Incontinence durant la grossesse : Que faire pour prévenir ?

Incontinence durant la grossesse : Que faire pour prévenir ?

Article revu et approuvé par Dr. Ibtissama Boukas, médecin spécialisée en médecine de famille

La grossesse est une période particulière pour la femme. Cela implique des changements drastiques tant au niveau corporel qu’au niveau psychique. Parmi ces changements, on retrouve les envies fréquentes d’uriner ou les fuites urinaires occasionnelles. Rire, toux, éternuement, effort, soulèvement d’objet… tous provoquent cette perte urinaire incontrôlable. Retrouvez les détails sur l’incontinence durant la grossesse dans cet article.

Incontinence de grossesse : définition

 

L’incontinence pendant la grossesse correspond à une perte involontaire d’urine dans certaines situations, et relié à la période de grossesse. C’est un phénomène courant auquel de nombreuses femmes sont confrontées. Si pour certaines, il peut être léger et peu fréquent, pour d’autres, il peut être plus grave.

 

Lorsque vous êtes enceinte, votre corps subit d’incroyables changements. À mesure que votre bébé grandit, la pression sur votre vessie augmente. La quantité d’urine que votre vessie peut contenir diminue, ce qui signifie que vous devez uriner plus fréquemment. Tout cela affaiblit les muscles du plancher pelvien et augmente le risque de fuite.

 

La bonne nouvelle est que votre incontinence de grossesse est susceptible d’être temporaire, et est entièrement traitable. En plus des options de traitement suggérées ici, il existe également une gamme de produits spécialement conçus pour vous aider tout au long de votre grossesse. Cela va vous permettre de vivre pleinement cette période particulière et unique.

 

Chez la femme enceinte, il existe deux principaux types d’incontinence : l’incontinence urinaire et l’incontinence anale.

 

L’incontinence urinaire de la femme enceinte

 

L’incontinence urinaire est la forme la plus courante d’incontinence pendant la grossesse. Elle comprend les fuites d’urine involontaires qui résultent d’un plancher pelvien affaibli. On peut distinguer 2 types :

 

L’incontinence d’effort 

 

Le plancher pelvien est constitué de muscles, de ligaments et de tissus. Il sert à soutenir la vessie, l’utérus et le rectum. Aussi, il contrôle l’ouverture de l’urètre, du vagin et de l’anus. En cas d’affaiblissement du plancher pelvien, la vessie cède au plus vite sous l’influence d’une pression accrue ou d’un stress. C’est ce qui entraîne une échappée d’urine involontaire.

 

L’incontinence par impériosité

 

Pendant la grossesse, le poids de l’utérus peut exercer une pression sur les nerfs menant à la vessie. Cela provoque des contractions et déclenche une envie brusque et pressante d’uriner. Elle peut aussi être le résultat de lésions nerveuses ou tissulaires de la vessie.

 

L’incontinence anale chez la femme enceinte

 

Certaines femmes enceintes subissent également une incontinence anale. Elle se manifeste par des pertes involontaires de gaz intestinaux ou de selles. Ce trouble apparaît généralement vers la fin de la grossesse.

 

 

Les causes de l’incontinence durant la grossesse ?

 

Le sphincter de la vessie est la valve musculaire qui se trouve au fond de la vessie. Il contrôle le flux d’urine. Lorsque vous êtes enceinte, la pression de votre utérus en expansion peut submerger votre vessie, le sphincter de la vessie et votre plancher pelvien. Par conséquent, l’urine s’écoule de manière involontaire lorsque la pression atteint un certain seuil. Cela se passe notamment lors de petits efforts comme une toux ou un éternuement.

 

Par ailleurs, il existe aussi un certain nombre de facteurs de risque et d’affections médicales sous-jacentes qui peuvent rendre les symptômes plus fréquents ou plus intenses.

 

Ces derniers comprennent notamment :

 

  • un âge maternel plus élevé ;
  • le surpoids ;
  • un accouchement vaginal antérieur qui a affaibli le plancher pelvien ou endommagé les nerfs autour de la vessie ;
  • une chirurgie pelvienne antérieure telle qu’une césarienne, qui a endommagé les nerfs et les tissus autour de la vessie ;
  • une infection de la vessie ou une infection des voies urinaires ;
  • le tabagisme qui conduit à une toux chronique ;
  • le diabète gestationnel qui peut affecter les fonctions nerveuses.

 

 

Quels traitements pour l’incontinence de grossesse ?

 

Il existe plusieurs techniques efficaces pour traiter l’incontinence pendant et après la grossesse.

 

Comme traitement initial, il y a les techniques comportementales telles que la miction chronométrée et la rééducation de la vessie. Vous pouvez les réaliser facilement à la maison. De plus, ils sont sans effets secondaires graves.

 

La miction programmée

 

Elle consiste à tenir un journal pour noter les moments où vous urinez et les fuites d’urine. Vous devriez bientôt remarquer un motif de fuite et être en mesure de l’éviter en allant aux toilettes ou avant ces heures.

 

La rééducation de la vessie

 

Dans l’entraînement de la vessie, vous augmentez progressivement les intervalles auxquels vous allez aux toilettes en attendant un peu plus longtemps à chaque fois que vous y allez. Commencez par prévoir d’aller aux toilettes une fois par heure. Après un certain temps, changez l’horaire toutes les 90 minutes, puis à deux heures. Continuez à augmenter le temps jusqu’à ce que vous ayez environ trois ou quatre heures entre les visites.

 

D’autres méthodes incluent :

 

  • le report d’une visite aux toilettes pendant 15 minutes avec la première envie : vous faites cela pendant deux semaines, puis augmentez le temps à 30 minutes et ainsi de suite ;
  • l’utilisation d’un pessaire (un appareil pour bloquer l’urètre ou pour renforcer les muscles pelviens) ;
  • les médicaments pour contrôler les spasmes musculaires de la vessie ou renforcer les muscles de l’urètre, ou encore pour détendre une vessie hyperactive.

 

 

Prévention de l’incontinence pendant la grossesse ?

 

Bien que l’incontinence soit courante chez les femmes enceintes, ce n’est pas une raison pour que vous soyez mal à l’aise. Utilisez ces techniques de gestion pour vous aider à minimiser la gravité de vos symptômes et favoriser le rétablissement post-partum (après la grossesse).

 

Exercices du plancher pelvien

 

Les exercices du plancher pelvien, également appelés exercices de Kegel, renforcent les muscles du plancher pelvien afin qu’ils puissent mieux retenir l’urine et prévenir les fuites urinaires pendant la grossesse. L’avantage des exercices de Kegel est qu’ils sont discrets et que vous pouvez facilement renforcer les muscles de votre plancher pelvien tout au long de la journée.

 

Rester à l’horaire

 

L’adoption d’un horaire peut éliminer une certaine urgence de votre miction et apporter une certaine prévisibilité lorsque vous allez aux toilettes. Le maintien d’une vessie vide peut minimiser les fuites d’urine tout au long de la journée et améliorer le contrôle de votre vessie.

 

Surveillance du poids

 

Prendre du poids pendant la grossesse est sain et inévitable. Cependant, maitriser la prise de poids peut contribuer grandement à soulager les symptômes.

 

N’oubliez pas non plus que toute action de « poussée » peut stresser ou étirer davantage votre plancher pelvien. Ainsi, il est utile de pratiquer des exercices de renforcement pendant la grossesse et d’adopter des gestes spécifiques.

 

  • Pressez, soulevez et maintenez vos muscles du plancher pelvien avant d’éternuer, de tousser, de vous moucher ou de soulever un objet.
  • Croisez vos jambes et serrez bien ensemble avant de tousser ou d’éternuer.
  • Ne pas soulever de charges lourdes.
  • Évitez les exercices qui fatiguent votre région pelvienne.
  • Perdez quelques kilos en trop pour réduire la pression supplémentaire sur votre vessie.
  • Adoptez une alimentation respectueuse de la vessie (tout en demeurant hydratée).

 

Les problèmes d’incontinence peuvent persister après la naissance de votre bébé, car l’accouchement peut affaiblir les muscles du plancher pelvien, entraînant une vessie hyperactive.

 

Lors de l’accouchement, vous pouvez trop étirer et blesser les nerfs, les ligaments et les muscles du plancher pelvien. Cela entraîne un phénomène de relâchement. Ainsi, vous aurez plus de risque de souffrir d’incontinence d’effort.

 

Les femmes qui optent pour un accouchement vaginal sont plus susceptibles d’avoir ce problème. Une surveillance post-partum (après la grossesse) est de ce fait indispensable.

 

Si votre vessie sensible ne s’améliore pas après six mois, parlez-en à votre médecin. Il ou elle peut vous aider à essayer de nouvelles idées de traitement ou à explorer d’autres causes possibles de l’incontinence.

 

 

Sources

 

https://www.sphere-sante.com/blog-incontinence/grossesse-3-astuces-pour-prevenir-lincontinence-urinaire.html

https://www.magicmaman.com/, tout-savoir-sur-les-fuites-urinaires-durant-la-grossesse, 3415049.asp

https://www.fmcgastro.org/textes-postus/no-postu_year/complications-anales-durant-la-grossesse-et-le-post-partum-1re-partie-incontinence-anale/# : ~ : text=Apr%C3%A8s%20un%20premier%20accouchement%2C%2013, loisirs%20ou%20des%20relations%20intimes.

https://toulouseosteopathe.com/incontinence-anale-grossesse/

http://www.alwaysdiscreet.fr/fr-fr/avis-et-conseils-pou-fuites-urinaires/grossesse-et-fuite-urinaire/tout-ce-que-vous-voulez-savoir-sur-l-incontinence-pendant-la-grossesse