Syndrome de KISS : comment le détecter chez bébé ?

Syndrome de KISS : comment le détecter chez bébé ?

Votre bébé pleure incessamment ? Prend une posture un peu bizarre ? Développe difficilement sa motricité ? C’est peut-être un syndrome de Kiss. C’est une gêne cervicale qui ne doit pas être prise à la légère. Ce trouble méconnu de beaucoup de monde peut être facilement soigné grâce à l’ostéopathie. Il affecte principalement les nourrissons et les jeunes enfants. Mais malheureusement, il suscite beaucoup de polémique. Très peu de professionnels de santé connaissent cette pathologie et sont en mesure de la diagnostiquer. D’ailleurs, beaucoup remettent en cause son existence.

 

Alors face à cette problématique, on s’est penché sur la question : comment est-ce qu’on peut détecter cette maladie ? Et surtout, comment est-ce qu’on la prend en charge efficacement ?

Qu’est-ce que le syndrome de Kiss ?

 

La zone supérieure des vertèbres du cou est extrêmement complexe et sensible. Elle se compose de deux premières vertèbres cervicales (atlas et axis) et d’une partie de l’os à la base du crâne (occiput). Dans cette zone est acheminée une énorme quantité d’informations vers divers secteurs du cerveau, comme ceux qui commandent les muscles, l’équilibre, la déglutition, la vue, le développement psychomoteur, etc.

 

nerfs spinaux cervicaux causant des fourmis dans les mains
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Elle est essentielle dans le développement de l’équilibre postural du nouveau-né et dans la définition de l’orientation dans l’espace et du mouvement en général. Si ces articulations à la jonction craniocervicale sont bloquées, cela peut entraîner des troubles de la posture, mais aussi du comportement et/ou du système digestif.

 

Le syndrome de KISS, acronyme en allemand de « Kopfgelenk Induzierte Symmetrie Störungen » ou « troubles de symétries induites par des vertèbres cervicales » en français, est défini comme étant l’existence de troubles fonctionnels des vertèbres cervicales supérieures (haut de la nuque), notamment de l’atlas-axis et de l’occiput.

 

Il s’agit d’une gêne positionnelle et fonctionnelle, ou autrement dit un « blocage », de la colonne cervicale supérieure chez le nouveau-né. Il pourrait prendre différentes formes : par exemple sous forme d’une translation, d’une rotation ou d’une subluxation. Il se produira une perte de mobilité de l’articulation entre les premières vertèbres cervicales et la base du crâne.

 

Cela entraîne des tensions en permanence dans le corps qui peuvent se traduire par des perturbations de la symétrie (aplatissement d’un côté de la tête, inclinaison du corps en forme de C ou en forme de virgule, hyperextension de la tête en arrière « en opisthotonos », mâchoire plus proéminente que l’autre, etc.) et des difficultés d’ordre nerveux et/ou digestif.

 

Ce syndrome est souvent confondu avec le torticolis et la plagiocéphalie du nourrisson (déformation du crâne de l’enfant caractérisée par une asymétrie donnant à la tête une forme oblique « bébé à tête plate »).

 

Résultat, l’enfant positionne mal sa tête, ce qui va entraîner des adaptations fonctionnelles du corps, à l’origine de divers maux.

 

Il a été évoqué pour la première fois en 1984 par un médecin allemand, Heiner Biedermann, un chirurgien orthopédique et chiropraticien. Peu connu, ce syndrome touche essentiellement les nouveau-nés.

 

 

Les causes de ce gène au niveau de l’articulation cervicale

 

Le syndrome de KISS se développe pendant la grossesse, in-utéro et/ou lors de l’accouchement. Parfois, au lieu de se développer harmonieusement dans le ventre de sa maman, le bébé va bloquer sa tête à un moment donné et continuer son développement en rotation. Plusieurs causes peuvent entraîner ce blocage de la jonction craniocervicale :

 

  • une grossesse stressante ;
  • une grossesse gémellaire ;
  • une mauvaise position du fœtus dans l’utérus ;
  • un accouchement difficile avec recours aux forceps ou à la ventouse (cordon autour du cou, présentation en siège…) ;
  • des pressions sur le ventre de la parturiente pour faire descendre le bébé ;
  • une rupture prématurée des membranes ;
  • un accident pendant la grossesse ;
  • une mauvaise position intra-utérine du fœtus ;
  • un bassin étroit de la femme ;
  • un traumatisme (choc) sur la tête dans les premiers mois de vie…

 

Il existerait aussi une prédisposition familiale. En effet, on a pu observer de plus en plus souvent que le risque d’une problématique KISS chez des frères et sœurs du même sexe.

 

D’autre part, si au cours de la croissance, le nourrisson ou l’enfant subit une chute ou un coup, cela peut se répercuter sur la structuration de la colonne vertébrale et par conséquent causer un syndrome de KISS.

 

 

Les symptômes de ce syndrome

 

Des pleurs incessants, une difficulté à se déplacer ou des vomissements sont des signes qui doivent alerter les parents.

 

Bien que les symptômes sembleraient variables d’un enfant à un autre, car le blocage et les tensions qui en découlent varient selon le cas, il existe 2 types qui sont décrits dans la littérature (description de Biedermann) :

 

Type 1 : Inclinaison latérale du nouveau-né ou de l’enfant

 

La tête, la colonne et le bassin de l’enfant décrivent une posture fixée comme un « C », comme si l’enfant présentait une scoliose. Cela entraîne donc différentes asymétries :

 

  • au niveau de la tête: aplatissement de l’arrière du crâne de type plagiocéphalie puisque l’enfant a la tête tournée souvent du même côté ;
  • au niveau du visage: l’ouverture de l’un de ses yeux est plus importante que l’autre, un côté de sa mâchoire est plus proéminent que l’autre, les oreilles peuvent être décalées ;
  • au niveau des membres supérieurs: les bras ne sont pas forcément utilisés de manière symétrique ;
  • au niveau du bassin et des membres inférieurs: les jambes comme les bras peuvent ne pas être utilisées de manière symétrique.

 

Type 2 : Hyperextension de la tête et de la colonne vertébrale ou en opisthotonos

 

Dans ce cas, l’enfant n’est pas vraiment asymétrique. Il présente une posture fixée en hyperextension de la tête et de la colonne vertébrale, c’est-à-dire qu’il jette sa tête en arrière (en extension).

 

Il peut présenter une déformation crânienne également, mais cette fois-ci souvent symétrique (type brachycéphalie : aplatissement postérieur global du crâne, dû au manque de rotation de la tête sur le côté).

 

L’enfant semble hypertonique, tendu, n’aime pas être sur le dos, et parfois n’aime pas être sur le ventre non plus.

 

Dans les deux types, le développement psychomoteur de l’enfant pourrait être perturbé (lors du ramper, de la marche à quatre pattes, de la station assise, de la préhension, de la motricité fine…).

 

L’enfant est également irrité, fait des crises de pleurs fréquentes qui témoignent de son inconfort, présente des troubles du sommeil et de l’endormissement, des troubles digestifs (reflux gastro-œsophagien, coliques, constipation) et des troubles de la succion (difficulté à prendre le sein voire le biberon). Il pleure beaucoup, il est agité, ou à l’inverse, c’est un bébé très tranquille, qui dort beaucoup trop.

 

Cette zone (base crânienne et premières cervicales) constitue une zone sensorielle ayant des liens étroits avec l’enclenchement de l’appareil locomoteur et l’équilibre, du sommeil, des centres végétatifs du cerveau et des centres de commandes principales du cerveau. Voilà pourquoi une hypersensibilité dans cette zone entraîne de tels symptômes.

 

Si aucune prise en charge n’est mise en place, l’enfant va continuer à grandir avec cette dysfonction articulaire, ce qui va entraîner des difficultés notamment lors de l’apprentissage de la marche.

 

 

Comment diagnostiquer un KISS?

 

Au vu des symptômes, le médecin demande une radiographie du rachis cervical et du bassin afin de poser le diagnostic. Le but étant de rechercher un défaut d’alignement des vertèbres cervicales. Éventuellement, on peut aussi, demander un scanner avec une incidence spécifique, qui pourra mettre en évidence une subluxation de la charnière craniocervicale.

 

Cependant, ces examens doivent être bien réfléchis et ne doivent pas être pratiqués à la légère, compte tenu de la sensibilité des jeunes enfants aux rayonnements ionisants.

 

 

Comment traiter ce défaut d’alignement de la colonne cervicale?

 

Pour soigner un syndrome KISS, l’enfant peut suivre des séances d’ostéopathie. Elles ont pour but de libérer les tensions au niveau de la jonction craniocervicale et de lever les blocages. Une prise en charge le plus tôt possible sera idéale, afin d’éviter que le bébé ne prenne de mauvaises positions pour compenser ce syndrome.

 

Avant de commencer les séances d’ostéopathie, l’enfant doit être vu par un médecin, pour exclure toutes autres pathologies ou maladies organiques sous-jacentes.

 

Il passe également des radios du rachis cervical et du bassin afin d’établir un diagnostic ostéopathique articulaire précis de la jonction craniocervicale.

 

L’ostéopathie est une thérapie manuelle efficace pour traiter le syndrome de KISS. Le traitement ostéopathique consiste en une ré-harmonisation de la jonction craniocervicale et des parties molles qui s’y attachent. Et bien évidemment, il faudra vérifier qu’il n’y a pas de tension sur l’axe cranio-sacré et sur le bassin. Le procédé consiste à réaliser des techniques douces, non agressives au bébé, pour redonner la mobilité à l’articulation craniocervicale, dans le respect total de la physiologie.

 

L’ostéopathe ne fera pas craquer bébé. Pendant la séance ostéopathique, bébé peut être amené à pleurer, non pas pour la douleur, mais parce que c’est son seul moyen de s’exprimer. Le relâchement des tensions tissulaires peut également entraîner des pleurs pendant ou après la séance.

 

On relâche les tensions au niveau de la bouche pour régler les problèmes de succion, de l’intestin et l’estomac. On ne fait pas de manipulation du crâne, car ce genre de manipulation, même réalisé par un praticien expérimenté, n’est pas sans risque pour le bébé. À la place, on fait une correction avec un appui sur la première vertèbre cervicale pour la relaxer.

 

Le plus souvent, trois séances espacées de 15 jours, sont recommandées pour traiter cette pathologie, bien que chaque cas puisse différer. Puis il faudra faire un entretien régulier, selon l’importance de la dissymétrie, jusqu’à l’adolescence.

 

 

Références

 

https://www.parents.fr/bebe/sante/bebe-est-malade/malformations-ou-anomalies/syndrome-de-kiss-comment-le-detecter-et-le-soigner-412087

https://www.syndrome-kiss.fr/definition/