Syndrome de Cyriax : que faire pour guérir ? (Symptômes et traitement)

syndrome de cyriax

Article revu et approuvé par Dr. Ibtissama Boukas, médecin spécialisée en médecine de famille 

Vous ressentez une douleur au thorax lors que vous faites un effort particulier comme tousser, éternuer ou soulever un objet ? Il s’agit peut-être du syndrome de Cyriax. C’est une affection qui touche les côtes et qui entraine une compression du nerf intercostal.

Bien qu’il n’existe pas de traitement pour se débarrasser définitivement de cette douleur costale, il existe diverses solutions pour apprendre à mieux vivre avec. Découvrez-les dans cet article.

Définition du syndrome de Cyriax

Le syndrome de Cyriax est une affection de côtes basses. Il est également qualifié de syndrome de la côte glissante, de la côte claquante ou encore syndrome de l’extrémité costale.

Il touche principalement les 8e, la 9e et la 10e côtes, le plus souvent à droite. Ces dernières vont subir une subluxation au niveau de leur cartilage antérieur.

Pour rappel, ces côtes sont qualifiées de « fausses côtes » car leur point d’attache au sternum est indirect. En effet, elles s’attachent par le cartilage costal commun aux trois dernières côtes.

Le cartilage qui les compose a la particularité d’être fragile, tout comme les ligaments interchondraux. Ceci rend la zone plus susceptible à une malformation.

Ainsi, le syndrome de Cyriax consiste en un basculement du cartilage devenu plus mobile que la normale (hypermobile). En effet, cette subluxation provient d’un cartilage costal trop souple. Deux cas sont possibles : soit le cartilage bascule en dessous, soit il bascule au-dessus. Ceci peut entrainer la compression d’un nerf avoisinant.

Plus précisément, le nerf intercostal situé entre deux côtes est comprimé ou irrité, d’où l’apparition de douleurs fortes et spontanées, ainsi que d’autres symptômes caractéristiques du syndrome de Cyriax.

Quelles sont les causes de ce syndrome ?

Les recherches montrent que les hommes sont les plus touchés par le syndrome de Cyriax, et ce peu importe leur âge. Dans la majorité des cas, ce syndrome est la conséquence d’un traumatisme physique.

Il peut y avoir différents types de traumatismes susceptibles de provoquer ce trouble. En premier lieu, il peut s’agir d’un traumatisme direct. Dans ce cas, le choc se fait directement sur les côtes. On peut par exemple citer :

  • certains sports comme la boxe ou le rugby où il y a toujours un contact ;
  • des sports nécessitant des mouvements brusques (golf, lancer de poids, etc.) ;
  • les chutes (par exemple, en ski) ;
  • un travail utilisant la force : pousser un véhicule en s’appuyant sur ses côtes ;
  • les accidents de la voie publique (souvent, un choc contre le volant de la voiture) ;
  • les accidents de circulation.

Le traumatisme peut également être indirect. C’est souvent le cas d’un effort musculaire inadapté comme :

  • des efforts de poussée particulièrement intenses (comme un accouchement) ;
  • des efforts de traction ;
  • le soulèvement de charges lourdes ;
  • un éternuement plus fort que d’habitude ;
  • une mauvaise habitude sur la posture.

Qu’en est-il des symptômes du syndrome de Cyriax ?

La plupart des patients qui souffrent de ce syndrome se plaignent d’une douleur localisée notamment sur le thorax. Elle peut irradier vers d’autres régions du corps comme le dos et l’abdomen. Cette douleur peut également être accompagnée de claquement ou de sensation de ressaut au niveau des côtes.

Les caractéristiques d’une douleur abdominale au cours du syndrome

En plus de la douleur costale qui constitue la principale plainte du patient, ce dernier peut aussi ressentir des douleurs abdominales. Ces dernières s’expliquent par une irritation du nerf intercostal. Ce nerf est comprimé lors de la subluxation. Parfois, le mal peut se sentir sur la partie haute du ventre.

La sensation douloureuse n’est pas permanente. Elle est généralement déclenchée par des efforts ou des mouvements particuliers du tronc (surtout les mouvements extrêmes et brusques), une toux, un rire ou encore une inspiration profonde. Elle est le plus souvent calmée par le repos.

Des troubles de la digestion

Le syndrome de Cyriax peut également être responsable d’une mauvaise digestion quand la douleur se manifeste au niveau du dos.

Comment se fait le diagnostic de ce trouble ?

Le diagnostic du syndrome de Cyriax est effectué à la suite d’un examen physique. Ce dernier est basé sur la palpation des côtes. Il s’agit de la « manœuvre du crochetage ». Le doigt de l’examinateur va se placer sous le rebord costal. Il va tirer doucement son doigt vers le haut. Ce mouvement pince le nerf intercostal sus-jacent, et fera apparaitre alors une douleur caractéristique du syndrome de Cyriax.

Dans certains cas une imagerie est demandée pour confirmer le diagnostic.

L’examen d’imagerie en cas de syndrome de Cyriax

En principe, on demande souvent des radiographies si on suspecte des lésions des côtes. Les examens d’imagerie permettront de détecter la présence de fracture ou de tumeur sur les côtes ou les cartilages. En effet, ce genre de bilan est surtout nécessaire pour rechercher l’origine de la douleur costale. Il permet d’éliminer les causes graves.

Soulignons qu’il est important de consulter un professionnel de santé aussitôt qu’on ressent une douleur thoracique ou abdominale. En effet, un examen clinique permettra de clarifier le diagnostic, et exclure une atteinte alternative (parfois plus sérieuse) pouvant provenir de :

Diagnostic différentiel du syndrome de Cyriax 

Traitement : Peut-on guérir du syndrome de Cyriax ?

Il existe divers traitements pour soulager le syndrome de Cyriax. Ils sont tous symptomatiques, c’est-à-dire qu’ils visent à soulager le syndrome. En effet, il n’existe pas encore de traitement curatif pour le syndrome de Cyriax. Il faut toutefois noter qu’on peut très bien vivre avec cette condition.

Il existe des médicaments qui soulagent les douleurs ressenties par le patient. Ce sont notamment des décontractants musculaires et des antalgiques. Le but est de permettre aux muscles intercostaux de ne pas sensibiliser davantage le nerf comprimé.

Un bandage élastique peut également être utilisé pour supporté la région du tronc et stabiliser les côtes. Ceci permettra d’offrir un environnement optimal à la guérison, et l’évitement de mouvements brusques ou extrêmes du tronc.

On peut également faire une « infiltration de toxine botulique » pour calmer les symptômes d’un syndrome de Cyriax. Cette technique est indiquée si la douleur devient insupportable pour le patient et qu’elle gêne à l’exercice des tâches quotidiennes. Il ne s’agit pas d’une intervention banale. La toxine va paralyser le muscle intercostal pendant un certain temps. Ceci permet de lever la compression du nerf durant ce temps. Les effets de la toxine botulique peuvent durer quelques semaines ou quelques mois.

La kinésithérapie a également une place dans le traitement du syndrome de Cyriax. Elle repose notamment sur la stimulation des muscles abdominaux, dorsaux et intercostaux.

Vous pouvez aussi consulter un ostéopathe pour vous aider à gérer ce syndrome de côte douloureuse. L’ostéopathie va travailler sur votre cartilage costal via divers manipulations ostéopathiques. Un des objectifs sera également de travailler sur la posture si elle influence les symptômes. En même temps, l’ostéopathie permettra de réduire les inflammations au niveau des côtes. Les exercices préconisés vont aussi réduire les tensions et les pressions sur votre cage thoracique.

Parmi les méthodes naturelles, on a souvent recours au yoga. Le but reste toujours de soulager la compression au niveau du nerf. On préconise deux postures en particulier pour améliorer l’ouverture de la cage thoracique :

  • le gainage ;
  • et les extensions du thorax.

Quand les traitements médicamenteux habituels et la médecine naturelle n’ont pas montré d’efficacité, il est possible de faire recours à la chirurgie. Bien que rarement utilisée pour traitement le syndrome de Cyriax, celle-ci se trouve parfois indiquée lorsque la douleur ressentie devient insupportable ou invalidante.

Le principe du traitement chirurgical du syndrome de Cyriax est simple : il consiste à enlever les côtes en question (costectomie). Le but est de lever la compression sur le nerf afin de soulager la douleur. Il faut seulement noter que le risque de compression au niveau des côtes inférieures n’est pas écarté.

Pour vivre avec un syndrome de Cyriax, vous pouvez adopter certaines habitudes. En premier lieu, pense à travailler votre posture. Vous devez apprendre à vous tenir droit, mais surtout de varier régulièrement de position en vue de ne pas entrainer davantage de pression sur votre thorax.

Pour connaître 6 conseils du kiné visant à redresser votre dos (incluant des exercices), consultez l’article suivant.

La douleur costale ou abdominale liée à un syndrome de Cyriax est déclenchée par les efforts. Arrêter de vous torturer l’esprit à l’idée qu’il s’agit d’un syndrome incurable au risque de vous angoisser à longueur de temps. Cela ne fera qu’accentuer la sensation douloureuse. Pensez à gérer votre stress. Vous avez de nombreux exercices de respiration pour vous aider.

Qu’en est-il des remèdes naturels ?

Bien qu’ils ne soient pas supportés d’évidences scientifiques solides, plusieurs produits naturels et remèdes de grand-mère sont utilisés pour traiter les douleurs costales, notamment pour leur pouvoir anti-inflammatoire. Il est primordial de consulter un médecin au préalable, principalement pour éviter les interactions médicamenteuses et effets secondaires.

Voici une liste non exhaustive de plantes et d’huiles essentielles efficaces pour contrôler la douleur et l’inflammation. Les produits sont disponibles sur le site Kalae. Utilisez le code promo LOMBAFIT15 si vous désirez vous procurer un des produits suivants, ou n’importe quel remède visant à soulager vos symptômes et améliorer votre qualité de vie :

  • Le curcuma. Grâce à ses pouvoirs anti-oxydants et anti-inflammatoires très puissants, le curcuma est l’une des plantes les plus utilisées dans un cadre culinaire et thérapeutique. La composition du curcuma est essentiellement faite d’huiles essentielles, de vitamines (B1, B2,B6,C,E,K) et d’oligo-éléments. Mais c’est à sa composition riche en curcumine et curcuminoides que l’on doit les propriétés anti-inflammatoires de cette épice.
  • Le gingembre. Outre la saveur particulière qu’il apporte en cuisine et ses vertus aphrodisiaques, le gingembre est une racine très connue pour ses pouvoirs anti-inflammatoires. Le gingérol lui confère son action anti-inflammatoire. Il s’agit un composant actif agissant sur les douleurs inflammatoires liées aux maladies inflammatoires articulaires chroniques, notamment la polyarthrite rhumatoïde, le lupus, les maladies rhumatismales, etc. Il a été prouvé que cet élément actif est aussi efficace pour agir sur l’inflammation liée aux arthrites et à la sciatique.  Le gingembre possède également d’autres bienfaits grâce à sa haute teneur en potassium et à sa richesse en oligo-éléments (calcium, magnésium, phosphore, sodium) et en vitamines (provitamine et vitamine B9).
  • Les oméga-3. Les oméga-3 sont des acides gras polyinsaturés qui jouent un rôle très important dans le fonctionnement de notre organisme. Ils sont apportés par l’alimentation sous trois formes naturelles : l’acide docosahexaénoique (DHA), l’acide alpha linolénique (ALA) et l’acide éicosapentaénoique (EPA). Au-delà de leur action sur le cerveau et le système cardiovasculaire, les oméga-3 s’avèrent très efficaces contre l’inflammation. En effet, ils ont la capacité d’agir sur les mécanismes inflammatoires dans l’arthrose en freinant la destruction cartilagineuse, ainsi ils réduisent l’intensité des douleurs arthrosiques. La sciatique, étant le plus souvent liée à une inflammation secondaire à une hernie discale, elle peut aussi répondre aux oméga-3 à condition d’en consommer régulièrement. 
  • L’eucalyptus citronnéL’eucalyptus est une plante utilisée le plus souvent sous forme de tisane ou d’huile essentielle. Elle aurait des effets anti-inflammatoires qui lui conférent la capacité d’agir sur les douleurs ostéoarticulaires en générale et les douleurs de la sciatique en particulier.
  • La gaulthérie. La gaulthérie est un arbuste dont on extrait une huile essentielle très intéressante. C’est l’une des huiles essentielles les plus utilisées en aromathérapie. Cette huile extraite de l’arbuste portant le même nom, est utilisée en massage pour soulager la sciatique et agit comme un antalgique. En effet, elle procure un effet chauffant grâce à sa capacité d’activer localement la circulation sanguine.

Rappelons que ces produits ne remplacent pas un traitement médical. N’hésitez pas à consulter pour une prise en charge adaptée à votre condition.

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Références 

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