Osteoporose ostéoporose

Ostéoporose: Définition et traitement (Éviter les fractures)

L’intérêt de parler de l’ostéoporose réside dans le fait qu’elle constitue un véritable problème de santé publique de nos jours chez les personnes du troisième âge. En effet, 39% des femmes sont atteintes d’ostéoporose dès l’âge de 65 ans. C’est une pathologie qui entraine des fractures au niveau de plusieurs os notamment la hanche, les vertèbres, le poignet, et le bassin.

 

Ces fractures vont donc impacter la qualité de vie de ces patients en raison des douleurs chroniques qu’elles peuvent engendrer.  Parfois elles peuvent aussi entrainer des complications fatales pour les personnes plus fragiles.

 

La suite de cet article donne plus de détails sur cette pathologie. Après avoir défini ce que c’est qu’une ostéoporose, ses causes et ses symptômes, il se penchera sur les divers traitements possibles puis la prévention.

Définition

 

L’ostéoporose est une maladie de l’os qui se caractérise par une diminution de la densité osseuse. Cette condition conduit à des modifications de la micro architecture  de l’os qui devient fragile. L’os résiste moins aux chocs. Des fractures surviennent facilement suite à de faibles traumatismes tels qu’une chute de sa propre hauteur, un faux pas lors de la marche, etc.

 

La  nuance entre l’ostéoporose et l’ostéopénie est que l’ostéoporose associe à la diminution de la masse osseuse les modifications structurales de l’os ainsi que les conséquences qui en découlent (par exemple une fracture), tandis que l’ostéopénie réfère juste à la déminéralisation du tissu osseux. L’ostéopénie est donc une phase intermédiaire entre l’os physiologique (normal) et l’ostéoporose.

 

Note : Pour en savoir plus sur l’ostéopénie, consultez l’article suivant.

 

Il ne faut pas aussi confondre ostéoporose et arthrose, deux maladies fréquentes après 50 ans, mais différentes entre elles. L’arthrose est une usure puis une destruction du cartilage des articulations, contrairement à l’ostéoporose qui entrainent des fractures osseuses suivent à une fragilisation de la masse osseuse.

 

telecharge ostéoporose
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Causes

 

Voici les causes les plus fréquentes de l’ostéoporose :

 

  • L’âge : le vieillissement est la première cause d’ostéoporose.
  • La perte osseuse est un processus normal au cours du vieillissement. Néanmoins, certains facteurs peuvent accélérer cette perte osseuse et entrainer l’apparition plus rapide d’une ostéoporose.
  • Le sexe : Les femmes sont plus touchées par l’ostéoporose que les hommes. Chez la femme, l’ostéoporose est généralement observée après la ménopause, à la suite d’une carence en œstrogène.
  • L’hérédité : Une théorie de prédisposition génétique de l’ostéoporose a été émise par les scientifiques à cause de l’existence de cas d’ostéoporose dans certaines familles.

 

L’utilisation d’un certain nombre de traitements favorisent également la perte de densité osseuse. Entre autres nous pouvons citer :

 

  • les traitements par corticoïdes à dose importante pendant une longue durée
  • les traitements ayant pour conséquences une baisse ou d’un arrêt de la sécrétion des hormones sexuelles (antigonadotropes, hormonothérapie dans les cancers, ablation chirurgicale des ovaires ou des testicules,etc).

 

Certaines maladies endocriniennes ainsi que des carences nutritionnelles sont des facteurs favorisants de l’ostéoporose

 

  • l’hyperparathyroïdie caractérisée par une augmentation de la sécrétion des glandes parathyroïdes donne une ostéoporose surtout si le traitement a été tardif. En effet, ces glandes sont situées au niveau du cou et interviennent dans la régulation du métabolisme du calcium et du phosphore.
  • De même, l’hyperthyroïdie entraine une diminution précoce de la masse osseuse.
  • Une carence en vitamine D par manque d’ensoleillement surtout chez les personnes âgées à mobilité réduite
  • une carence en calcium due à un apport insuffisant ou à un régime inapproprié (riche en sel, en protéines et/ou en café), favorise la fuite de calcium dans les urines entraînent une déminéralisation osseuse.

 

Sont en cause dans la survenue d’une ostéoporose, les habitudes et mode de vie ci après :

 

  • une minceur excessive (indice de masse corporelle inférieur à 19),
  • Manque de sport ou une inactivité prolongée
  • la consommation excessive de tabac et d’alcool

 

Nous avons vu plus haut que les fractures à répétition, conséquences de la déminéralisation osseuse, constituent l’un des problèmes majeurs chez les patients atteints d’ostéoporose. Ces fractures surviennent d’autant plus qu’il existe des facteurs de risque de chute et des maladies chroniques chez ces patients. Ainsi donc, les chutes à l’origine de nombreuses fractures chez les personnes atteintes d’ostéoporose sont favorisées par :

À LIRE :   Ostéoporose et alimentation : Quoi manger et éviter ?

 

  • la consommation régulière d’alcool
  • l’âge (plus de 80 ans)
  • la sédentarité
  • un habitat mal adapté aux personnes âgées
  • une baisse de l’acuité visuelle (glaucome, rétinopathie du diabète)
  • les maladies neuromusculaires (maladie de Parkinson, séquelles d’AVC)
  • les troubles orthopédiques (arthrose de hanche, arthrose du genou)
  • les maladies neuropsychiques (dépression, Alzheimer)
  • la prise de certains médicaments altérant la vigilance (somnifères, anxiolytiques…)

 

 

Symptômes

 

L’ostéoporose peut évoluer de manière silencieuse sans fracture. On parle d’ostéoporose non fracturaire. Dans ce cas, elle est non douloureuse. Par ailleurs, elle peut se manifester cliniquement selon deux modalités.

 

  • Des douleurs mécaniques suite à une fracture osseuse
  • Une diminution de la taille supérieure à 4 cm généralement liée à une fracture des vertèbres passée inaperçue.

 

osteoporose 2 ostéoporose
Source

 

Localisation des fractures

 

Tous les os de l’organisme sont susceptibles d’être atteints au cours de l’ostéoporose mais les plus fréquemment touchés sont les vertèbres. Ensuite nous avons le col du fémur, les deux os de l’avant-bras, le poignet, le col de l’humérus, le bassin, les côtes… Certaines de ces fractures sont sévères comme celles du fémur et du bassin et d’autres sont mineures comme celles du poignet.

 

En gros, ces fractures vont se manifester par des douleurs mécaniques, qui s’aggravent pendant les efforts, les exercices, la station debout ou assise prolongée. Elles sont soulagées par le repos. Lorsque ces fractures sont indolores, elles se manifesteront plus tard par une diminution de la taille plus ou moins importante avec un dos rond et voûté en ce qui concerne les fractures de la colonne vertébrale.

 

 

Diagnostic

 

La présence des facteurs de risque évoqués plus haut peut amener un médecin à émettre l’hypothèse d’ostéoporose chez un patient. Il s’agit de la ménopause, l’âge, les antécédents familiaux, la prise prolongée de dérivés de cortisone, le mode de vie (sédentarisme, alcoolisme, tabagisme). Des femmes ménopausées peuvent aussi demander un bilan afin que le médecin évalue leur risque vis-à-vis de l’ostéoporose.

 

Le bilan de diagnostic de l’ostéoporose est l’ostéodensitométrie. Cette analyse permet d’évaluer la densité osseuse et leur contenu en minéraux. Elle permet ainsi de déterminer le degré de déminéralisation du squelette et l’importance du risque de fracture. Elle s’effectue selon le même principe qu’une radiographie mais l’irradiation est 20 fois moins importante qu’une radiographie des poumons.

 

ostéodensitométrie
Source

 

Pour l’évaluation de la densité osseuse, la colonne vertébrale, le col du fémur ou le squelette entier peuvent être analysés. Cette analyse est faite en tenant compte des normes fixées par l’organisation mondiale de la santé (OMS). Une fois calculée, la densité osseuse du patient est comparée à la valeur moyenne de la densité osseuse des sujets normaux de même âge et de même sexe. La différence entre ces deux valeurs est appelée le T score. Les résultats possibles sont :

 

  • T score supérieur à – 1 : densité normale
  • T score compris entre – 2.5 et – 1 : ostéopénie
  • T score inférieur ou égal à – 2,5 : ostéoporose
  • T score inférieur ou égal à – 2,5 avec une ou plusieurs fractures : ostéoporose sévère.

 

Densitometrie ostéoporose
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Autres bilans

 

Généralement, les examens sanguins sont normaux chez un patient souffrant d’ostéoporose. Cependant, on peut retrouver une carence en vitamine D ou en calcium. Ces bilans permettent aussi de rechercher une inflammation ou une autre cause de fragilité osseuse probable autre que l’ostéoporose.

 

Les radiographies standards sont demandées devant une suspicion de fractures ostéoporotiques surtout au niveau du rachis. Les autres examens d’’imagerie (scanner, IRM ou scintigraphie) peuvent être demandés à la recherche de fractures qui n’ont pas été décelées par la radiographie standard. Ils étudient le caractère ancien ou récent du trait de fracture et aussi éliminer d’autres causes de fragilité osseuse.

 

 

Traitement

 

Médicamenteux

 

Le but du traitement médiamenteux dans l’ostéoporose est de d’empêcher la survenue des fractures. Pour cela, les médecins font appel à plusieurs familles de médicaments. Quel que soit le médicament choisi, le traitement se fait sur une longue durée (plusieurs années).

À LIRE :   Ostéoporose : traitement naturel pour guérir (4 alternatives)

 

Avant l’instauration d’un traitement de l’ostéoporose, le médecin recherche une carence en calcium et en vitamine D. Si ces carences existent, elles doivent être corrigées par une supplémentation vitamino-calcique sous forme de médicaments.

 

Les biphosphonates

 

C’est la première classe de médicaments anti ostéoporotiques. Ils ont la particularité de se fixer exclusivement dans les os pour empêcher leur destruction.  En exemples, nous avons l’acide alendronique, l’acide risédronique et l’acide risédronique qui existent sous forme de comprimés à prendre tous les jours ou une fois par semaine ou même une fois par mois selon les substances et les dosages. Ils existent aussi en solution injectable par voie intraveineuse à administrer tous les trois mois ou tous les ans selon la substance.

 

Ces médicaments peuvent avoir des effets secondaires à type de troubles digestifs et de réactions cutanées (démangeaisons, urticaire). La prise de biphosphonates est également associée à de rares cas d’ostéonécrose (mort de l’os) de la mâchoire, en particulier chez les personnes présentant déjà un mauvais état des dents et de la bouche. Un bilan buccodentaire chez le dentiste est nécessaire avant de débuter le traitement, puis au moins une fois par an au cours du traitement.

 

Le dénosumab (PROLIA)

 

Le dénosumab est la famille de médicaments anti ostéoporotique de deuxième intention. C’est un anticorps monoclonal qui bloque les ostéoclastes (cellules responsables de la destruction des vieux os). Les études ont montré qu’il permet de réduire le risque de fractures vertébrales, non vertébrales et de la hanche. Selon la Haute Autorité de Santé, ce médicament devrait être réservé en cas d’impossibilité à utiliser les biphosphonates.

 

Ce médicament est indiqué dans le traitement de l’ostéoporose chez les femmes ménopausées à risque élevé de fractures. Il est également indiqué chez les hommes qui présentent un risque élevé de fracture.Finalement, il se présente sous forme de solution injectable, à administrer par voie sous-cutanée tous les 6 mois.

 

Des effets indésirables, parfois graves, ont été observés quoique rarement : baisse du taux de calcium dans le sang, nécrose de la mâchoire, fracture du fémur. Une bonne hygiène buccale et un suivi médical  régulier sont recommandés pour minimiser les risques d’effets indésirables.

 

Autres médicaments

 

En plus de ces deux classes, nous avons le raloxifène (Evista, Optruma) qui peut être utilisé dans le cas où le patient présente un faible risque (ou aucun) de fracture. Le raloxifène est un médicament modulateur sélectif des récepteurs ostrogéniques. Il joue donc un rôle protecteur contre l’ostéoporose en reproduisant l’action des estrogènes sur les os.

 

Le tériparatide (Forsteo), quant à lui, doit être prescrit si le patient présente au moins deux fractures vertébrales. C’est une substance qui s’apparente à l’hormone parathyroïdienne et qui régule les taux de calcium et de phosphore dans le sang. Il stimule la formation de l’os.

 

Les traitements hormonaux de la ménopause

 

Durant la ménopause, la perte de la masse osseuse est liée à la chute des concentrations d’oestrogènes dans le sang. L’apport d’oestrogènes exogènes  (par voie orale ou par voie cutanée) permettra alors d’atténuer cette perte osseuse. Elle doit être associée à un traitement par progestatif pour prévenir le développement anormal de la muqueuse de l’utérus.

 

À l’arrêt du traitement, la densité osseuse diminue de nouveau. Ce traitement est appelé traitement hormonal substitutif (THS). Il est indiqué chez les femmes ménopausées souffrant d’ostéoporose lorsque les autres traitements ne peuvent être utilisés.

 

La calcitonine est une hormone qui freine l’activité des ostéoclastes. Elle sera utilisée pour prévenir la décalcification osseuse lors d’une immobilisation prolongée (notamment en cas de fracture récente due à l’ostéoporose).

 

Alternatif

 

L’ostéopathie et la kinésithérapie (physiothérapie) peuvent constituer un traitement alternatif de l’ostéoporose, mais précisons qu’elles ne soignent pas réellement sa cause. Elles peuvent néanmoins orienter vers des exercices de mobilité et de renforcement adaptés à chaque cas. Ces exercices ont pour mission de débloquer les gênes ressenties, et d’adoucir les douleurs afin de permettre une activité physique adaptée et sans risque.

À LIRE :   Ostéoporose chez l’homme : Facteurs de risque (Que faire ?)

 

  • Les exercices contre résistance créent une résistance soit avec un objet, soit avec le corps et font travailler les muscles qui permettent de déplacer l’objet. Ils renforcent les os de la région sollicitée. Il peut s’agir : d’exercices de poids ou haltères, de l‘étirement de bandes élastiques, etc.
  • Les activités de travail d’équilibre et de coordination assurent une meilleure stabilité et un équilibre permettant de faire face aux situations qui provoquent les chutes (pour les prévenir).
  • Les activités qui améliorent la posture (exercices pour le dos, les bras, les épaules, les abdominaux et le tronc) sont intéressants en cas d’atteinte ostéoporotique des vertèbres.

 

Alimentation

 

La supplémentation en vitamine D et en calcium est très recommandée dans la prise en charge de l’ostéoporose. En plus des médicaments destinés à cet effet, une alimentation appropriée peut aussi apporter à l’organisme ces substances. Certes, les produits laitiers contiennent du calcium mais ils ne sont pas les plus grands pourvoyeurs en calcium. Ils sont largement devancés par la menthe ou les amandes. Beaucoup de végétaux contiennent du calcium, alors comme toujours, il faudra privilégier une alimentation équilibrée et variée.

 

La vitamine D vient de l’exposition à la lumière, mais certains aliments peuvent nous en fournir : harengs, sardines à l’huile ainsi que d’autres poissons dits gras, les champignons, le chocolat noir…

 

 

hareng ostéoporose
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Chirurgie

 

Les fractures vertébrales causées par l’ostéoporose peuvent aujourd’hui être traitées par la technique de la cimentation osseuse appelée vertébroplastie ou cyphoplastie. Avant l’intervention, on évalue l’étendue de l’ostéoporose et de la fracture des corps vertébraux par des radiographies et éventuellement des clichés de CT-scan. L’intervention se déroule généralement sous anesthésie locale.

 

L’intervention se réalise en pratiquant des petites incisions cutanées au-dessus de la vertèbre touchée. Elles permettent d’introduire une aiguille jusqu’à la vertèbre sous contrôle radiographique. On injecte ensuite par l’aiguille du ciment osseux (polyméthylméthacrylate) avec une forte pression. Le ciment osseux liquide se répartit uniformément dans la vertèbre fracturée et durcit. Ainsi, la vertèbre endommagée par l’ostéoporose est reconstruite et stabilisée.

 

Vertebroplastie ostéoporose
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Prévention

 

S’il est impossible d’agir sur certains facteurs de risque d’ostéoporose comme l’âge, le sexe, les antécédents familiaux d’ostéoporose,  il est possible d’agir sur beaucoup d’autres, notamment par l’observation de règles d’hygiène de vie.

 

  • Arrêt du tabac et de l’alcool
  • Avoir une alimentation équilibrée
  • Pratiquer une activité physique adaptée (APA).

 

En effet, la pratique régulière d’une activité physique contribue à une meilleure solidité des os et à la préservation du capital osseux. De plus, elle contribue à réduire le risque de chute chez les personnes qui souffrent d’ostéoporose.

 

Tous les exercices au cours desquels les pieds et les jambes soutiennent tout le poids du corps augmentent la masse osseuse et sont à privilégier (monter les escaliers, marcher ou courir, danser, pratiquer les sports tels que le badminton, le tennis, le patin etc).

 

 

Références

 

 

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