Bloc facettaire : Quand envisager cette infiltration ?

Bloc facettaire : Quand envisager cette infiltration ?

Article revu et approuvé par Dr. Ibtissama Boukas, médecin spécialisée en médecine de famille

Le bloc facettaire est une procédure au cours de laquelle un médecin utilise généralement l’imagerie médicale pour injecter un médicament au niveau d’une articulation facettaire dans de but de soulager la douleur.

 

Cet article explique ce qu’est un bloc facettaire, et discute des indications et procédures reliées à cette intervention.

 

Définition

 

Un bloc facettaire est une infiltratin où le médecin injecte une petite quantité d’anesthésique local et/ou de médicament (généralement, cortisone et xylocaïne) au niveau de la facette articulaire dans le but de soulager la douleur. La fluoroscopie, une forme de radiographie en temps réel, ou encore un scanner, est utilisé pour guider le placement de l’aiguille dans l’articulation facettaire.

 

Bien qu’ils soient également réalisés au niveau cervical ou thoracique, c’est dans la région lombaire et lombo-sacrée que le bloc facettaire est le plus utilisé.

 

Anatomie

 

Les articulations facettaires encore appelées articulations interapophysaires postérieures (“facet joints” en anglais), sont les articulations qui relient les arcs vertébraux. Ce sont des articulations de type synovial (les mouvements articulaires sont donc facilités par la présence d’un liquide visqueux appelé synovie).

 

Ces articulations ont une surface plate. Elles unissent les processus osseux inférieurs (gauche et droit) d’une vertèbre (niveau n) aux processus osseux supérieurs (gauche et droit) de la vertèbre qui la suit directement en bas (niveau n+1).

 

Les surfaces articulaires de ces articulations sont cartilagineuses. Le cartilage articulaire étant une structure anatomique qui tapisse les extrémités osseuses des articulations, leur permettant de glisser les unes sur les autres.

 

Les articulations facettaires présentent des inclinaisons qui varient selon les types de vertèbres (cervicales, thoraciques, lombaires). Ces inclinaisons variables accordent plusieurs possibilités de mouvements  à ces articulations. Elles permettent les mouvements de rotation, d’inclinaison et de flexion/extension de la colonne vertébrale. Elles assurent également la stabilité de la colonne.

 

Toute irritation de ces facettes peut mener à une infiltration de type bloc facettaire.

 

 

Indications

 

Voici des conditions où le bloc facettaire pourrait être envisagé :

 

 

En général, le médecin va envisager cette intervention après avoir noté une absence de progression malgré des traitements conservateurs bien conduits. Ceci inclut la prise de médicaments, des exercices thérapeutiques guidés par un physiothérapeute (kinésithérapeute), ou encore des traitements manuels (comme des massages, manipulations ou de l’ostéopathie).

 

Essentiellement, l’objectif de l’infiltration sera de :

 

  • réduire la douleur et l’inflammation
  • permettre de poursuivre la rééducation sans être constamment limité par des symptômes incapacitants

 

Outre l’aspect thérapeutique, il est possible de recourir au bloc facettaire pour clarifier le diagnostic et déterminer la cause des douleurs. En effet, une réponse positive à l’infiltration voudrait dire que l’articulation facettaire était bel et bien la source des symptômes. À l’inverse, une absence de résultats indiquerait que la douleur semblerait provenir d’une autre structure (comme les racines nerveuses qui émergent de la colonne vertébrale).

 

 

Préparation

 

Avant l’intervention, le médecin va s’assurer que vous êtes bon candidat à l’infiltration. Pour ce faire, il vous posera des questions sur votre historique médical, vos allergies, etc. En fonction de votre médication (par exemple l’aspirine ou des anti-inflammatoires), il est possible qu’on vous demande de cesser temporairement la consommation pendant une période déterminée avant l’intervention.

 

En fonction du site d’injection, il est possible qu’on vous demande de laisser certains objets métalliques chez vous. En effet, des objets tels que les bijoux, lunettes, boucles d’oreille, prothèses dentaires ou épingles à cheveux peuvent affecter les images produites par l’imagerie médicale.

 

Également, il sera recommandé de ne rien manger ni boire pendant quelques heures avant l’examen, surtout si un produit de contraste sera utilisé pendant l’intervention.

 

 

Procédure

Le plus souvent, le bloc facettaire sera réalisé par un médecin radiologue. En tout, l’intervention se fait à l’intérieur de 30 minutes.

 

Le patient sera allongé à plat ventre sur la table d’examen. Parfois, des moniteurs seront utilisés pour surveiller le rythme cardiaque et la tension artérielle durant l’intervention. Également, il arrive qu’on utilise des médicaments sédatifs pour faciliter la procédure chez certains. Si cela s’avère nécessaire, une ligne intraveineuse sera posée dans une veine de la main.

 

La zone vertébrale où l’aiguille doit être insérée sera stérilisée, puis recouverte d’un drap chirurgical. Elle sera ensuite anesthésiée grâce à un anesthésique local pour minimiser la douleur durant l’infiltration.

 

Guidé par des images radiologiques en temps réel, le médecin insèrera ensuite l’aiguille à travers la peau, au niveau de l’articulation facettaire potentiellement responsable des symptômes. Au besoin, une petite quantité de produit de contraste sera injectée pour confirmer l’emplacement exact de l’aiguille. Il est à noter qu’une ou plusieurs articulations facettaires peuvent être infiltrées au cours d’une même séance, si on estime que la douleur proviendrait de plus d’un site.

 

À partir du moment où le médecin est assuré du positionnement adéquat de l’aiguille, il injectera les médicaments visant à calmer l’inflammation et soulager la douleur. Il peut s’agir d’une anesthésique comme la lidocaïne, un anti-inflammatoire (comme la cortisone), ou un mélange.

 

Une fois l’infiltration effectuée, le médecin retirera l’aiguille et appliquera une pression visant à éviter tout saignement. Le patient est alors généralement gardé dans une salle d’observation pendant un moment, le temps de surveiller son état et éviter toute complication.

 

 

Risques et effets secondaires

 

Les risques associés au bloc facettaire sont généralement minimes. Les douleurs ressenties durant le bloc facettaire se résument généralement à l’injection d’anesthésique local en début d’intervention, ou encore à l’utilisation de la ligne intraveineuse.

 

Vous pouvez ressentir une douleur à l’endroit de l’insertion de l’aiguille pendant quelques jours. Vous pouvez appliquer de la glace ou une poche froide sur le site d’injection, et le médecin peut prescrire des médicaments antidouleur si l’inconfort devient incommodant.

 

Dans de rares cas, vous pouvez ressentir des effets secondaires du médicament anti-inflammatoire, notamment :

 

  • Sensation de chaleur pendant plusieurs jours
  • Rétention d’eau, prise de poids ou augmentation de l’appétit
  • Augmentation de la tension artérielle
  • Sautes d’humeur, irritabilité, anxiété, insomnie.

 

Par ailleurs, toute infiltration vient avec son lot de risques. Bien que rares, voici des complications possibles après un bloc facettaire :

 

  • Infection dû à l’infiltration
  • Réaction allergique à l’agent de contraste (si utilisé), aux médicaments ou à l’anesthésique local
  • Saignements (surtout chez les patients souffrant de troubles hémorragiques ou qui consomment des anticoagulants)
  • Lésions nerveuses dû à l’aiguille
  • Risque pour le foetus si la femme est enceinte

 

 

Résultats et efficacité

 

De manière générale, on peut ressentir un soulagement rapide considérant l’utilisation d’anesthésiques locaux. Par contre, il arrive que l’effet thérapeutique soit noté dans les jours suivant le bloc facettaire. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle on recommande au patient d’éviter les activités intenses et les postures prolongées (comme la conduite automobile) pendant environ 24 heures.

 

Les résultats varient selon les patients, mais un traitement efficace permet de soulager la douleur pendant plusieurs mois. Si le bloc facettaire est efficace pour soulager votre douleur, l’intervention peut être répétée jusqu’à trois fois par an. Toutefois, si la première infiltration n’est pas concluante, le bloc facettaire ne doit pas être répété.

 

Dans la semaine suivant le bloc facettaire, le médecin va vous demander de reprendre vos activités de manière progressive. Des séances de physiothérapie peuvent également être prescrites pour maximiser les gains, et favoriser une reprise sécuritaire de vos loisirs.

 

 

Source

 

  • https://www.physio-pedia.com/Lumbar_Facet_Joint_Injections