Infiltration épidurale : efficace pour le mal de dos ?

Infiltration épidurale : efficace pour le mal de dos ?

Article revu et approuvé par Dr. Ibtissama Boukas, médecin spécialisée en médecine de famille

L’infiltration épidurale est une approche thérapeutique couramment utilisée dans le traitement d’une douleur lombaire chronique. Il s’agit d’une injection d’anti-inflammatoire au niveau de la colonne vertébrale. Ce geste peu douloureux permet de soulager directement la douleur du dos provenant d’une ou de plusieurs racines nerveuses à l’intérieur de la colonne vertébrale. Dans cet article, nous allons voir plus de détails sur cette thérapie.

Définition

 

L’infiltration épidurale correspond à une injection locale d’un médicament anti-inflammatoire dans l’espace épidural. Il s’agit de l’espace graisseux qui entoure le sac contenant les racines nerveuses.

 

Cette infiltration vise à injecter une quantité minimale d’anti-inflammatoire afin de réduire l’inflammation de la racine nerveuse irritée par le disque intervertébral.

 

Le produit à injecter est un anti-inflammatoire puissant, le plus souvent un dérivé de cortisone. Elle peut être renouvelée 2 à 3 fois par an, en fonction de l’efficacité.

 

Pour connaître les autres types d’infiltrations reliées au mal de dos, consultez l’article suivant.

 

 

Indication et contre-indications de l’infiltration épidurale

 

Les médecins préconisent particulièrement l’infiltration épidurale en cas de douleur persistante au niveau des vertèbres lombaires. Cela se manifeste notamment dans les pathologies comme la lombalgie, la hernie discale et la sciatique.

 

On se lance dans cette procédure lorsque les autres traitements médicaux n’ont donné aucun effet positif.

 

La voie d’infiltration peut être différente en fonction de la maladie.

 

Voie interlamaire

 

L’infiltration épidurale par voie interlamaire est prescrite pour atténuer une douleur occasionnée par une compression d’un nerf :

 

  • par une structure molle comme un ligament hypertrophié et une hernie discale,
  • ou par une structure dure comme dans le cas de l’arthrose (cervicale, dorsale, lombaire) et le bec-de-perroquet.

 

Dans le cadre de traitement d’une hernie discale, une infiltration épidurale consiste à diminuer la douleur et à laisser le temps à l’organisme de digérer le fragment du disque.

 

Voie du hiatus sacro-coccygien

 

L’infiltration épidurale par voie du hiatus sacro-coccygien se pratique en cas de récidive douloureuse d’une cruralgie ou d’une sciatique. Elle convient surtout aux patients ayant un antécédent chirurgical du rachis lombaire.

 

C’est le radiologue qui doit faire le choix de la voie de l’infiltration. La décision se fait en fonction de vos antécédents chirurgicaux et de vos symptômes.

 

Par ailleurs, une contre-indication de l’infiltration épidurale se présente lorsque la lombalgie ne provoque pas un syndrome radiculaire (compression, inflammation ou infection d’une racine nerveuse). Il en est de même si le patient présente un des troubles suivants :

 

  • infection cutanée ;
  • infection de l’articulation ;
  • diabète non équilibré ;
  • anticoagulation ;
  • trouble de l’hémostase ;
  • syndrome de dysfonction plaquettaire ;
  • thrombocytopénie critique ;
  • instabilité hémodynamique ;
  • septicémie ;
  • allergie au produit de contraste iodé ;
  • allergie au corticoïde.

 

Si vous présentez une de ces contre-indications, vous devez signaler votre médecin.

 

 

Procédure de l’infiltration épidurale

 

Comme toute intervention, l’infiltration épidurale nécessite un grand nombre d’étapes et de gestes fondamentaux.

 

La consultation pour injection dans la colonne vertébrale

 

Avant le jour J, la consultation est essentielle pour valider l’indication du geste thérapeutique. Pour cela, le radiologue interventionnel va consulter votre dossier médical. Il est essentiel aussi de disposer un examen préalable (scanner ou IRM) afin de montrer le site du conflit et sa nature. Cet examen peut permettre également au médecin de choisir le type d’infiltration la plus adaptée à votre cas.

 

C’est également pendant de la consultation que le radiologue vous expliquera la procédure à suivre, les modalités techniques et les risques de complications possibles.

 

Les antiagrégants doivent être arrêtés au moins 5 jours avant l’infiltration. Bien sûr, cela doit être en accord avec votre médecin traitant si vous suivez ce traitement.

 

Le jour J

 

Le jour de l’intervention, il est important de venir accompagner, sans oublier votre dossier d’imagerie. Vous n’avez pas besoin d’être à jeun (sauf avis contraire).

 

Tout d’abord, on vous installera sur la table de radiographie ou de scanner. Vous êtes allongés à plat ventre. Vous devez suivre les recommandations données par le radiologue. Votre collaboration compte beaucoup pour la rapidité du geste et la diminution des risques de douleur.

 

Le repérage du site d’infiltration est guidé par l’imagerie. Après une désinfection cutanée, une anesthésie locale est pratiquée si besoin. On introduit ensuite l’aiguille par le biais d’une seringue contenant du sérum physiologique. Puis, on injecte le produit de contraste iodé et ensuite la solution contenant la cortisone.

 

  • Si l’infiltration est par voie interlaminaire, l’aiguille est dirigée par voie postérieure entre deux vertèbres vers l’espace épidural.
  • Si l’infiltration se fait par la voie du hiatus sacro-coccygien, l’aiguille est dirigée vers un petit orifice entre le sacrum et le coccyx. Cet orifice s’appelle hiatus sacro-coccygien. L’injection a donc lieu sur la partie basse de la colonne vertébrale puis poussée vers le rachis lombaire. Le radiologue introduit le produit à proximité de la zone douloureuse.

 

On retire l’aiguille et un pansement est mis en place. Le patient va ensuite entrer dans la salle d’attente pendant 20 minutes. Cette période d’attente va permettre de s’assurer que le patient ne présente pas de réaction allergique au produit injecté.

 

Tout le travail d’infiltration est généralement sous contrôle d’un scanner. Le but est d’assurer le bon emplacement de l’aiguille et d’éliminer une opacification vasculaire.

 

Après l’infiltration

 

À la suite de l’infiltration, un traitement antalgique peut être pris pour soulager la recrudescence de la douleur. Il est nécessaire de se reposer pendant 48 heures ou selon la prescription du radiologue.

 

L’effet de l’infiltration épidurale est observable après 3 jours à une semaine.

 

 

Risques et complications

 

Toute intervention sur le corps humain comporte généralement un risque minime de complication, même si elle est réalisée dans les meilleures. L’infiltration épidurale expose un très faible risque d’infection. L’opération suit les règles d’asepsie avant la procédure d’infiltration.

 

À part l’infection de la peau, voici quelques effets secondaires et risques de complications possibles à la suite d’une infiltration épidurale :

 

  • Une hémorragie: ce type de risque est minime si l’on arrive à éviter la prise d’anticoagulants et d’aspirine. Il en est de même si la crase sanguine est vérifiée avant le geste.
  • Des complications neurologiques: elles correspondent à une thrombophlébite cérébrale, un hématome épidural ou un infarctus de la moelle. Ces complications sont rares, mais graves.
  • Un malaise vagal: il se traduit par des sueurs abondantes avec une baisse de tension et ralentissement du rythme cardiaque. Certains patients perdent connaissance pendant une brève période. Il est souvent bénin et transitoire. Il peut se produire au cours ou au décours de l’infiltration. Pour le faire disparaître, il vous suffit de vous allonger les jambes surélevées.
  • Une réaction inflammatoire transitoire de l’articulation: elle se traduit par une inflammation de la synoviale (membrane recouvrant les cavités articulaires). Cette réaction disparaît en général dans les 24 ou 48 heures qui suivent.
  • Des réactions allergiques: elles peuvent être plus ou moins sévères. Afin de les éviter, vous devez prévenir l’équipe médicale pour qu’elle puisse prendre les précautions nécessaires.
  • Des flushs: il s’agit d’une rougeur au visage avec une sensation de chaleur et parfois accompagnée par des maux de tête. Ils disparaissent spontanément après quelques heures.
  • Un risque de paralysie des membres inférieurs: la paralysie peut être partielle ou complète. Elle se manifeste surtout chez les patients déjà opérés dans la colonne vertébrale avec des remaniements vasculaires.
  • Le syndrome post ponction lombaire: il se manifeste par des nausées et des céphalées. Il peut se produire en position assise ou debout et disparait lorsqu’on est couché. Le mieux c’est de s’allonger sans oreiller. Une bonne hydratation et une prise d’antalgique simple permettent de régler ce problème.

 

Si le syndrome persiste plusieurs jours, veuillez rappeler votre médecin. Il réalisera un « bloodpatch » pour obturer la brèche durale avec votre propre sang.

 

 

Sources

 

https://www.selimed63.fr/les-examens/radiologie-interventionnelle/osteoarticulaire/infiltration-lombaire-epidurale

https://www.hopital-foch.com/infos_medicales/infiltration-epidurale/