural : Le guide complet

Hématome épidural : Le guide complet

 

Cet article traite de tout ce qu’il faut savoir sur l’hématome épidural : sa définition, ses causes, son diagnostic et sa prise en charge.

C’est quoi, un hématome épidural ?

 

L’hématome épidural est une accumulation de sang provoquant la formation d’un épanchement sanguin entre un os du crâne et la dure-mère du cerveau. Il est dû à un traumatisme crânien majeur chez l’homme, et ces traumatismes ont même des causes fréquentes de mortalités chez les jeunes adultes. Il est donc nécessaire de faire rapidement un examen clinique et radiologique pour pouvoir prendre en charge la personne.

 

Il s’agit souvent d’une urgence chirurgicale. S’il n’y a pas d’intervention immédiate, la seule évolution possible de ce traumatisme reste la mort du patient, car le cerveau va finir par être étouffé pas ce sang accumulé qui se libère de l’artère méningé moyenne en rupture. Il est important de souligner que l’hématome se constitue en quelques heures.

 

Classiquement il survient surtout chez les sujets jeunes. Son origine après un traumatisme crânien est liée à une lésion artérielle suite à une fracture de la voûte.

 

Il existe aussi un autre type d’hématome qu’on qualifie d’hématome sous-dural. Il s’agit d’une accumulation de sang dans l’espace épidural qui mène à comprimer la moelle épinière. Son diagnostic est fait par IRM ou bien sur la myélo-TDM, et on le traite par un drainage chirurgical.

 

hématomes épidural et sous-dural
Source

 

L’hématome épidural peut aussi résulter d’un traumatisme rachidien au cours d’un traitement anticoagulant ou thrombolytique, ou encore d’une ponction lombaire en cas de troubles de la crase sanguine. Il est habituellement thoracique ou lombaire, et il est causé souvent par un traumatisme.

 

Il faut d’abord comprendre l’anatomie du crane : Il y a huit os crâniens qui fusionnent et forment le crâne qui a la forme d’un ballon creux qui entoure le cerveau.

 

anatomie du crâne

 

Mais ce n’est pas tout; Il y a aussi ce qu’on appelle les méninges. Si le cerveau reposait directement sur le crâne, il sera touché à chaque fois qu’on se cognait la tête, mais il est heureusement protégé par les méninges. Il s’agit d’une membrane épaisse qui le tapisse de l’intérieur qu’on appelle la dure mère.

 

 

Causes

 

Pour que les hématomes épiduraux se forment, il faut avoir un coup sur la tête qui doit être assez important. Mais pour qu’un saignement arrive en dehors de la dure-mère, il peut exister certains facteurs favorisants.

 

trauma crânien causant un hématome épidural
Source

 

Par exemple, les personnes qui prennent des anticoagulants ou qui ont des troubles hémorragiques sont plus exposés à ce genre de problème. Les personnes âgées et les personnes qui consomment beaucoup d’alcool sont également plus à risque.

 

Après que la personne cogne fortement sa tête, un vaisseau sanguin de la dure-mère va se rompre, et le sang va se poser rapidement entre le crâne et la dure mère. Le crâne étant dur et résistant, il ne va pas bouger. La dure mère, bien qu’elle soit également résistante, va migrer vers le centre du crâne et comprimer ainsi le cerveau.

 

 

Symptômes

 

Toutes les lésions qui touchent le crâne présentent les mêmes symptômes et se manifestent de la même manière.

 

La personne atteinte de ce traumatisme présentera les signes suivants :

 

  • Somnolence fluctuante,
  • Atteinte de la mémoire
  • Paralysie du côté opposé du corps
  • Perte de conscience
  • Étourdissements
  • Maux de tête
  • Nausées et vomissements
  • Confusion

 

Donc il n’est pas possible de distinguer ou de dire qu’il s’agit de tel ou de tel type traumatique crânien.

 

Mais il existe tout de même des symptômes spécifiques de la maladie qui signalent qu’il s’agit bien d’un traumatisme. Parmi les plus importants, on peut citer :

 

  • Pupilles inégales.
  • Pression sanguine très élevée
  • Pouls lent et très fort
  • L’incapacité de se réveiller.

 

La personne qui a un hématome épidural doit être prise en charge et lui faire les premiers secours immédiatement. Ceux-ci consistent à prendre en charge toute blessure, être attentif si la personne perd conscience ou pas. En cas de perte de conscience, elle doit être rapidement transportée à l’hôpital en ambulance. 

 

 

Diagnostic

 

Cliniquement parlant, on va faire un examen où le traumatisme crânien a eu lieu, s’il s’agit vraiment d’un hématome épidural, on va trouver une plaie, une ecchymose, un hématome souvent douloureux à la palpation. Un épistaxis (saignement du nez) peut également être observé.

 

L’examen clinique va examiner la sensibilité et la motricité du patient après le traumatisme, ainsi que les réflexes. On réalise également une auscultation des artères carotidiennes et les réflexes des pupilles.

 

Vingt-quatre heures après le traumatisme, il peut avoir une altération de l’état. En effet, le malade peut perdre connaissance et entrer dans le coma, où on observera notamment un déficit moteur et une mydriase.

 

Outre l’examen clinique, il faut noter que le diagnostic de cette maladie repose surtout sur l’IRM. Le scanner est également un examen diagnostique de choix des hématomes aigus intracrâniens. Il met en évidence une hyperdensité spontanée signant l’existence de sang, la localisation de l’hématome épidural, ainsi que l’existence ou non d’une fracture.

 

Le diagnostic différentiel 

 

L’hématome épidural peut être confondu avec :

 

  • Hématome sous-dural
  • Hémorragie intracrânienne
  • Hémorragie méningée : l’hémorragie méningée se différencie de l’hématome extradural essentiellement par l’absence de traumatisme crânien et, par la clinique qui se caractérise plutôt par une céphalée brutale accompagnée d’un syndrome méningé.
  • Thrombose carotidienne
  • Choc hypovolémique par lésions associées
  • Coma métabolique

 

 

Traitement

 

Pour les petits hématomes, le plus souvent, aucun traitement n’est nécessaire.

 

Pour traiter l’hématome épidural, on fait un drainage chirurgical immédiat juste après avoir transporté le patient à l’hôpital. Le médecin n’opte pas pour la chirurgie, sauf pour les cas extrêmes où l’intervention chirurgicale est cruciale.

 

La conduite à tenir 

 

Une intervention chirurgicale est nécessaire pour traiter les hématomes épiduraux pour enlever le sang de l’espace entre le crâne et la dure mère en le drainant, et relâcher le cerveau de sa pression.

 

Comment ça se fait ?

 

Les chirurgiens vont enlever une partie du crâne et drainer l’hématome, puis on laisse le drain pendant une journée pour laisser le sang supplémentaire s’écouler.

 

Il est également nécessaire d’administrer au patient des médicaments : 2.5 à 10 mg de phytonadione (qu’on appelle aussi la vitamine K1) en sous cutané doit être administrée aux patients qui prennent des anticoagulants coumariniques. Les patients atteints de thrombopénie, eux,  reçoivent des plaquettes.

 

Prévention des convulsions

 

Il faut garder en tête qu’il y a 40 % de mortalité globale, 30 % si les traumatisés crâniens sont opérés dans les quatre heures après le traumatisme, et 90 % si l’intervention survient après ce délai.

 

Si le patient survit après un hématome épidural, elle pourrait malheureusement garder des séquelles irréversibles. Par exemple, la personne atteinte peut devenir soit totalement ou bien partiellement paralysée, ou encore perdre la vue.

 

 

Conclusion

 

La symptomatologie clinique de l’hématome intracrânien post-traumatique n’est pas univoque et associe des signes cliniques variés.

 

Le diagnostic lésionnel est tomodensitométrique : le scanner fournit les éléments en vue de la prise en charge thérapeutique, médicale et chirurgicale.

 

Le pronostic des lésions graves est corrélé au délai de cette prise en charge. Il est donc essentiel d’emmener immédiatement toute personne ayant reçu un coup significatif à la tête, car les premières 24 heures peuvent être sans symptômes alors qu’il s’agit de la période la plus décisive pour un meilleur pronostic.