Pseudopolyarthrite rhizomélique : tout savoir sur ce rhumatisme

Pseudopolyarthrite rhizomélique : tout savoir sur ce rhumatisme

Article revu et approuvé par Dr. Ibtissama Boukas, médecin spécialisée en médecine de famille

La pseudopolyarthrite rhizomélique est une maladie relativement fréquente. Elle touche principalement les adultes de plus de 50 ans, les femmes ainsi que les personnes de peau blanche. Si en Amérique du Nord, 0,1 % à 0,5 % de la population de plus de 50 ans en est concerné, au Royaume-Uni, elle atteint jusqu’à 2 % de la population de plus de 60 ans. Faisons le point sur ce type de rhumatisme dans cet article.

Qu’est-ce qu’une pseudopolyarthrite rhizomélique ?

 

Comme son nom suggère, la pseudopolyarthrite rhizomélique imite une polyarthrite qui est une maladie inflammatoire affectant plusieurs articulations. Si la polyarthrite désigne une atteinte articulaire, la pseudopolyarthrite rhizomélique renvoie à une atteinte vasculaire (vaisseaux sanguins). C’est en ce sens que cette maladie est considérée comme une vascularite.

 

C’est une maladie inflammatoire qui touche principalement les épaules jusqu’à la zone pelvienne. Plus précisément, cette inflammation entoure les articulations et attaque les petites bourses séreuses responsables de la protection des os, des muscles et des tendons. Ce qui engendre des douleurs accompagnées de raideur au niveau des articulations et des muscles touchés. Cette raideur, pouvant être musculaire et articulaire, a tendance à s’empirer le matin.

 

 

Quelles sont les causes d’une pseudopolyarthrite rhizomélique ?

 

L’origine de la pseudopolyarthrite rhizomélique demeure inconnue. L’inflammation résulte d’une attaque de la paroi qui entoure les tendons et les articulations par le système immunitaire. Mais jusqu’à présent, la raison de cette attaque reste mal comprise.

 

Néanmoins, la maladie peut être liée à :

 

  • un cancer ;
  • une vulnérabilité génétique ;
  • des variations saisonnières : les risques sont élevés pendant l’hiver ;
  • une production inappropriée de cortisol sérique (hormone).

 

 

Quels sont les symptômes d’une pseudopolyarthrite rhizomélique ?

 

Le principal symptôme d’une pseudopolyarthrite rhizomélique est une douleur associée à une raideur au niveau de la ceinture scapulaire : les épaules et le cou. Dans ¾ des cas, celles-ci peuvent aussi affecter la ceinture pelvienne : autour des hanches et sur le bas du dos. La douleur et la raideur peuvent être aggravées par la sédentarité.

 

Le signe clé de cette maladie inflammatoire est une raideur matinale pouvant aller de 45 minutes jusqu’à 60 minutes. Cette raideur entraîne une gêne fonctionnelle rendant difficiles les gestes comme lever les bras, se coiffer ou attacher des chaussures.

 

Outre cela, la maladie peut également se manifester par des douleurs et des gonflements articulaires touchant les mains, les poignets et les genoux. Dans 1/3 des cas, une atteinte de l’état général peut survenir avec une fièvre aux alentours de 38 °C, une fatigue physique, un manque d’appétit, voire un amaigrissement.

 

L’apparition d’autres symptômes, tels qu’une céphalée ou un trouble visuel, suggère une affection inflammatoire plus grave. En effet, ce sont les signes de la maladie de Horton. C’est une vascularite qui touche les artères de la partie supérieure du corps et qui peut provoquer leur occlusion. Chez les personnes qui souffrent du syndrome de la maladie de Horton, la moitié est en même temps atteinte de pseudopolyarthrite rhizomélique.

 

 

Comment poser le diagnostic d’une pseudopolyarthrite rhizomélique ?

 

Le diagnostic de cette maladie inflammatoire est clinique. Celui-ci repose sur les antécédents médicaux du patient et un examen physique. Des examens paracliniques peuvent tout de même être réalisés pour reconnaître les symptômes et éliminer d’autres maladies.

 

  • Des examens sanguins (mesure de la vitesse de sédimentation, de la protéine C réactive, de la TSH et de la CK) : une VS et une CRP élevées peuvent indiquer une pseudopolyarthrite rhizomélique. Mais elle peut aussi indiquer d’autres maladies comme la polyarthrite rhumatoïde, la fibromyalgie ou les spondylarthropathies.
  • Des examens d’imagerie (radiographie, échographie, IRM, électromyogramme) : ils permettent d’apporter plus de précisions au diagnostic en mettant en évidence l’inflammation et en excluant les autres maladies.

 

 

Pseudopolyarthrite rhizomélique : qu’en est-il du traitement et de la guérison ?

 

Dans certains cas, la pseudopolyarthrite rhizomélique peut disparaître d’elle-même. Dans d’autres cas, elle nécessite un traitement médicamenteux.

 

Traitement classique de la pseudopolyarthrite rhizomélique

 

Le principal traitement de la pseudopolyarthrite rhizomélique est à base de corticostéroïdes. En général, les médecins prescrivent de la prednisone. C’est un anti-inflammatoire stéroïdien qui peut apaiser les symptômes en seulement quelques jours. La dose et la durée du traitement varient selon le cas du patient. Le but étant de diminuer les risques de rechutes à court terme.

 

Habituellement, le traitement dure entre 6 et 12 mois avec une dose de 0,2 mg/kg par jour. Quand des signes de la maladie de Horton apparaissent, la dose peut aller jusqu’à 1 mg/kg par jour.

 

Dans le cas où la prednisone serait contre-indiquée, des anti-inflammatoires non stéroïdiens sont prescrits. Même si leur efficacité n’égale pas celle de la prednisone, ils contribuent malgré tout à réduire la douleur et l’inflammation. Ils peuvent également être utiles en cas d’apparition de symptômes supplémentaires après la corticothérapie ou en cas de réduction de la dose de prednisone.

 

Si le traitement cortisonique se révèle inefficace, d’autres traitements peuvent être proposés :

 

  • du méthotrexate: il peut constituer un traitement alternatif dans le cas d’une corticorésistance ou un traitement d’épargne cortisonique dans le cas d’une corticodépendance. Ce médicament aide à réduire la fréquence des récidives. Pour une fonction rénale normale, la dose recommandée est de 10 à 15 mg par voie orale une fois par semaine.
  • Des anti TNF alpha (infliximab et adalimumab) : ils semblent agir sur la maladie, mais leur bénéfice reste incertain.

 

Des bisphosphonates, du calcium ainsi que de la vitamine D peuvent aussi être prescrits pour prévenir l’apparition d’ostéoporose. Ils sont surtout prescrits chez les patients de plus de 65 ans.

 

Surveillance de la pseudopolyarthrite rhizomélique

 

Lorsque vous commencez le traitement, vous devez consulter votre médecin tous les mois pour vérifier l’efficacité de celui-ci. À cet effet, des bilans biologiques sanguins et un examen clinique sont réalisés. Si le traitement s’avère efficace, la dose de corticostéroïdes est diminuée jusqu’à atteindre la dose minimale efficace.

 

Pour garantir l’efficacité des traitements et réduire au maximum les risques d’effets secondaires :

 

  • adoptez un régime sans sel ;
  • respectez la prise régulière du traitement ou des traitements simultanés prescrits.

 

La pseudopolyarthrite rhizomélique évolue par poussées et se soigne en environ un an. Chez certains patients, l’évolution peut être plus prolongée. Cependant, les récidives sont courantes et peuvent se produire dans 1/3 des cas. Généralement, elles surviennent dans les 3 mois suivant l’arrêt du traitement. En cas de réapparition des symptômes, vous devez consulter à nouveau votre médecin.

 

Traitement de la pseudopolyarthrite rhizomélique par la kinésithérapie

 

Étant un professionnel de santé, le kinésithérapeute propose diverses techniques de réadaptation. Il peut s’agir d’exercices ou d’interventions physiques ou d’autres techniques qui visent à rétablir la force, la mobilité, la souplesse ou l’amplitude de mouvement.

 

La kinésithérapie peut accompagner le traitement classique de la pseudopolyarthrite rhizomélique en :

 

  • diminuant la douleur et la raideur au niveau des hanches et des épaules ;
  • renforçant et améliorant la fonction des muscles autour des articulations affectées ;
  • réduisant la fatigue ;
  • améliorant la qualité de vie en général.

 

 

Sources

 

https://www.msdmanuals.com/fr/professional/troubles-musculosquelettiques-et-du-tissu-conjonctif/vascularites/pseudo-polyarthrite-rhizom%C3%A9lique

https://www.pourquoidocteur.fr/MaladiesPkoidoc/1122-Pseudopolyarthrite-rhizomelique-des-douleurs-inflammatoires-des-epaules-et-des-hanches

https://arthrite.ca/a-propos-de-l-arthrite/les-types-d-arthrite-de-a-a-z/types/pseudopolyarthrite-rhizomelique

https://public.larhumatologie.fr/grandes-maladies/pseudo-polyarthrite-rhizomelique