Hématome sous-dural : Symptômes, traitement, séquelles

Hématome sous-dural : Symptômes, traitement, séquelles

 

L’hématome sous-dural est le plus fréquent des hémorragies intracrâniennes survenant après un traumatisme. Il est donc  important d’en parler car il peut parfois passer inaperçu, survenant à distance du traumatisme.

 

Cet article apporte les informations nécessaires pour tout savoir sur l’hématome sous-dural aigu et chronique, les différentes causes chez l’adulte et les enfants, les symptômes, le moyen pour faire le diagnostic, le traitement ainsi que les séquelles possibles et le pronostic.

 

Définition et Anatomie

Causes

Symptômes

Diagnostic

Traitement

Séquelles et pronostic

Conclusion

 

Bonne lecture !

 

Définition et anatomie

 

Définition

 

L’hématome sous-dural (HSD) est un épanchement de sang qui se retrouve dans l’espace situé entre la méninge externe (dure mère) et la méninge intermédiaire (l’arachnoïde) du cerveau. Il survient généralement suite à un traumatisme crânien. On distingue l’hématome sous-dural aigu (HSDA) et l’hématome sous-dural chronique (HSDC).

 

L’hématome sous-dural aigu se manifeste cliniquement par des signes caractéristiques juste après le traumatisme crânien. L’hématome sous-dural chronique, quant à lui, s’exprime par des symptômes qui apparaissent lentement. Dans ce cas, la collection de sang entre les deux méninges se constitue sur plusieurs semaines voire plusieurs mois. Cela est souvent dû à un traumatisme minime, dont on ne s’est pas rendu compte.

 

Anatomie

 

Le système nerveux central (cerveau et moelle épinière) est entouré par trois membranes appelées méninges, réalisant un fourreau cylindrique épais. La dure-mère est la méninge la plus externe, ensuite vient l’arachnoïde, la méninge intermédiaire puis la pie-mère (la méninge interne).

 

Source

 

L’espace compris entre la dure mère et l’arachnoïde est appelé espace sous dural et est celui concerné par l’hématome sous-dural comme l’indique son nom. Par ailleurs, l’espace en dehors de la méninge externe (dure-mère) est appelé espace extra dural et l’espace entre la pie-mère et l’arachnoïde est appelé espace sous arachnoïdien. Dans ce dernier espace, circule le liquide cérébro spinal (LCS) ou liquide céphalo rachidien (LCR).

 

Les méninges jouent essentiellement un rôle de protection pour le cerveau lors des traumatismes crâniens par exemple. Elles laissent passer des veines et artères allant au cerveau et qui participent à sa nutrition.

 

Dans la grande majorité des cas, l’hématome sous-dural aigu (HSDA) survient après la rupture d’une de ces veines traversant l’espace sous dural (veine temporale antérieure ou postérieure, veine émissaire, veine du sinus longitudinal supérieur) ou d’une artère. Il peut aussi s’agir du saignement d’un foyer de contrition du cerveau lors du traumatisme cranio-encéphalique. Dans ce cas de figure, l’hématome sous-dural s’associe à une destruction tissulaire, à un foyer ischémique (arrêt ou insuffisance de la circulation sanguine) ou à des caillots sanguins.

 

 

Causes

 

La principale cause d’un hématome sous-dural est un traumatisme crânien survenant dans plusieurs circonstances. Le contexte le plus fréquent est l’accident de la voie publique. Un traumatisme crânien peut survenir aussi  lors d’une chute sur sa propre hauteur (chez les personnes âgées par exemple dans la douche).

 

accident de voiture

 

On note une prédominance d’hématome sous-dural surtout chronique chez des sujets qui présentent certains facteurs de risque, à savoir : les personnes alcooliques, les personnes plus âgées et les personnes prenant des médicaments qui fluidifient le sang (anticoagulants ou antiplaquettaires).

 

Une autre cause fréquente d’hématome sous-dural chez les enfants de moins de six mois est le syndrome du bébé secoué. Comme l’indique son nom, ce syndrome survient lorsqu’on secoue un bébé en le tenant par le tronc, les épaules ou les membres. La tête du bébé est alors projetée violemment dans tous les sens pouvant entraîner un saignement à l’intérieur du crâne dont l’hématome sous-dural.

 

 

Symptômes de l’hématome sous-dural

 

Les symptômes d’une hémorragie sous-durale commencent lentement mais peuvent apparaitre en quelques minutes. Ces symptômes sont ceux de l’hypertension intra-crânienne (HIC ou HTIC) essentiellement. En effet, l’épanchement de sang dans l’espace sous dural exerce une pression sur le cerveau et la boîte crânienne puisque cette dernière est inextensible. Il peut y avoir un risque de lésion du cerveau si l’hémorragie est importante.

 

Selon le degré de gravité, le patient présentant un hématome sous-dural peut ressentir des céphalées (maux de tête), des vertiges, des nausées ou des vomissements ou une anorexie (manque d’appétit). Le patient peut aussi ressentir une confusion spatio temporelle (il ne reconnait plus la date du jour ni le lieu où il se trouve), une amnésie (ne se souvient plus de son nom) ou une léthargie (état anormal de sommeil profond ou d’extrême affaiblissement). Il peut même avoir des crises convulsives (contractions violentes et involontaires de tous les muscles du corps).

 

symptômes de névralgie d'Arnold

 

Le patient peut également présenter d’autres signes en rapport avec la souffrance du cerveau, comme une paralysie de la moitié du corps. Cette paralysie se manifeste du côté opposé à la lésion cérébrale. D’autres signes de souffrance cérébrale sont :

 

  • Troubles du comportement,
  • Troubles de la parole,
  • Difficulté à la marche (ataxie),
  • Respiration irrégulière.
  • L’audition et la vue peuvent être atteintes à types de diplopie (voir les objets doublement) et strabisme (déviation de l’axe d’un œil).

 

Chez le nourrisson victime du syndrome du bébé secoué, les signes d’hypertension intra-crânienne sont aussi présents comme chez l’adulte. Il s’agit chez le bébé d’une augmentation du périmètre crânien et une fontanelle tendue. Les autres symptômes sont :

 

  • L’irritabilité (le bébé pleure),
  • Le refus de téter,
  • Les vomissements (le bébé ne prends plus de poids comme il en faut),
  • Troubles de la vigilance comme la somnolence, la léthargie, la perte de conscience,
  • Convulsions,
  • Difficultés à respirer,
  • Arrêt respiratoire.

 

 

Diagnostic

 

Avant de demander des bilans paracliniques, le médecin spécialiste fait un interrogatoire surtout en ce qui concerne l’hématome sous-dural chronique qui survient à distance du traumatisme. Le spécialiste va rechercher un contexte de traumatisme crânien récent avec notion d’une perte de conscience ou un trouble du comportement.

 

Le scanner est l’examen diagnostique de choix de l’hématome sous-dural. Cet examen se fait sans injection de produit de contraste. L’hématome sous-dural se présente sous la forme d’une lésion blanche (hyperdense) sur le cliché du scanner, accolée à l’os du crâne, de forme courbe (falciforme), aux contours mal définis. Cette collection de sang respecte la moitié du cerveau et donc ne s’étend pas à toute la circonférence du crâne. La membrane verticale séparant les deux hémisphères du cerveau appelée faux du cerveau empêche cette extension.

 

hematome sous dural

 

Dans tous les cas, le scanner apprécie l’importance, le volume et l’effet de masse de l’hématome sous-dural sur les autres structures de la boîte crânienne.

 

 

Traitement de l’hématome sous-dural

 

L’hématome sous-dural peut être minime entraînant peu ou pas de symptômes. Dans ce cas, l’abstention thérapeutique est observée car le sang se résorbe souvent spontanément chez les adultes. Cependant, une surveillance clinique et une surveillance scannographique strictes doivent être faites.

 

Pour les hématomes volumineux avec des symptômes cliniques apparents, le neurochirurgien effectuera un drainage du sang en réalisant une trépanation. Cette opération consiste à percer la boîte crânienne d’un trou circulaire pour accéder au cerveau.

 

chirurgie pour un hématome sous-dural

 

Dans certains cas, lorsque le sang est trop épais et ne peut pas être drainé par un petit trou, le neurochirurgien est amené à faire une ouverture plus large appelée craniotomie. Il pourra alors ligaturer des vaisseaux responsables de l’hémorragie et nettoyer les caillots de sang. Un drain est posé lors de l’intervention pendant plusieurs jours afin de remédier aux éventuelles récidives de l’hématome sous-dural.

 

 

Convalescence après l’opération

 

Après une intervention chirurgicale pour drainer un hématome sous-dural, il est fréquent que le patient souffre de maux de tête et de douleurs au site d’ouverture du crâne. Des médicaments anti douleurs seront donc prescrits pour les soulager.

 

craniotomie suite à un hématome sous-dural
Source

 

Au cours de sa convalescence post opératoire, le patient pourra reprendre progressivement les activités de la vie quotidienne (se lever, manger seul, parler, etc.) Cette phase peut durer plusieurs semaines voire des mois et peut être marquée par des troubles de l’humeur ou de la mémoire.

 

Une phase de rééducation par des spécialistes (kinésithérapeute, orthophoniste, ergonomiste) sera donc nécessaire pour l’aider dans ce processus.

 

 

Séquelles et pronostic

 

Généralement,  un hématome sous-dural chronique, pris en charge convenablement, entraîne une amélioration de l’état des patients. Par contre en ce qui concerne un hématome sous-dural aigu étendu, le pourcentage de survie est de 50 %. Dans tous les cas une surveillance des patients est primordiale à cause des risques de récidives allant jusqu’à 20%.

 

 

Conclusion

 

L’hématome sous-dural qu’il soit aigu ou chronique, est un épanchement de sang dans l’espace entre la dure mère et l’arachnoïde.

 

Chez les adultes, la principale cause d’un hématome sous-dural est le traumatisme crânien par accident de la route ou lors d’une chute. Le syndrome du bébé secoué en est la cause chez les nourrissons. Les facteurs de risque sont l’alcool, l’âge et les médicaments anticoagulants.

 

Les symptômes sont communément ceux de l’hypertension intra-crânienne et le scanner est l’examen paraclinique permettant de faire le diagnostic.

 

Les traitements possibles sont l’abstention thérapeutique, le drainage chirurgical, la rééducation fonctionnelle et plus important la surveillance.

 

 


 

Vous n'avez toujours pas trouvé de réponses à vos questions ?

 

Et si je vous proposais 36 façons naturelles de soulager un mal de dos rapidement ? (Oui oui, 36 !!!)

 

soulager un mal de dos rapidement

 

Consultez l'article suivant : Comment soulager un mal de dos rapidement : 36 conseils