Kyste lombaire : Définition et prise en charge

Kyste lombaire : Définition et prise en charge

Le rachis lombaire peut être le siège de pathologies multiples et variées pouvant être à l’origine de tableaux cliniques parfois similaires et trompeurs tels que le kyste lombaire.

 

De quoi s’agit-il exactement ? Quels sont ses types ? Quelles en sont les causes ? Comment le reconnaitre ? Et comment peut-on le traiter ?

 

Retrouvez toutes les réponses à ces questions dans ce présent article.

Qu’est-ce que le kyste lombaire ?

 

Le kyste se définit comme une cavité pathologique se situant dans un organe ou un tissu, limité par une paroi ou une membrane.

 

Il peut contenir une substance liquide tissulaire, céphalo-rachidienne ou sanguine et peut se subdiviser en plusieurs chambres ou n’en former qu’une seule.

 

Le kyste lombaire est une formation généralement liquidienne qui se développe au niveau du canal rachidien lombaire et pouvant comprimer les racines nerveuses. Il peut être unique ou se former au niveau de différents étages et être ainsi multiples.

 

 

Quels sont ses types ?

 

Les kystes touchant la colonne lombaire peuvent être subdivisés en deux catégories : les kystes synoviaux et les kystes de Tarlov.

 

Les kystes lombaires synoviaux où ganglions 

 

kyste lombaire synovial
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L’articulation postérieure unissant deux vertèbres lombaires est une articulation dite de type « synovial », ce qui signifie qu’elle est dotée d’une cavité articulaire et d’une paroi synoviale. Cette articulation est souvent le siège de remaniements dégénératifs tels que la sténose du canal rachidien, le spondylolisthésis où l’usure due à une arthrose.

 

Ces différents remaniements sont parfois à l’origine de petites formations liquidiennes, ce sont ces fameux kystes lombaires synoviaux para-articulaires aussi appelés ganglions.

 

L’étage L4-L5 du rachis lombaire étant le plus mobile, il est généralement le siège préférentiel de ces kystes.

 

Les kystes de Tarlov 

 

kyste tarlov
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Les kystes de Tarlov (KT), kystes péri-neuraux ou encore kystes péri-radiculaires, sont des kystes qui se forment généralement à la racine nerveuse.

 

Ils sont secondaires à une dilatation se remplissant de liquide céphalo-rachidien (LCR).

 

Ces kystes se localisent de manière générale dans la région lombo-sacrée, mais il arrive de les retrouver dans d’autres zones de la colonne vertébrale.

 

À LIRE :   Kyste de Tarlov : Tout savoir sur la prise en charge (grave ou pas ?)

 

 

Quelles en sont ses causes ?

 

Un kyste peut être congénital suite à une malformation au cours du développement embryonnaire ou se former en conséquence de maladies inflammatoires, dégénératives ou traumatiques touchant la colonne vertébrale.

 

La cause exacte de la formation de ces kystes rachidiens n’est pas encore connue. Néanmoins, des hypothèses scientifiques supposent que la dégénérescence articulaire à l’origine d’une inflammation pourrait provoquer une fracture au niveau de la capsule articulaire favorisant ainsi le développement de kystes rachidiens.

 

D’autres hypothèses concernant l’apparition des kystes lombaires sont également proposées notamment : une prédisposition génétique ou une élévation de la pression au niveau du liquide céphalo-rachidien.

 

 

Symptômes : Manifestation clinique

 

En règle générale, les kystes lombaires sont asymptomatiques.  Cependant, lorsque ces derniers compriment une racine nerveuse, ils deviennent l’équivalent d’une hernie discale.

 

Le premier symptôme rencontré est généralement la douleur : elle peut être localisée au niveau lombaire, abdominal, pelvien, péri-anal, vaginal ou testiculaire comme elle peut irradier selon le trajet de la racine nerveuse comprimée.

 

douleur dorsale
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Cette douleur peut apparaître au repos ou lors d’efforts plus ou moins importants.

 

Une faiblesse musculaire peut également être perçue ainsi qu’un engourdissement, des paresthésies, une diminution de la sensibilité voire une anesthésié.

 

Les troubles moteurs font également partie des manifestations cliniques rencontrées chez les patients présentant des kystes lombaires.

 

Enfin des troubles génito-sexuels, urinaires (dysurie ou incontinence urinaire), intestinaux et anorectaux (constipation ou au contraire incontinence) peuvent se rencontrer avec parfois, un syndrome de la queue de cheval.

 

troubles sphinctériens
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Il existe des situations pouvant être à l’origine de manifestations cliniques de kystes lombaires initialement asymptomatiques telles que : l’accouchement notamment lorsqu’une anesthésie péridurale est réalisée, un traumatisme au niveau lombaire ou un effort de soulèvement de charges lourdes.

 

 

Démarche diagnostique

 

Etant une entité mal connue, le kyste lombaire est encore peu diagnostiqué. Il est donc généralement de découverte fortuite.

 

Le diagnostic se fait généralement sur un faisceau d’arguments regroupant des arguments cliniques, les résultats d’examens radiologiques et autres examens complémentaires.

 

Diagnostic clinique 

 

Repose sur l’apparition de signes cliniques tels que :

 

  • La douleur lombaire et radiculaire (s’étendant le long du trajet de la racine nerveuse comprimée) ;
  • La faiblesse musculaire, les paresthésies et les troubles moteurs;
  • Les troubles sphinctériens anorectaux, sexuels et urinaires.

 

Diagnostic radiologique

 

irm
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Différents examens radiologiques peuvent être réalisés afin de mettre en évidence un kyste lombaire, notamment :

 

  • Une radiographie lombosacrée standard: elle ne met pas toujours en évidence le kyste en lui-même, mais plutôt les érosions et lésions articulaires à l’origine de ce dernier.
  • La tomodensitométrie lombaire (TDM): elle permet de diagnostiquer les kystes lombaires de façon indirecte ou directe.
  • L’imagerie par résonnance magnétique (IRM): elle représente l’examen radiologique de choix dans le diagnostic de kystes lombaire

 

tarlov
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Examens complémentaires

 

Des examens tels que l’électromyographie (EMG) et les potentiels évoqués somatosensoriels afin d’évaluer le retentissement des kystes lombaires sur le plan sensitivo-moteur.  Un myélogramme peut également être proposé dans le but d’analyser le liquide céphalo-rachidien.

 

 

Traitement et prise en charge

 

De manière générale, la prise en charge d’un kyste lombaire dépend du retentissement de ce dernier dans la vie quotidienne du patient ainsi que du choix du malade.

 

Il n’existe pas de consensus médical quant au traitement proposé dans la prise en charge des kystes lombaires. Ainsi plusieurs traitements peuvent être proposés aux malades. Ainsi :

 

  • Un traitement antalgique à base d’anti-inflammatoires non-stéroïdiens, des dérivés morphiniques ou encore de la physiothérapie peut être proposé en première intention.
  • Des infiltrations lombaires de cortisone sous scanner sont également parfois indiquées afin de réduire les douleurs.
  • Une aspiration du kyste ou l’injection d’une colle biologique scanno-guidées sont aussi proposées dans certaines situations afin de réduire la compression occasionnée par le kyste sur une racine nerveuse.
  • Enfin, le traitement de référence afin résoudre définitivement le problème reste la microchirurgie. Elle permet de réduire considérablement les douleurs et autres symptômes voire une guérison complète dans certaines situations.

 

chirurgie
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Différentes chirurgies peuvent être réalisées, telles que:

 

  • L’ablation partielle ou totale du kyste, lorsque la paroi de ce dernier est dépourvue de cellules nerveuses ;
  • La laminectomie qui est le fait de retirer une partie de la vertèbre nommée lame vertébrale afin de décompresser la racine nerveuse ;
  • La fenestration microchirurgicale du kyste afin de le fermer ;
  • Et enfin, l’imbrication kystique, qui est le fait de combler le kyste avec de la graisse appartenant au même patient.

 

 

Conclusion 

 

Malgré les progrès apportés par l’imagerie par résonance magnétique dans le diagnostique des kystes lombaires, ces derniers restent encore trop souvent sous diagnostiqués, ce qui est à l’origine d’une errance et de retards diagnostiques

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