Tendinite du psoas après une prothèse de la hanche (PTH) : que faire ?

Tendinite du psoas après une prothèse de la hanche (PTH) : que faire ?

La tendinite du psoas est une affection qui ne touche généralement les sportifs et les personnes âgées de plus 50 ans. Toutefois, elle peut aussi se développer chez un patient sur lequel on fait une pose de prothèse de la hanche. Que faire dans ce cas ? On répond à cette question dans cet article.

Définitions et anatomie

 

Pour mieux cerner le sujet, faire un petit rappel anatomique sur le rachis lombaire et la hanche est nécessaire.

 

Anatomie du rachis lombaire

 

Le rachis lombaire est la 3e région qui constitue la colonne vertébrale. Il est constitué de 5 vertèbres (L1 à L5). En haut, il s’articule avec le rachis dorsal au niveau du L1 et en bas avec le sacrum au niveau du L5.

 

Chaque vertèbre comporte 3 parties :

 

 

pédicule vertébrale
Source

 

Les vertèbres s’empilent et s’articulent entre eux grâce aux disques intervertébraux et aux articulations trochoïdes. Ces derniers se forment grâce aux surfaces articulaires au niveau de leurs arcs postérieurs. Leur union est renforcée et stabilisée par les ligaments intrinsèques et les ligaments extrinsèques.

 

De part et d’autre de ces vertèbres lombaires, le psoas ou ilio-psoas prend son origine. Il s’agit d’un muscle pair et symétrique. Sur le plan vertical, ce muscle s’allonge depuis les vertèbres lombaires jusqu’au niveau du fémur. Il va cravater antérieurement la tête fémorale et se fixer au niveau du petit trochanter. Ce muscle relie la zone lombaire et le fémur.

 

anatomie du muscle psoas

 

Anatomie de la hanche

 

Au niveau de son extrémité supérieure ou de la « tête fémorale », le fémur (os de la cuisse) va s’articuler au niveau de l’acétabulum de l’os iliaque (os du bassin). Cette cohésion va donner l’articulation la plus proximale du membre inférieur, appelée articulation coxo-fémorale ou articulation de la hanche.

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anatomie de la hanche

Cette articulation est l’une des plus larges, puissantes et stables articulations du corps. Elle unit le tronc au membre inférieur.

 

Extrêmement mobile, l’articulation de la hanche se compose de nombreuses surfaces articulaires : tête fémorale, acétabulum et bourrelet acétabulaire. L’ensemble est maintenu par une capsule articulaire et des ligaments articulaires.

 

Sur la capsule articulaire, tapisse une membrane que l’on appelle la synoviale. Elle sécrète la synovie, un liquide qui sert de lubrification au niveau des cartilages osseux. Ce liquide permet d’éviter les frictions au cours des mouvements. Il aide aussi à maintenir l’espace articulaire entre les deux os et à assurer la nutrition des cartilages.

 

Toute lésion au niveau de l’une de ces structures peut induire une hanche pathologique, pouvant aboutir à la mise en place de prothèse au niveau de celle-ci.

 

Qu’entend-on par prothèse de la hanche ?

 

Il s’agit d’un dispositif médical destiné à remplacer les parties défectueuses au niveau de l’articulation de la hanche.

 

Généralement, la prothèse est composée de titane associé à un couple de frottement dont la matière peut varier (céramique, polyéthylène, zircone…), on parle de prothèse totale.

 

prothèse totale de hanche

 

Le plus souvent, c’est la tête fémorale qui est la plus concernée. Elle est enlevée en totalité et est remplacée, soit par une tige métallique consolidée au niveau du corps fémoral puis cimentée au niveau de l’acétabulum, soit par une « boule » en métal (ou en céramique) fixée sur le bout supérieur de la tige.

 

La pose de la prothèse ou l’arthroplastie de la hanche est une intervention chirurgicale qui dure généralement entre 1 à 2 heures. Dans la majeure partie des cas, elle se pratique sous anesthésie générale. Toutefois, on peut aussi l’effectuer sous anesthésie locale, selon l’état et la condition du malade.

 

Actuellement, la méthode utilisée pour cette intervention est mini invasive avec une voie d’abord antérieure. Ceci est dans le but d’assurer une récupération plus rapide et de diminuer les risques. Pour en savoir plus sur ce type d’intervention, cliquez ici.  

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Tendinite du psoas : qu’est ce que c’est ?

 

La tendinite du psoas-iliaque ou le « syndrome du psoas » désigne l’inflammation du tendon du muscle ilio-psoas. Elle est la conséquence d’une irritation d’origine mécanique exercée au niveau de celle-ci, ce qui peut être engendré par la pose de cette prothèse.

 

La tendinopathie ou tendinite du psoas est une affection qui se traduit par une douleur du pli de l’aine avec un syndrome clinostatique. Ces symptômes s’exacerbent surtout lors de la flexion de la hanche, lors des efforts de toux et lors de certains mouvements courants comme la montée des escaliers ou la marche… Pour en savoir plus, cliquez ici.

 

 

Par quels mécanismes la tendinite du psoas survient-elle après une chirurgie de prothèse de hanche ?

 

Bien que la prothèse de la hanche vise à soulager les douleurs, à aider les patients à retrouver sa mobilité et sa qualité de vie, elle peut parfois engendrer un stress mécanique au niveau du tendon du psoas.

 

En effet, une tension s’installe entre le tendon de ce muscle et de la cupule prothétique en son bord antérieur. Cela se produit surtout quand il y a un débord de celui-ci en avant et hors de la cotyle osseuse. Cela se rencontre notamment dans le cadre d’une prothèse non ou mal cimentée au niveau de l’acétabulum et d’une antéversion insuffisante.

 

douleur au psoas

 

Dû à cette irritation du tendon, l’organisme va compenser par un phénomène inflammatoire. On parle alors de tendinite du psoas.

 

Par ailleurs, d’autres causes peuvent être aussi à l’origine de l’inflammation, à savoir :

 

  • la surutilisation du psoas engendrée par la boiterie initiale post chirurgicale ;
  • les déséquilibres et faiblesses musculaires après la mise en place de la prothèse de la hanche : ils sont dus à un allongement ou raccourcissement du membre ;
  • la raideur des muscles de la hanche (principalement le fléchisseur et rotateur) en post chirurgical.

 

 

Que faire devant une tendinite du psoas causée par une prothèse de la hanche ?

 

Devant la suspicion d’une tendinite du psoas, il faut avant tout consulter un professionnel de santé. Avant de mettre en route le traitement, ce dernier va évaluer l’état du patient et effectuer un examen approfondi. Le but est de déterminer la gravité, l’étiologie exacte et d’éliminer les diagnostics différentiels.

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En général, le traitement de la tendinite du psoas suit la stratégie conventionnelle de la prise en charge des tendinites.

 

therapeute qui relache le muscle psoas de son patient

 

Essentiellement, on a le traitement médicamenteux et le traitement non médicamenteux.

 

  • Le traitement médicamenteux repose sur les anti-inflammatoires par voie orale, l’infiltration d’anti-inflammatoires au niveau de la région concernée (mésothérapie) et l’infiltration de corticoïdes (à utiliser à court terme si nécessaire, car fragilise les tendons). Ces médicaments ont pour but de soulager la douleur et de réduire l’inflammation tendineuse.
  • Le traitement non médicamenteux quant à lui passe par la kinésithérapie. Il a pour but de renforcer la force et la mobilité de la hanche, tout en respectant le protocole postopératoire.

 

Une reprise chirurgicale n’est envisagée qu’en dernier recours. Elle consiste à réviser la prothèse et à apporter le changement nécessaire. Comme inconvénient, elle va exposer le patient à des risques plus élevés de complications opératoires.

 

En outre, la ténotomie du psoas peut être aussi pratiquée. Il s’agit d’une intervention chirurgicale qui consiste à sectionner un tendon. Elle est plus avantageuse, car elle permet de traiter les tendinopathies du psoas, quelle que soit l’étiologie.

 

 

Références

 

https://public.larhumatologie.fr/rachis-colonne-vertebrale-fiche-anatomie

https://www.hug.ch/chirurgie-orthopedique-traumatologie-appareil/vivre-avec-prothèse-totale-hanche