Bloc plexique : Procédure et résultats (effets secondaires)

Bloc plexique : Procédure et résultats (effets secondaires)

Article revu et approuvé par Dr. Ibtissama Boukas, médecin spécialisée en médecine de famille

Avant une intervention chirurgicale ou un examen invasif, les médecins utilisent généralement de l’anesthésie. Elle permet de réduire la douleur et d’agir sur la conscience si besoin. Elle est notamment indiquée lors d’une importante opération. L’anesthésie peut agir sur un membre, une région du corps ou sur l’ensemble de l’organisme. Dans le cadre d’un bloc plexique, il s’agit d’anesthésier la partie à opérer sans causer une perte de conscience. Dans cet article, on fait le point sur le sujet.

Qu’est-ce que le bloc plexique ?

 

Pour comprendre ce qu’est un bloc plexique, vous devez d’abord connaître la différence entre les techniques suivantes.

 

Anesthésie générale et anesthésie locorégionale

 

L’anesthésie générale engendre à la fois une perte de sensibilité, de conscience et de mémoire. Entre autres, elle vise un sommeil artificiel. Pour cela, on vous administre des médicaments, soit par voie intraveineuse soit par voie inhalatoire (à l’aide d’un gaz anesthésiant).

 

En revanche, l’anesthésie locorégionale entraîne seulement une perte de sensibilité. On l’emploie pour insensibiliser une zone précise de votre organisme. À cet effet, on vous injecte des anesthésiques locaux autour du tissu nerveux concerné. Comme elle bloque la conduction nerveuse à ce niveau, on la qualifie de « bloc ».

 

Blocs centraux et blocs périphériques

 

L’anesthésie locorégionale peut s’appliquer à différents niveaux.

 

On parle de « blocs centraux » lorsque l’injection est réalisée au niveau de la colonne vertébrale. Ils regroupent la rachianesthésie (anesthésie rachidienne) et le blocage épidural (infiltration de la zone entourant la dure-mère).

 

Par contre, on parle de « blocs périphériques » lorsque l’injection vise un seul nerf ou un réseau de nerfs. Ils regroupent le bloc tronculaire et le bloc plexique.

 

Bloc tronculaire et bloc plexique

 

Le bloc tronculaire désigne une infiltration d’un nerf (tronc nerveux) qui anesthésie le territoire correspondant.

 

En revanche, le bloc plexique traduit une infiltration d’un ensemble de nerfs (plexus) qui insensibilise une région entière.

 

Si la première technique anesthésie par exemple le bord interne de la main, la seconde technique anesthésie tout le membre supérieur.

 

De ce fait, le bloc plexique est une catégorie d’anesthésie locorégionale. C’est un bloc périphérique qui sert à infiltrer un plexus pour insensibiliser une région entière du corps.

 

Quels sont les types de bloc plexique ?

 

On distingue différents types de bloc plexique.

 

Les blocs du cou

 

Parmi les blocs du cou fréquemment pratiqués, on retrouve le bloc du plexus cervical. Il permet d’anesthésier toute la région du cou. Il est très utile en cas de chirurgie de la carotide.

 

Les blocs de la paroi abdominale

 

Les blocs de la paroi abdominale accompagnent toujours les traitements antidouleurs (analgésiques). Ils aident ces derniers à réduire au maximum la douleur postopératoire. Ils peuvent s’associer à une anesthésie générale ou une rachianesthésie. C’est souvent le cas des petites interventions du bas de l’abdomen ou des interventions pour une hernie.

 

Les blocs du membre supérieur

 

Différents blocs peuvent être réalisés en fonction de la partie du membre supérieur concernée.

 

Bloc interscalénique

 

Le bloc interscalénique consiste à bloquer le plexus brachial qui est responsable de l’innervation de tout le membre supérieur. L’injection se fait entre les muscles scalènes antérieur et moyen. C’est de cela que vient la dénomination « interscalénique ». Au besoin, l’utilisation d’un cathéter peut se révéler utile pour prolonger les effets analgésiques durant plusieurs jours.

 

Bloc axillaire

 

Le bloc axillaire sert à anesthésier les nerfs du membre supérieur se situant au niveau du creux de l’aisselle. Il peut nécessiter la mise en place d’un cathéter.

 

Blocs sus et sous-claviculaires

 

Les blocs sus et sous-claviculaires sont adéquats pour les chirurgies du bras ou du coude qui ne peuvent pas s’effectuer sous bloc axillaire. L’injection se fait au-dessus ou en dessous de la clavicule.

 

Les blocs du membre inférieur

 

Comme les blocs du membre supérieur, il existe également différents blocs du membre inférieur.

 

Bloc fémoral

 

Le bloc fémoral permet d’insensibiliser le nerf fémoral (également appelé nerf crural) qui se trouve au pli de l’aine. Il peut être prescrit dans le traitement des fractures ou servir en tant qu’antidouleur postopératoire.

 

Bloc sciatique

 

Le bloc sciatique consiste à endormir le nerf sciatique qui est responsable de la sensibilité des jambes et des pieds. L’injection peut se faire au niveau de la fesse. Ce type d’injection est souvent lié à un bloc fémoral. Elle peut aussi se faire au-dessus du genou : au niveau du creux du genou (poplité), sur le côté externe ou sur sa partie arrière. Un cathéter peut être mis en place pour un bloc sciatique.

 

 

Quelles sont les indications et les contre-indications du bloc plexique ?

 

Le bloc plexique est indiqué dans la chirurgie ou l’analgésie postopératoire de ces régions :

 

  • cou ;
  • paroi abdominale ;
  • épaule ;
  • bras ;
  • main ;
  • avant-bras ;
  • hanche ;
  • genou ;
  • tibia ;

 

Cette anesthésie locorégionale est habituellement contre-indiquée en cas de pneumothorax (épanchement de gaz dans la plèvre), d’insuffisance respiratoire ou de blocs latéraux. Dans ces cas-là, votre médecin prescrira une anesthésie générale.

 

 

Quelle est la procédure du bloc plexique ?

 

Avant de procéder à l’injection, il faut repérer les nerfs à bloquer.

 

Repérage des nerfs

 

Pour repérer les structures nerveuses concernées, on utilise des neurostimulateurs. Ils permettent à la fois d’assurer le succès de l’injection.

 

Dans la même optique, on peut aussi utiliser une sonde d’échographie. C’est une technique indolore qui est de plus en plus appréciée par les patients.

 

Choix d’un anesthésique local

 

Différents produits peuvent être injectés dans le cadre du bloc plexique. Parmi les plus puissants, il y a la ropivacaïne et la bupivacaïne.

 

  • La ropivacaïne agit en 10 minutes avec un effet de 4 à 6 heures. Les posologies maximales prescrites sont de 225 à 300 mg.
  • La bupivacaïne agit en 15 à 20 minutes et ses effets durent entre 6 et 8 heures. Pour cela, il faudra une dose de 150 mg SA ou 200 mg AA.

 

Au besoin, on peut utiliser de la xylocaïne ou de la mépivacaïne.

 

La majorité des blocs plexiques se réalisent en ambulatoire. Après l’opération, vous devez prendre les antalgiques prescrits par votre médecin pour ne pas réveiller la douleur.

 

 

Quels sont les effets secondaires et les risques du bloc plexique ?

 

Le bloc plexique peut exposer à divers risques minimes ou graves.

 

  • Ce type d’anesthésie locorégionale présente un risque d’hématome sur le point de ponction. Ce risque augmente davantage quand on administre l’anesthésie au niveau du creux de l’aisselle. C’est aussi le cas si vous suivez un traitement anticoagulant (qui fluidifie le sang). La présence d’un hématome ne doit pas vous alarmer, car en général, celui-ci disparaît rapidement et ne laisse aucune séquelle.
  • Un bloc plexique réalisé au niveau de l’épaule peut engendrer une sensation de gêne oculaire. Celle-ci peut s’accompagner d’une chute de la paupière ainsi que d’une sensation de gêne respiratoire. Ce type d’effet secondaire reste cependant rare et passager. Il ne dure que quelques heures.

 

  • En ce qui concerne les blocs du membre inférieur, ils peuvent causer des troubles neurologiques. Ce sont souvent des troubles minimes qui se produisent dans 0,4 % des cas. S’ils apparaissent souvent 72 h après la réalisation de l’anesthésie, ils disparaissent en moins d’un mois. Dans la plupart des cas, ces lésions neurologiques sont passagères et régressives.
  • Lors de l’injection et le passage des produits anesthésiques dans le sang, des complications plus graves peuvent survenir. Elles se produisent notamment en cas de surdosage de l’anesthésique local. Un surdosage expose à plus de risques d’intoxication systémique cérébrale (céphalées, acouphènes, phosphènes…) et cardiaque (troubles du rythme, hypotension artérielle, diminution du débit cardiaque…). Soit les signes cérébraux précédent les signes cardiaques, soit les deux signes se manifestent en même temps.

 

 

Sources

 

https://www.i-alr.com/les-blocs-plexiques-et-tronculaires/

https://www.chuv.ch/fr/anesthesiologie/alg-home/patients-et-familles/types-danesthesie