Syndrome de Lacomme : Mal relié à la grossesse

Syndrome de Lacomme : Mal relié à la grossesse

Parmi les « petits troubles » de la grossesse, on compte les douleurs du bassin et de la ceinture pelvienne. Elles décrivent souvent le syndrome de Lacomme qui survient généralement au cours des derniers mois de la grossesse. Sans danger pour la mère et son enfant, ces symptômes gênants peuvent motiver la consultation chez un gynécologue. Dans cet article, on fait le point sur le syndrome de Lacomme : définition, causes, symptômes et traitements.

Définition du syndrome de Lacomme

 

Le syndrome de Lacomme est également appelé syndrome ostéomusculo articulaire abdomino-pelvien bénin ou instabilité de la symphyse pubienne. Il survient chez la femme enceinte et est responsable de douleurs ligamentaires au niveau du pubis et du bassin.

 

C’est le professeur Maurice Lacomme qui a donné la première description de la pathologie en 1982. Celle-ci correspond à un étirement des articulations sacro-iliaques engendrant de la douleur. Elle se produit sous l’influence de l’augmentation de la croissance du bébé et la hausse de la sécrétion des hormones de grossesse.

 

Le syndrome de Lacomme apparaît souvent pendant le dernier trimestre de la grossesse et se manifeste par des douleurs plus ou moins intenses au niveau du bassin. Ces dernières se concentrent souvent au niveau de la symphyse pubienne (articulation qui verrouille le bassin dans la région pubienne), mais aussi dans l’ensemble du bassin, voire dans les plis de l’aine et les cuisses.

 

 

Quelles sont les causes ?

 

En vérité, le syndrome de Lacomme est généralement lié aux transformations physiques et hormonales qui se produisent au cours de la grossesse.

 

Lorsque le bébé grandit dans le ventre de la maman, son poids exerce de plus en plus de pression sur le bassin. De plus, étant donné que le centre de gravité de la femme enceinte vient à se positionner vers l’avant, la veine cave peut se retrouver comprimée lors de certaines positions prolongées, ce qui pourrait aussi déclencher des douleurs pelviennes.

 

En ce qui concerne les changements hormonaux, il faut savoir que la relaxatine et la progestérone contribuent également à l’apparition du syndrome de Lacomme. Leur rôle étant de faciliter le passage du bébé dans le bassin, ces hormones assouplissent les ligaments ce qui rend les articulations pelviennes plus mobiles. En conséquence, les os pubiens ont tendance à trop s’étirer lors de certains mouvements comme la marche. C’est ce qui pourrait être également à l’origine des douleurs.

 

Par ailleurs, en dehors de ces modifications physiques et hormonales, d’autres facteurs peuvent également favoriser la survenue du syndrome de Lacomme. Il peut s’agir d’une carence en minéraux essentiels comme le calcium ou le magnésium.

 

Notez que si à tout moment vous avez déjà subi une blessure au sacrum ou au pubis, le syndrome de Lacomme peut apparaître plus tôt que prévu.

 

 

Les symptômes du Syndrome de Lacomme

 

Le syndrome de Lacomme résulte de la distension des articulations sacro-iliaques et de la symphyse pubienne pendant la grossesse, surtout au cours des derniers mois.

 

Quand il se manifeste, la patiente se plaint souvent d’une douleur abdominale basse typique avec une sensation de lourdeur pelvienne et d’oppression dans la région de l’aine. Les symptômes peuvent aussi s’associer à des douleurs lombo-sacrées et fessières sans véritable sciatique.

 

Ce syndrome se manifeste également par une douleur pelvienne irradiant vers la fosse iliaque et parfois aussi vers le périnée. Son évolution est fluctuante jusqu’à l’accouchement.

 

D’autres symptômes peuvent être présents.

 

  • Sensation de lourdeur dans le bas-ventre.
  • Sensation de lourdeur et d’oppression dans la fosse iliaque.
  • Sensation douloureuse de tiraillement et de traction dans les plis de l’aine.
  • Difficulté à marcher, à s’allonger ou à se retourner dans le lit.
  • Douleurs lombo-sacrées et fessières parfois confondues avec une sciatique ou une hernie discale ou un rétrécissement du canal rachidien (canal lombaire étroit).
  • Palpation douloureuse à la face postérieure du pubis, latéralement à la symphyse et à la face quadrilatérale de l’os iliaque.
  • Douleur lorsque le releveur de l’anus est stressé.

 

 

Diagnostic 

 

Les derniers mois de grossesse sont pleins d’espoir, mais aussi d’inquiétudes et de stress. La future maman a souvent l’impression que l’accouchement est proche. Elle ressent de violentes douleurs qui l’empêchent parfois de marcher et de bouger. La douleur est augmentée par les mouvements et les changements de position. Toutes ces manifestations impliquent l’importance d’un diagnostic du syndrome de Lacomme.

 

Un examen clinique permet de localiser les régions douloureuses et ainsi confirmer le syndrome de Lacomme. Il faut savoir que la maladie peut parfois se confondre avec d’autres pathologies telles que l’appendicite, la colique néphrétique, le lumbago, la sciatique, la sacroléite, la spondylarthrite ankylosante, etc.

 

Il peut même donner le sentiment d’un travail prématuré ou d’un avortement tardif. L’auscultation par un médecin permet donc de faire une bonne exploration pour écarter cette situation.

 

 

Quels sont les traitements de ce syndrome chez la femme enceinte ?

 

Le syndrome de Lacomme est bénin malgré la douleur, parfois si intense, qu’il provoque. L’ensemble de ces symptômes provoque rarement un handicap fonctionnel important chez la femme enceinte. Mais quand c’est le cas, elle peut être amenée à se déplacer en fauteuil roulant ou avec des béquilles.

 

Le syndrome de Lacomme même douloureux, n’est pas proprement dite une maladie, mais un état physiologique lié à la grossesse. Ainsi, il n’existe pas de traitement médicamenteux spécifique. Le médecin traitant peut néanmoins prescrire la prise d’antalgiques à la future maman pour soulager les douleurs pelviennes. Il peut prescrire de l’aspirine ou du paracétamol (en fonction de la condition médicale de la mère, et du risque potentiel relié à la grossesse).

 

Certaines équipes obstétricales préconisent un apport de magnésium et du complexe vitaminique B.

 

D’autres moyens permettant de soulager la douleur sont également recommandables :

 

  • port d’une ceinture de grossesse permettant de diminuer la sensation de pesanteur et atténuer les douleurs ;
  • utilisation d’une bouillotte à appliquer sur la région douloureuse ;
  • faibles exercices en position assise sur un ballon ;
  • ajustement des rapports sexuels…

 

Il est aussi possible de recourir à la kinésithérapie (physiothérapie) et l’ostéopathie pour soulager les maux de grossesse. les objectifs seront de :

 

  • normaliser le bassin et la région thoracique ;
  • réduire l’inflammation de la partie antérieure des côtes si elle existe ;
  • normaliser les muscles hypertoniques et les exercices de contrôle moteur lombo-pelvien.

 

Des kinésithérapeutes spécialisés en obstétrique et gynécologie peuvent évaluer votre cas et le traiter de la meilleure façon possible. Dans ce type de pathologie, un programme d’exercices est recommandé pour améliorer la posture et donner une plus grande stabilité à la ceinture pelvienne. On retrouve couramment :

 

  • le Pilates pour les femmes enceintes ;
  • le Contrôle Postural ;
  • la Natation Thérapeutique pour les femmes enceintes ;
  • le Personal Training.

 

 

Comment prévenir le syndrome de Lacomme ?

 

Les douleurs ligamentaires tendent à se calmer avec du repos. Pour prévenir le syndrome de Lacomme et atténuer les douleurs, la future maman doit éviter les grands efforts.

 

Pour cela :

 

  • évitez les mouvements brusques surtout lors des changements de position ;
  • évitez les marches trop longues, car elles peuvent aggraver les symptômes et le processus de distension ligamentaire.

 

Le syndrome de Lacomme est une pathologie qui touche les femmes enceintes notamment au cours du dernier mois de grossesse. Totalement bénin, il ne présente aucun risque ni pour la maman ni pour le bébé. Les symptômes du syndrome ne sont pas des contractions, alors ne vous inquiétez pas. Toutefois, pour obtenir un diagnostic fiable, il reste impératif de consulter un médecin dès la moindre sensation anormale tout au long de la période de grossesse. C’est d’ailleurs un des principaux réflexes que les femmes enceintes doivent avoir.

 

 

Sources

 

https://www.femmeactuelle.fr/enfant/grossesse/syndrome-de-lacomme-quelles-sont-les-causes-de-cette-maladie-chez-la-femme-enceinte-2102855

https://www.passeportsante.net/famille/grossesse?doc=syndrome-lacomme-causes-consequences