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Sténose spinale et queue de cheval : Quel lien ?

Dans de très rares cas, il arrive que la sténose spinale (canal lombaire étroit) se complique d’un syndrome neurologique appelé « syndrome de la queue de cheval ».

 

Il s’agit d’une urgence grave qui, en cas de retard diagnostic et malgré une prise en charge optimale, peut entrainer des séquelles irréversibles susceptibles de compromettre le pronostic fonctionnel de son porteur.

 

Quel lien de causalité entre la sténose spinale et la queue de cheval ? Quels sont les symptômes de ce syndrome ? En quoi consiste sa prise en charge thérapeutique ? Réponses dans ce présent article.

Un peu d’anatomie

 

La colonne vertébrale, également appelé « rachis », est une continuité de 33 vertèbres empilées les unes sur les autres.

 

Le rachis présente un canal dit « canal rachidien » qui renferme en son centre la moelle épinière et ses racines nerveuses. Ces dernières quittent la colonne vertébrale à travers des orifices (foramen) pour assurer le contrôle nerveux des membres supérieurs et inférieurs.

 

rachis et queue de cheval
Source

 

La moelle épinière prend fin au niveau du rachis lombaire, en regard de la 2éme vertèbre (L2) pour donner naissance à un ensemble de racines nerveuses dont la forme ressemble à une queue de cheval d’où leur appellation « queue de cheval ».

 

Grace à ses 10 paires de racines nerveuses, la queue de cheval assure l’innervation des muscles des membres inférieurs ainsi que des organes situés dans le bassin (vessie, intestins et organes génitaux).

 

Il arrive que la moelle épinière se comprime suite à un rétrécissement du canal lombaire. Lorsque cette compression concerne la queue de cheval, ceci va induire le fameux syndrome de la queue de cheval.

 

 

Sténose spinale : qu’est-ce que c’est ?  

 

La sténose spinale ou canal lombaire étroit, est une entité pathologique caractérisée par un rétrécissement du canal rachidien (réduction de son diamètre) au niveau lombaire. Elle a pour conséquence potentielle une compression de la moelle épinière ainsi que de ses racines nerveuses.

 

canal lombaire étroit
Source

 

Dans la littérature, la sténose concerne le plus souvent les colonnes cervicales et lombaires décrivant respectivement la sténose spinale cervicale et la sténose spinale lombaire.

À LIRE :   Sténose spinale et cancer : Quel lien ?

 

Dans des cas rares, la sténose lombaire entraine une compression des racines de la queue de cheval provoquant ainsi des symptômes graves survenant dans un contexte d’urgence. Il s’agit du syndrome de la queue de cheval !

 

 

Qu’est-ce que le syndrome de la queue de cheval ?

 

Le syndrome de la queue de cheval est une urgence neurochirurgicale dans laquelle il y a compression des racines de la queue de cheval sans souffrance médullaire. C’est-à-dire, la moelle épinière est intacte jusque-là où commence la queue de cheval (à partir de L2).

 

La compression de la queue de cheval est responsable d’un syndrome neurogène périphérique se manifestant par des signes localisés au périnée et aux deux membres inférieurs.

 

Le tableau clinique est caractérisé par la prédominance des signes génito-sphinctériens qui sont d’apparition précoce.

 

 

Lien avec la sténose spinale 

 

D’un point de vue physiopathologique, le syndrome de la queue de cheval est le plus souvent causé par une hernie discale.

 

En règle générale, la hernie discale est responsable d’une compression de la moelle épinière. Toutefois, il arrive que la hernie provoque l’expulsion d’un fragment du disque intervertébral vers la zone de la queue de cheval provoquant ainsi sa compression. C’est souvent le cas des hernies discales distales (lombosacrées).

 

https://commons.wikimedia.org/wiki/File:Herniated_Disc.png
Source

 

La sténose spinale est également une des causes du syndrome de la queue de cheval.

 

Comme mentionné précédemment, le mécanisme lésionnel est typiquement un rétrécissement du canal rachidien qui, lorsqu’il survient au niveau lombaire (sténose spinale lombaire), induit une compression des racines de la queue de cheval responsable du syndrome tenant la même appellation.

 

Ce cas de figure constitue en neurochirurgie, une urgence extrême qui nécessite une prise en charge précoce. Généralement, une décompression chirurgicale doit être réalisée dans les 24 à 48 heures suivant l’apparition des symptômes.

 

 

Autres causes du syndrome de la queue de cheval 

 

Diverses autres pathologies peuvent également causer un syndrome de la queue de cheval, notamment :

 

  • Spondylodiscite et ostéomyélite
  • Tumeurs volumineuses exerçant une pression sur les nerfs de la queue de cheval
  • Spina bifida: malformation congénitale de la moelle épinière (chez l’enfant)
  • Atteinte des méninges enveloppant la moelle épinière : infection (arachnoïdite), kyste, abcès épidural, etc.
  • Cause iatrogène: liée à une complication post-opératoire d’une intervention chirurgicale de la colonne vertébrale
  • Cause traumatique (chute, blessure, accident) causant des fractures vertébrales
À LIRE :   Sténose lombaire et marche : Conseillé ou à éviter ?

 

 

Quels sont ses symptômes ?

 

La présentation clinique du syndrome de la queue de cheval est faite essentiellement de :

 

Douleurs 

 

sciatique
Source

 

Il peut s’agir de lombalgies (douleurs lombaires), de sciatalgies (douleurs de sciatique) ou de cruralgies (névralgies crurales) ressenties le long des membres inférieurs et du bassin.

 

Déficits sensitivo-moteurs 

 

La queue de cheval étant responsable de la sensibilité et de la motricité des membres inférieurs, sa compression entraine des troubles sensitifs à type de picotements, d’engourdissement ou fourmillements.

 

Quant aux troubles moteurs, la compression peut se traduire par une difficulté ou incapacité à marcher, comme elle peut aboutir à une paralyse totale ou partielle des membres inférieurs.

 

Troubles génito-sphinctériens

 

Outre les troubles d’ordre neurologique, le syndrome de la queue de cheval se caractérise par un dysfonctionnement de l’appareil urogénital se traduisant principalement par :

 

  • Troubles urinaires tels qu’une incontinence urinaire ou des mictions impérieuses
  • Troubles anorectaux : pouvant aller d’une constipation à une incontinence fécale
  • Perturbations sexuelles, notamment une baisse de la libido et troubles érectiles.

 

troubles sphinctériens
Source

Est-ce grave ? (Que faire ?)

 

Le pronostic dépend du type d’atteinte ainsi que de la précocité sa prise en charge.

 

S’il s’agit d’une sténose spinale isolée (sans complications), généralement un traitement conservateur ou éventuellement une chirurgie de décompression permet une évolution favorable sans séquelles.

 

Cependant, lorsque la sténose se complique d’un syndrome de la queue de cheval, il s’agit là d’une urgence extrême dont les conséquences sont malheureusement irréversibles malgré une intervention précoce et rapide.

 

À ce stade, la prise en charge repose essentiellement sur l’intervention chirurgicale ayant pour but principal de minimiser les séquelles irréversibles (troubles moteurs et sphinctériens).

 

L’intervention chirurgicale doit se faire immédiatement, et le temps écoulé entre l’installation des symptômes et l’intervention ne doit pas dépasser 24 à 48 heures.

 

chirurgie
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Sur le plan technique, l’acte chirurgical consiste à soulager la pression élevée exercée sur les racines de la queue de cheval (chirurgie de décompression). Pour ce faire, l’équipe chirurgicale procède à une exérèse chirurgicale du disque s’il s’agit d’une hernie discale, ou à une laminectomie (ablation des lames vertébrales) dans le cas d’une sténose spinale.

 

 Traitement médicamenteux

 

Dans le cadre de la prise en charge du syndrome de la queue de cheval, une médication doit être instaurée en complément de la chirurgie afin de soulager le patient et améliorer son pronostic.

À LIRE :   Syndrome de la queue de cheval et rétention urinaire : Quel lien ?

 

médicaments
Source

 

Les médicaments prescrits sont :

 

  • Des antalgiques ou anti-inflammatoires pour cibler les douleurs post-opératoires
  • Des corticoïdes injectables lors de l’hospitalisation visant à réduire l’inflammation
  • Des antibiotiques lorsqu’il s’agit d’une cause infectieuse, ou à titre préventif en post-opératoire
  • Une sonde urinaire ou cathéter pour contrôler l’incontinence urinaire.

 

La rééducation fonctionnelle

 

exercices contre le mal de dos
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La rééducation a aussi sa place dans la prise en charge de cette affection. Son indication repose essentiellement sur l’amélioration du pronostic fonctionnel du patient. Ainsi, elle va contrôler les séquelles liées au syndrome de la queue de cheval ou à son intervention chirurgicale.

 

Les kinésithérapeutes (physiothérapeutes) optent pour des modalités thérapeutiques naturelles (massages, exercices, etc.) visant à soulager les douleurs, contrôler l’équilibre et renforcer les muscles des membres inférieurs.

 

 

Conclusion

 

Le syndrome de la queue de cheval est une urgence grave dont le pronostic dépend de la précocité du diagnostic et de la rapidité de sa prise en charge.

 

Malgré la chirurgie, les séquelles déjà installées peuvent persister définitivement et affecter la qualité de vie du malade. Il est donc primordial de consulter rapidement un médecin dés l’apparition d’un des symptômes mentionnés dans cet article.

 

Il faut retenir, que plutôt vous agissez, meilleur sera le pronostic et moins lourdes seront les séquelles.

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