Torticolis spasmodique : explication et traitement

Torticolis spasmodique : explication et traitement

Le torticolis spasmodique affecte principalement le cou, y compris les muscles antérieurs et postérieurs de la tête. On vous dit tout sur cette affection contraignante dans cet article : qu’est-ce que c’est, et comment la traiter.

Focus sur le torticolis spasmodique 

 

Le torticolis spasmodique est une maladie rare dans laquelle les muscles du cou se contractent involontairement dans des positions anormales. Elle entraîne des mouvements de torsion répétitifs de la tête et du cou. La gravité d’un torticolis est variable.

 

La cause spécifique n’est pas généralisée, et il n’existe pas encore de traitement curatif. Toutefois, les symptômes peuvent être traités. Ceux-ci commencent généralement de manière progressive. Ils peuvent s’aggraver et atteindre le système nerveux. Les cas de torticolis spasmodique les plus fréquents se manifestent par :

 

  • une douleur au cou qui irradie vers les épaules ;
  • une épaule soulevée ;
  • des tremblements de la main ;
  • un mal de tête ;
  • une hypertrophie du muscle du cou…

 

Chez certains patients, le torticolis caractérise une dystonie segmentaire plus étendue impliquant également les muscles du visage, du larynx ou des extrémités supérieures. Le torticolis spasmodique est généralement un diagnostic clinique simple qui se base sur une anamnèse et un examen physique ciblés.

 

La nature involontaire de ce trouble du mouvement permet de la distinguer des tics et des spasmes. Ces derniers sont d’habitude volontaires et s’aggravent suite à une fatigue. 

 

torticolis spasmodique
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Origine du torticolis spasmodique

 

La cause exacte du torticolis spasmodique reste méconnue, mais le malaise pourrait impliquer une altération de plusieurs régions du cerveau. La dystonie a un caractère héréditaire, acquis ou idiopathique.

 

Dans les formes acquises, le torticolis spasmodique se manifeste par une lésion ou une dégénérescence du cerveau. La dystonie idiopathique par contre n’a pas de cause identifiable ni de lésion ou de dégénérescence particulière au niveau du cerveau. Le torticolis se manifeste selon l’âge et la partie du corps concernée.

 

Plus le torticolis apparaît dès le plus jeune âge, plus le risque de propagation des symptômes est élevé. À l’inverse, plus on est âgé au moment de l’apparition de la maladie, plus il est facile de guérir la maladie.

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torticolis congénital
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Ci-après la classification du torticolis spasmodique par âge :

 

  • Apparition pendant l’enfance — de 0 à 12 ans
  • Début à l’adolescence — de 13 à 20 ans
  • Début à l’âge adulte — plus de 20 ans

 

 

Le torticolis spasmodique primaire et secondaire

 

Le torticolis spasmodique se limite à des zones particulières du corps et peut affecter le cou (dystonie cervicale ou torticolis spasmodique), les yeux (blépharospasme), la mâchoire/bouche/le bas du visage (dystonie oromandibulaire) et les membres (dystonie des membres). D’autres types moins courants de torticolis peuvent provoquer des étirements, des flexions ou des torsions inhabituelles du tronc (dystonie tronculaire).

 

Le torticolis spasmodique touche plus souvent les personnes âgées de 40 à 50 ans. Les spécialistes l’appellent dystonie de l’adulte.

 

Le torticolis spasmodique atteint plus les femmes que les hommes. En général, le torticolis spasmodique se classe comme primaire et n’est pas héréditaire.

 

Le torticolis primaire ou idiopathique

 

La plupart des dystonies primaires sont variables, se manifestent chez l’adulte et sont de nature focale ou segmentaire. Cependant, il existe des dystonies primaires spécifiques qui se déclarent pendant l’enfance à des mutations génétiques.

 

La majorité des torticolis primaires ont un début précoce qui peut apparaître pendant l’enfance ou au début de l’âge adulte. Ce symptôme se manifeste en raison des mutations d’un gène connu sous le nom de DYT1. Ce gène se situe sur la chaîne du chromosome 9. Dans environ 90 à 95 % des cas, les symptômes commencent dans un membre et s’étendent ensuite à d’autres régions du corps. L’âge moyen d’apparition de cette forme de torticolis est de 12 ans et elle se développe rarement à partir de la trentaine.

 

Chez presque tous les patients atteints de cette forme de dystonie, le trouble commence sur un site initial, mais s’étend à plusieurs régions du corps, le plus souvent les membres, la tête ou le cou.

 

Le torticolis secondaire ou symptomatique

 

Les troubles secondaires (symptomatiques) résultent principalement de causes secondaires. Il peut s’agir de causes environnementales, telles que l’exposition aux produits nocifs ; d’affections et de maladies sous-jacentes (tumeurs cérébrales ou infirmité motrice cérébrale).

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Le torticolis spasmodique secondaire résulte de troubles neurochimiques non dégénératifs associés à d’autres affections neurologiques. Ce type de torticolis est parfois diagnostiqué à tort. Généralement la source de la maladie est due au stress. Le caractère intermittent du trouble peut amener les médecins à conclure qu’un trouble psychologique en est la cause première ou un facteur contributif.

 

Le diagnostic est difficile à établir, car les symptômes du torticolis symptomatique sont similaires à ceux de nombreuses autres affections de nature très variable. D’autres catégories de torticolis secondaire surviennent initialement suite à de faux mouvements, mais la maladie guéri rapidement au repos. Ce type de torticolis affecte généralement le même groupe de muscles, provoquant ainsi un schéma répétitif de mouvements au fil du temps.

 

La maladie se développe de manière progressive : irritation des yeux, une sensibilité excessive à la lumière vive et clignement excessif des yeux. Le torticolis secondaire varie d’un patient à un autre. Pour certains, la dystonie secondaire se stabilise à un stade relativement mineur et ne progresse pas davantage.

 

 

Traitement du torticolis spasmodique : quand et comment consulter un médecin ?

 

Les premiers symptômes du torticolis spasmodique sont souvent légers, peu fréquents et liés à une activité spécifique. Vous pouvez consulter votre médecin si vous ressentez des contractions musculaires involontaires.

 

Il n’existe pas de test définitif pour le torticolis, mais les médecins peuvent poser le diagnostic en se renseignant sur les symptômes et en effectuant un examen neurologique. Parfois, les médecins ont recours à d’autres tests, comme l’IRM ou Imagerie par Résonance Magnétique cérébrale, pour s’assurer que les symptômes ne sont pas dus à autre chose.

 

 

Pour les patients atteints de torticolis à l’âge précoce, les pédiatres recourent au test génétique.

 

Quelques traitements pour soulager les symptômes de la maladie

 

Bien qu’il n’existe pas de remède contre le torticolis spasmodique, il existe des options de traitement pour aider à atténuer les symptômes de ce trouble.

 

Les médicaments et la thérapie physique sont connus pour avoir des effets positifs sur les patients souffrant de torticolis spasmodique. Les injections de toxine botulique, plus connue sous le nom d’injections de Botox restent un traitement de référence.

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La toxine botulique de type A occupait les centres hospitaliers dans les années 1980. L’injection, administrée directement dans le muscle, agit comme un bloqueur de nerfs qui empêche la libération des signaux de douleur par le cerveau. Elle détend les muscles, soulageant ainsi les patients de leurs symptômes.

 

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La toxine botulique de type A est la substance la plus neurotoxique connue, avec une action spécifique sur les synapses cholinergiques. Agissant comme un zinc endopeptidase, la toxine botulique libère des protéines spécifiques impliquées dans la fusion des vésicules, empêchant ainsi la libération d’acétylcholine.

 

La toxine botulique de type A calme les désagréments liés au torticolis. Ce composant médical atténue ou élimine l’activité musculaire involontaire et améliore le contrôle des mouvements du cou. Pour utiliser avec succès la toxine botulique en thérapie, il faut cibler les muscles dystoniques. Il faut par la suite injecter une quantité suffisante de toxine dans les muscles non concernés pour obtenir un résultat rapide.

 

Un traitement chirurgical peut être envisagé si les médicaments et les autres traitements n’apportent pas un soulagement suffisant et si les symptômes affectent la majeure partie du corps. On implante un appareil dans le corps du patient : la Stimulation Cérébrale Profonde (SCP).

 

chirurgie mal de dos

 

La chirurgie délivre une stimulation électrique aux zones du cerveau responsables des symptômes du torticolis. Une télécommande spéciale règle la stimulation du cerveau pour chaque patient.

 

 

Références

 

https://www.cochranelibrary.com

https://ifpek.centredoc.org