orthèse pour pied tombant

Orthèse pour pied tombant : avis des professionnels de santé

La déficience des muscles releveurs de pied est un symptôme fréquent d’une atteinte neurologique et neuromusculaire. Ce symptôme induit une instabilité posturale qui conduit à un pied tombant (ou ballant) et des chutes, limitant le degré d’indépendance des patients. L’orthèse de pied figure parmi les modalités de traitement du syndrome du pied tombant. Cette méthode thérapeutique est elle efficace ? Nous allons voir l’avis des professionnels de santé.

Définition

Le pied tombant est une pathologie relativement fréquente qui affecte la mobilité du pied. Il entraîne une gêne fonctionnelle importante et esthétique avec, à long terme, une apparition possible de complications orthopédiques et trophiques. Ces dernières se produisent surtout en cas d’insuffisance de récupération du déficit neurologique.

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Causes et présentation clinique

Certaines affections neurologiques (lésions nerveuses périphériques, atteintes vertébrales, troubles musculaires et/ou nerveux, maladie de Charcot-Marie-Tooth, troubles du système nerveux…) se caractérisent par un déficit musculaire du mouvement de flexion dorsale du pied et de la cheville. Il en résulte cliniquement un « pied tombant ».

pied tombant
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Quelle que soit la pathologie, c’est le déficit de l’activation des muscles de la loge antéro-externe de la jambe qui est responsable du « pied tombant ». Pour cause, ce sont les muscles releveurs de pied. Ils sont innervés par le nerf sciatique poplité externe.

Cette déficience peut être due à une atteinte du système nerveux central ou périphérique. L’atteinte isolée du nerf sciatique poplité externe est habituellement d’origine traumatique ou au moins mécanique. Les différentes causes possibles des lésions nerveuses sont une compression prolongée, des microtraumatismes répétés, un étirement, une ischémie majeure ou une rupture.

Au cours de la marche, le pied tombant altère la phase oscillante et l’angle de cheville (ne pouvant pas être maintenu à 90 °). Cela engendre un risque d’accrocher le sol avec les orteils et rend dangereuse la marche pieds nus.

Quels traitements pour un pied tombant ?

Différentes modalités thérapeutiques sont possibles. Parmi eux, on a l’appareillage grâce aux orthèses suro-pédieuses et aux chaussures orthopédiques. La rééducation fonctionnelle occupe aussi une place importante par l’intermédiaire de différentes techniques de kinésithérapie.

À LIRE :   Pied tombant : exercices pour améliorer sa fonction
orthèse pour pied tombant
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En ce qui concerne les orthèses, ce sont des dispositifs médicaux, qui appartiennent au petit appareillage orthopédique. Ce sont des structures d’assistance amovible, appliquée sous tout ou une partie du pied. Elles sont destinées principalement aux patients ayant un déficit des muscles releveurs de pied, d’origine centrale ou périphérique. Elles sont prescrites par un médecin spécialiste et sont choisies, en principe, avec un orthoprothésiste.

Les orthèses peuvent prendre différentes formes et ont pour but de permettre à son utilisateur de conserver autant que possible ses habiletés motrices.

Du point de vue des caractéristiques mécaniques, il est possible de classer ces différents dispositifs (orthèse de type releveur de pied) selon deux catégories : les releveurs amovibles adaptables sur les chaussures du commerce et les releveurs indépendants de la chaussure. Lors du port de l’orthèse, le dispositif doit être capable de résister à la marche sans se casser ou perdre sa fonction.

Quant aux traitements médico-chirurgicaux, ils sont plutôt réservés en présence de complications orthopédiques. C’est le cas, par exemple, des traitements antispastiques oraux et locaux utilisés dans la prise en charge du pied tombant lié à une pathologie neurologique centrale.

Quant aux traitements chirurgicaux, ils sont préconisés devant une spasticité rebelle. Ils consistent surtout à la réalisation de neurotomies sélectives.

L’orthèse pour pied tombant, efficace ?

Mécanisme d’action de l’orthèse

Les principales tâches motrices exercées lors du port de ce type d’appareillage sont la marche, la station debout pendant une longue période, la montée et descente d’escalier et le transfert assis debout.

Lors de la marche, les orthèses de type releveur de pied semblent se substituer correctement aux fonctions musculaires déficitaires. Ils accompagnent le mouvement de cheville au moment de l’attaque du pas et en participant à la phase de propulsion. Ainsi, le patient peut améliorer sa capacité locomotrice sans craindre d’effets négatifs dus à l’immobilisation partielle de l’articulation de la cheville.

mécanisme d'action de l'orthèse pour pied tombant
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La vitesse de marche confortable est significativement améliorée lors du port d’orthèse. D’ailleurs, il s’avère que le ressenti des patients concernant la fonction locomotrice avec orthèse est positif chez les patients avec une parésie d’origine périphérique des fléchisseurs dorsaux.

Quelles que soient les caractéristiques mécaniques des orthèses de type releveur de pied, toutes permettent :

  • une augmentation des amplitudes des forces de réaction au sol ;
  • une augmentation de la longueur du pas du pied non lésé ;
  • une meilleure stabilité médio-latérale durant la phase d’appui.
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En revanche, les différents réglages engendrent des effets particuliers qui doivent être adaptés aux besoins particuliers des patients.

Chez des patients ayant une paralysie des muscles fléchisseurs plantaires, le port d’orthèse de type releveur de pied modifie les valeurs des paramètres spatio-temporelles et cinétiques, en les rapprochant de celles observées chez des sujets sains.

Bénéfices de l’orthèse pour le pied tombant

Pour procurer leur efficacité thérapeutique, les orthèses plantaires agissent, entre autres, sur la stabilité posturale et la biomécanique du membre inférieur.

orthèse pour pied tombant
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Cependant, on constate une grande hétérogénéité dans les études scientifiques répertoriées. Les participants, le type d’orthèses plantaires et les méthodes de mesure varient grandement d’une étude à l’autre. Par contre, les orthèses plantaires améliorent la stabilité posturale dans la majorité des études.

La stimulation des récepteurs cutanés plantaires via différents types de semelles orthopédiques (orthèses) permet de modifier différentes variables biomécaniques comme la variabilité de déplacement du centre de pression, la cinématique du membre inférieur ainsi que les forces de réaction du sol à la marche.

En cas d’atteinte vertébrale (lésion nerveuse), les muscles sollicités pour la marche ne sont plus activés correctement par les voies nerveuses endommagées (faiblesse des muscles). Les orthèses sont capables de remplacer une grande partie de cette fonction musculaire perdue, voire de la rétablir.

Pour le cas des patients atteints de la maladie de Charcot-Marie-Tooth, la prescription d’un modèle d’orthèse adapté permet d’améliorer la performance physiologique des patients lors de la marche. Elle apporte également des bénéfices concernant la vitesse de marche et le ressenti du patient (améliore la sensation de confort lors de la marche).

La prescription d’une orthèse dépendra aussi du pronostic de la maladie. Si le pronostic est bon, on peut associer des exercices au port d’orthèse, tout en sachant qu’il ne faut surtout pas négliger le traitement de la cause sous-jacente de pied tombant. Dans le cas, où le pronostic est réservé, l’utilisation de l’orthèse est encore fortement recommandée, car ça permet d’améliorer la qualité de vie, et maintenir le niveau d’activité physique général. C’est aussi bon pour le moral.

Inconvénients

Prescrire au patient un appareillage qui offre une résistance excessive aux mouvements de flexion plantaire ou dorsale peut engendrer au niveau du genou des moments de force, qui peut déstabiliser la marche.

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La raideur du système (orthèse) ne doit pas être excessive, au risque de mettre en péril la stabilité du genou lors du contact initial par le talon, mais doit être suffisante pour relever le pied lors de la phase oscillante. Il s’agit donc de trouver le meilleur compromis entre la stabilité du genou en début d’appui et la hauteur d’orteils par rapport au sol en phase oscillante. Lors de la marche, une limite à la flexion dorsale peut engendrer un moment d’extension du genou en fin de phase d’appui, et ce d’autant plus si la butée se situe en position de flexion plantaire.

La valeur de la résistance aux différents mouvements doit être fonction des caractéristiques de la pathologie propre à chaque individu, soulignant l’intérêt d’un dispositif médical releveur de pied aux caractéristiques modulables. Elles doivent être modulables après leur fabrication pour s’adapter aux caractéristiques physiques évolutives de chaque patient.

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Références

https://www.edimark.fr/Front/frontpost/getfiles/10690.pdf

https://www.elsevier.com/fr-fr/connect/kine-osteo/ortheses-impact-sur-lequilibre-et-la-marche

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