Protrusion acétabulaire : soigner ce trouble de la hanche

Protrusion acétabulaire : soigner ce trouble de la hanche

Une protrusion désigne un mouvement vers l’avant ou une position avancée d’un organe. Différents organes dans diverses régions du corps peuvent être sujets à ce problème. C’est le cas du globe oculaire, du cerveau, de la langue, des disques intervertébraux ou de l’acétabulum. Dans cet article, nous allons nous focaliser sur la protrusion de l’acétabulum.

 

Qu’est-ce qu’une protrusion acétabulaire ? À quoi est-ce dû ? Quels sont ses signes ? Comment établir son diagnostic ? Comment le traiter ? Les réponses, ci-après.

Qu’est-ce qu’une protrusion acétabulaire ?

 

Afin de mieux comprendre ce qu’est une protrusion acétabulaire, il convient de faire un petit rappel sur l’anatomie de l’acétabulum.

 

anatomie de la hanche

 

Également appelé « cotyle », l’acétabulum correspond à la cavité articulaire de l’os coxal du bassin ou de l’os iliaque (aile du bassin). Cette cavité accueille la tête du fémur et forme avec celle-ci l’articulation de la hanche. Doté d’une forme arrondie, le cotyle donne au mouvement du fémur une grande amplitude.

 

L’acétabulum est formé plus précisément de 3 structures osseuses.

 

  • Sur sa partie postérieure, il y a l’ischium ou l’os coxal. On en distingue deux types : l’os coxal situé sur la gauche et l’os coxal situé sur la droite. Avec le coccyx et le sacrum, ces deux os forment la ceinture pelvienne ou le bassin.
  • Sur sa partie supérieure, on retrouve l’ilium ou l’ilion. Il s’agit de la partie de la hanche qui fait saillie.
  • Sur sa partie antérieure, il y a le pubis qui est formé de deux os, dont un os large et un os plat qui constituent le bassin.

 

Ainsi, la protrusion acétabulaire renvoie à une saillie anormale de la surface articulaire de l’os iliaque. On peut aussi la désigner par d’autres appellations : « maladie d’Otto », « bassin d’Otto » ou « bassin de Chrobak ».

 

Plus précisément, la maladie d’Otto correspond à une malformation de la hanche. Il s’agit d’une anomalie structurelle qui associe une diminution des amplitudes articulaires ainsi qu’une hanche trop profonde. Cette malformation se nomme « dysplasie interne ».

 

En cas de présence d’une dysplasie interne, en plus de la hanche, on remarque également un acétabulum beaucoup plus profond que la normale.

 

Pour tout savoir sur la dysplasie de hanche chez le bébé, consultez l’article suivant.

Pour tout savoir sur la dysplasie de hanche chez l’adulte, consultez l’article suivant.

 

 

Les causes d’une protrusion acétabulaire

 

La protrusion acétabulaire se caractérise par un enfoncement du fond du cotyle. Jusqu’à l’heure actuelle, la cause exacte de cette dysplasie interne reste inconnue. Mais la lésion pourrait être liée à une dégénérescence de l’articulation associée à une arthrose (coxarthrose). Ce type de lésion touche principalement les femmes.

 

Une coxarthrose désigne une arthrose de l’articulation coxo-fémorale ou de la hanche. Le bassin de Chrobak figure parmi les mécanismes pathologiques de ce type d’arthrose. Dans 5 à 8 % des cas de coxarthrose, celui-ci se retrouve impliqué avec une grande prévalence chez les femmes et généralement avec une atteinte bilatérale.

 

Une coxarthrose secondaire à un bassin d’Otto peut être caractérisée de la manière suivante.

 

  • C’est une arthrose à évolution habituellement lente.
  • C’est une affection qui réduit la mobilité de la hanche et génère de la douleur faible au début de l’apparition de la maladie.
  • C’est une malformation articulaire dans le cadre de laquelle la douleur peut augmenter en intensité au fur et à mesure que l’arthrose évolue.

 

 

Les symptômes d’une protrusion acétabulaire

 

Au début de la malformation articulaire, la maladie d’Otto n’est pas douloureuse. C’est lors de la dégradation du cartilage articulaire, qui tend à évoluer vers une arthrose, que la douleur apparaît.

 

Le patient peut ressentir des douleurs mécaniques. Celles-ci s’installent de manière progressive au niveau de l’aine ou de la fesse. Ce qui a pour conséquence une limitation des activités de la hanche ainsi que des mouvements d’abduction des membres inférieurs (le fait de les écarter).

 

On soupçonne qu’un bassin de Chrobak peut être à l’origine d’une dystocie. Celle-ci correspond à difficulté lors de l’accouchement. En cas d’anomalie structurelle de l’acétabulum, le bassin est rétréci.

 

 

Le diagnostic d’une protrusion acétabulaire

 

Lors de l’auscultation du patient dans le cadre du bassin d’Otto, le médecin évalue la douleur et observe la diminution de ses mobilités articulaires.

 

La radiographie du bassin est l’examen de référence d’une dysplasie interne. Mais parfois, il est difficile d’identifier l’arthrose. Comme celle-ci peut être localisée d’une manière inhabituelle, elle peut passer inaperçue, ce qui se produit généralement.

 

dysplasie de hanche chez l'adulte
Source

 

S’il y a un doute sur le diagnostic, le médecin effectue un test d’infiltration réalisé sous contrôle radiologique. Ce test permet de confirmer la souffrance articulaire.

 

 

Le traitement d’une protrusion acétabulaire

 

Le traitement d’une protrusion acétabulaire ne se base pas sur de la chirurgie. Une intervention chirurgicale ne peut pas réparer la malformation articulaire. Il est tout même possible de la prendre en charge afin de soulager ses symptômes.

 

Les traitements anti-arthrosiques

 

Les traitements anti-arthrosiques peuvent être proposés pour la prise en charge d’une dysplasie interne. Ceux-ci ont pour effet de retarder l’évolution de la coxarthrose afin de minimiser la dégradation de l’articulation.

 

D’autres types de médicaments peuvent être prescrits pour apaiser la douleur :

 

  • des antalgiques tels que du paracétamol : les médecins les recommandent en première intention, car il présente un bon rapport efficacité/risque ;
  • des anti-inflammatoires de palier 1 comme de l’ibuprofène ou des coxibs : ils sont prescrits uniquement si le paracétamol se révèle insuffisant ou inefficace contre la douleur.

 

L’implantation d’une prothèse

 

Lorsque l’évolution de l’arthrose est trop avancée, la prise en charge consiste en une implantation d’une prothèse totale de la hanche. Cette implantation a pour but de latéraliser la hanche protruse.

 

Ce type de prise en charge peut nécessiter l’utilisation d’une greffe osseuse complémentaire. Si tel est le cas, la grosse osseuse doit être posée préalablement pour réduire au maximum la profondeur de la hanche.

 

Pour tout savoir sur la prothèse totale de hanche, consultez l’article suivant.

 

Le port d’orthèses plantaires

 

Les orthèses plantaires assurent le maintien d’un bon alignement des membres inférieurs. Ils contribuent également à l’amélioration de la stabilité lors de la marche. Pour éviter divers problèmes au niveau de la hanche et garantir un meilleur équilibre du bassin, une élévation du talon peut s’avérer utile en cas d’inégalité significative des jambes.

 

 

Références

 

https://equilibre.net/syndromes/protrusion-acetabulaire#les-causes-symptomes

https://www.vulgaris-medical.com/encyclopedie-medicale/bassin-de-chrobak/symptomes