Méralgie paresthésique : C’est quoi, et que faire ?

Méralgie paresthésique : C’est quoi, et que faire ?

 

La méralgie paresthésique est un syndrome complexe retrouvé le plus souvent chez des adultes qui pratiquent des sports sollicitant particulièrement les muscles de la hanche et de la paroi abdominale (athlétisme, course à pied, football, musculation…).

 

Si vous souffrez de douleurs ou de sensation de brûlures ou de picotements à la face antérieure et externe de votre cuisse vous avez peut être une méralgie paresthésique.

 

Cet article vous informe sur tout ce que vous devez savoir sur la méralgie paresthésique, incluant les rappels anatomiques, les causes, les symptômes, les diagnostics positif et différentiel, les moyens de traitement et les mesures à adopter pour soulager les symptômes.

 

Définition de la méralgie paresthésique

Quelques rappels anatomiques

Causes de la  méralgie paresthésique

Symptômes

Diagnostic positif et diagnostic différentiel

Traitement : Comment soigner une méralgie paresthésique ?

 

Bonne lecture !

 

Définition de la méralgie paresthésique

 

La méralgie paresthésique encore appelée névralgie fémoro-cutanée est une maladie neurologique fréquente. La méralgie paresthésique survient lorsque le nerf cutané latéral de la cuisse est comprimé par le ligament inguinal (au niveau de l’aine) au cours de son passage sous l’arcade crurale. Cette affection constitue alors un syndrome canalaire de la hanche et de la cuisse.

 

nerf fémoro cutané latéral
Source

 

Un syndrome canalaire se définit comme une interaction pathologique entre une structure anatomique (ici il s’agit du ligament inguinal) et un tronc nerveux périphérique (le nerf cutané latéral de la cuisse). Lors de cette interaction, le nerf concerné peut être comprimé, étiré ou pincé.

 

Comme dans toute névralgie (atteinte d’un nerf), la méralgie paresthésique entraîne chez le patient, divers symptômes dans le territoire innervé par le nerf cutané latéral de la cuisse.

 

Quelques rappels anatomiques

 

Le nerf cutané latéral de la cuisse encore appelé nerf fémoro-cutané  est un nerf purement sensitif. Il prend naissance au niveau de la deuxième vertèbre lombaire (L2). Dans son trajet, ce nerf traverse plusieurs structures que sont successivement, le muscle grand psoas, le muscle carré des lombes et le muscle iliaque. Ensuite il entre dans un canal ostéo fibreux dans lequel il passe sous le ligament inguinal.

 

nerf fémoro-cutané latéral
Source

 

Au niveau de la cuisse, ce nerf se divise en une branche fessière (fesse) et une branche crurale (cuisse). Il croise ensuite le muscle Sartorius et le muscle tenseur du fascia Lata (TFL). La branche crurale innerve de manière sensitive la partie située en avant et en externe de la cuisse jusqu’au genou.

 

Les atteintes du nerf cutané latéral de la cuisse dans la méralgie paresthésique sont donc causées par un conflit avec le ligament inguinal. Les muscles Sartorius et TFL peuvent aussi être responsables de conflit mécanique. Quelles sont alors les circonstances dans lesquelles ce conflit peut survenir ?

 

Causes de la méralgie paresthésique

 

Les atteintes mécaniques du nerf cutané latéral de la cuisse sont occasionnées par une interaction pathologique avec une autre structure anatomique le long de son parcours. Elles peuvent être à type de compression, étirement, pincement, irritation du nerf. Cet endommagement du nerf peut être engendré par les causes ci après :

 

  • une grossesse
  • un surpoids ou une obésité
  • des malformations locales
  • des spasmes musculaires au niveau de la hanche
  • le port de vêtements serrés : jeans, ceinture, armure militaire
  • une anomalie métabolique comme par exemple le diabète (le sucre fragilise les nerfs et installe une neuropathie diabétique), l’ hypo ou l’hyperthyroïdie, l’alcoolisme
  • un neurinome ou schwannome (tumeur bénigne au niveau du nerf)
  • un hématome du psoas
  • un traumatisme survenant au cours de la pratique du sport
  • des microtraumatismes tels que des efforts répétés lors de la pratique sportive entraînant une irritation du nerf
  • une complication opératoire après une prothèse totale de hanche, après une chirurgie de l’abdomen, de la région lombaire ou inguinale…
  • une cicatrice post opératoire
  • une fracture du col du fémur
  • une anomalie statique ou dynamique : inégalité de longueur de jambe, scoliose, coxarthrose (arthrose de la hanche)
  • les complications de maladies infectieuses comme le typhus ou la maladie de Lyme (transmise par les tiques)…

 

méralgie paresthésique

 

En bref, les causes de la méralgie paresthésique sont diverses mais les facteurs favorisants les plus fréquents restent l’obésité, le diabète et le port de vêtements serrés.

 

Symptômes

 

Le symptôme principal de la méralgie paresthésique est une sensation douloureuse vive et intense à type d’élancement dans la région située à la face antérieure et latérale de la cuisse. Cette douleur peut être associée  à de nombreux autres symptômes généralement ressentis sur la face latérale de la cuisse.

 

homme qui ressent des douleurs de type crurale

 

Ce sont : des brûlures, des fourmillements, des picotements, et un engourdissement. Il peut même y avoir une diminution de la sensibilité sur le trajet du nerf ou une sensation de peau cartonnée.

 

Ces douleurs et diverses sensations se trouvent amplifiées lors de la position statique assise ou debout prolongée, lors de la marche, lors de l’adduction de la hanche (rapprochement de la hanche vers le corps) ou lors de son extension.

 

Ces symptômes sont indépendants des mouvements du membre atteint car le nerf cutané latéral est uniquement sensitif. Néanmoins, ils peuvent s’intensifier lors des frottements répétés avec les vêtements serrés par exemple.

 

Diagnostic positif et diagnostic différentiel

 

Le diagnostic de la méralgie paresthésique n’est pas compliqué et est fondé sur les éléments cliniques et la description des signes caractéristiques de cette pathologie par le patient. De plus, le médecin pourra demander des examens complémentaires nécessaires à la confirmation du diagnostic.

 

Il s’agit en premier lieu de l’électromyogramme (EMG). Il permet d’établir la différence entre une méralgie paresthésique  et une radiculopathie lombaire et une neuropathie diabétique fémorale.

 

Emg de la jambe pour diagnostiquer une méralgie paresthétique

 

Des radiographies du dos, de la hanche et du pelvis devront permettre au médecin spécialiste (neurologue ou chirurgien orthopédiste) d’exclure une pathologie osseuse dissimulée chez les patients présentant une méralgie paresthésique. Pour pouvoir écarter une hernie discale, une sténose rachidienne ou une lésion étendue, le médecin demandera une Imagerie par Résonance Magnétique (IRM).

 

En résumé, les bilans complémentaires sont demandés en fonction du tableau clinique du patient. Par exemple, en cas de suspicion d’une infection, le médecin demandera une numération formule sanguine, une vitesse de sédimentation et au besoin un taux d’acide urique et la recherche d’anticorps anti nucléaires.

 

Traitement: Comment soigner une méralgie paresthésique ?

 

Le traitement définitif de la méralgie paresthésique est celui de sa cause. Cependant, afin de soulager les symptômes, un traitement médical peut être prescrit.

 

En effet, les anti douleurs tels que les antalgiques (paracétamol, tramadol) et les anti-inflammatoires non stéroïdiens (ibuprofène, diclofénac, etc.) peuvent être prescrits. Quant aux douleurs rebelles aux anti douleurs habituels, elles peuvent être traitées à base d’anti épileptiques (clonazepam).

 

médicaments pour la méralgie paresthésique

 

Par ailleurs, certains spécialistes peuvent proposer un traitement par infiltration de cortisone ou d’anesthésiques locaux (lidocaïne, procaïne). De plus, un apport en vitamine B1 (Thiamine) permet d’améliorer le fonctionnement du nerf atteint et par extension, de réduire les symptômes.

 

Dans certains cas, une rééducation fonctionnelle adaptée effectuée par le kinésithérapeute ainsi que l’ostéopathie donnent de bons résultats en matière de soulagement de la douleur.

 

Dans des cas exceptionnels, les spécialistes peuvent effectuer une intervention chirurgicale qui consiste à libérer le nerf cutané latéral de la cuisse coincé, parfois à en couper une portion. Cette intervention chirurgicale est appelée neurolyse.

 

Avant toute médication ou traitement invasif de la méralgie paresthésique, il s’avère important d’adopter un mode de vie adéquat pouvant aider dans l’atténuation des douleurs. Les mesures à adopter sont les suivantes:

 

  • porter des vêtements moins serrés
  • évitez de mettre des ceintures
  • dormir avec un coussin entre les jambes pour diminuer les douleurs
  • porter des semelles en cas de différence de longueur de jambe (demander l’avis d’un spécialiste)
  • perdre du poids : se faire accompagner par les professionnels de santé (nutritionniste, diététicien, coach sportif …)
  • faire des exercices d’étirement et de renforcement des muscles du bassin et de la hanche

 

L’ostéopathie

 

L’ostéopathe intervient dans la prise en charge de la méralgie paresthésique en utilisant de nombreuses techniques qui permettent de réduire les tensions mécaniques au niveau du bassin en travaillant les structures articulaires comme le ligament inguinal ainsi que les muscles de l’aine (Muscle Sartorius et TFL). Ces techniques permettent alors de libérer toutes les compressions causées par ces structures le long du trajet du nerf cutané latéral de la cuisse.

 

ostéopathie pour la méralgie paresthésique

 

Dans le cas particulier de la grossesse, c’est la pression exercée par le bébé sur le bassin qui est à la base de la compression du nerf, entrainant une perturbation de la mobilité du bassin de la maman.

 

Le but de l’ostéopathe c’est de réduire les contraintes qui s’exercent sur le nerf et réajuster les forces qui s’exercent sur le bassin. Toutes les pratiques de l’ostéopathe sont douces et sans inconvénient pour le bébé.  Pour ce faire, il travaille principalement sur le diaphragme, les lombaires, le sacrum, le coccyx, le périnée et le système abdominal de la maman.

 

Conclusion

 

Nous pouvons alors retenir que la méralgie paresthésique est une pathologie fréquente chez les sportifs. Elle se manifeste par des douleurs ou une sensation de brûlures ou un picotement à la face antérieure et externe de la cuisse.

 

Elle apparaît lorsque le nerf cutané latéral de la cuisse est comprimé par une autre structure anatomique de la hanche (au niveau de l’aine).

 

Les principaux facteurs qui favorisent la survenue de la méralgie paresthésique sont l’obésité, le diabète et le port de vêtements serrés.

 

La prise en charge adéquate passe donc par l’éviction de ces facteurs en adoptant un bon mode de vie et faire appel à un spécialiste au besoin.

 

 

 


 

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