Myélite transverse : tout savoir sur ce trouble de la moelle épinière

Myélite transverse : tout savoir sur ce trouble de la moelle épinière

 

Peu commune, la myélite transverse est une des nombreuses pathologies neurologiques qui peuvent toucher la moelle épinière. Elle se produit généralement à la suite d’une inflammation de cette dernière et provoque des troubles moteurs, sensitifs et sphinctériens assez graves.

 

On estime que chaque année, 1 à 5 personnes sur un million souffrent de cette affection. Ce chiffre concerne aussi bien les enfants que les adultes. Cet article va vous aider à comprendre ce qu’est la myélite transverse, ses causes, ses symptômes, son diagnostic et les traitements possibles pour la soigner.

 

Myélite transverse : définition et anatomie

Quelles sont les causes de la myélite transverse ?

Comment se manifestent les symptômes de cette affection ?

Comment se déroule le diagnostic de la myélite transverse ?

Comment traiter la myélite transverse ?

 

Bonne lecture ! 

 

Myélite transverse : définition et anatomie

 

La «myélite » désigne toute inflammation de la moelle épinière. Elle peut affecter la substance grise ou la substance blanche. Dans sa forme aigüe, la réaction inflammatoire se manifeste dans les deux zones en même temps.

 

Le mot « transverse », quant à lui, indique que l’inflammation n’affecte qu’une partie de la moelle épinière. L’affection se développe en particulier dans la région des cordons spinaux sensori-moteurs et autonomes. C’est la raison pour laquelle on compte la myélite transverse (MT) parmi les maladies inflammatoires du système nerveux central.

 

Généralement, la maladie s’installe en 1 à 3 mois. Après cette période, certains patients récupèrent entièrement, d’autres en gardent des séquelles plus ou moins importantes. Et malheureusement, il y a ceux qui sont condamnés à des paralysies définitives.

 

 

Quelles sont les causes de la myélite transverse ?

 

Les causes de la myélite transverse sont multiples et difficiles à identifier. Cependant, dans la majorité des cas, il s’avère que la maladie apparaît à la suite d’une infection d’origine virale ou bactérienne. Les germes pathogènes généralement suspects sont ceux responsables de l’herpès, du Sida, de la varicelle, de la grippe, des oreillons, de la variole… Ces derniers peuvent infecter directement la moelle épinière, ce qui fait survenir directement la myélite transverse.

 

En outre, divers types de maladies peuvent aussi être responsables des symptômes de la myélite transverse. Ce sont :

 

  • les maladies post-vaccinales : ils engendrent des réponses immunitaires pouvant aboutir, dans des cas extrêmes, à une inflammation de la moelle épinière ;
  • les maladies auto-immunes, notamment la sclérose en plaques qui est une maladie inflammatoire du système nerveux central ;
  • le syndrome paranéoplasique: association de myélite et de cancer de la moelle épinière. Dans ce cas, des anticorps produits pour combattre les cellules cancéreuses attaquent celles de la moelle épinière ;
  • les troubles vasculaires au sein de la moelle épinière (sous l’effet de l’abus de drogues, ou à cause d’éventuelles malformations,). Un débit sanguin insuffisant dans les vaisseaux de la moelle épinière peut aussi engendrer une myélite (suite à une hémorragie, ou à la présence d’un caillot).

 

Certains germes pathogènes ont une caractéristique structurale proche de celle des cellules de la moelle épinière. Les anticorps produits pour éliminer ces agents infectieux attaquent alors également les cellules de la moelle épinière. Les perturbations engendrées par ce phénomène sur le système immunitaire provoquent une attaque auto-immune sur la moelle épinière.

 

La myélite transverse peut aussi être d’origine idiopathique, c’est-à-dire sans causes sous-jacentes. Dans ce cas, elle résulte souvent d’une réaction immunitaire anormale dirigée à l’encontre de la moelle épinière.

 

 

Comment se manifestent les symptômes de cette affection ?

 

Les manifestations des signes de myélite transverse varient selon les individus atteints. Chaque patient a sa propre perception du degré et du type de symptômes. La gravité de la lésion et de l’inflammation peut expliquer ce phénomène.

 

La moelle épinière renferme des fibres nerveuses motrices (assurant les transferts d’influx nerveux vers les muscles) et de fibres nerveuses sensorielles (qui transmettent les informations des organes de sens vers le système nerveux). Ainsi, les symptômes de la MT peuvent être classés en trois types :

 

  • moteur : sensation de faiblesse et d’engourdissement au niveau des muscles des membres inférieurs dans la majorité des cas
  • sensitifs : sensation de picotements, de douleur. Parfois, les personnes atteintes de MT ressentent moins la chaleur, la douleur et les vibrations. Des sensations d’être enveloppé dans une gaine serrée peuvent se ressentir au niveau du tronc. De plus, la sensibilité au toucher de certaines parties du corps peut augmenter relativement.
  • vésico-sphinctérien : perte de réflexes, difficultés à retenir l’urine par exemple

 

Ces symptômes de la MT se développent d’une façon très rapide et peuvent s’aggraver en l’espace de 24 heures. Il est alors important de faire un diagnostic dans les plus brefs délais dès l’apparition de l’un de ces signes en vue de prévoir les traitements adéquats.

 

Comment se déroule le diagnostic de la myélite transverse ?

 

Le diagnostic de la myélite transverse repose sur l’examen clinique des symptômes. Elle se reconnaît par l’installation et l’évolution rapide de ces symptômes.

 

En parallèle, le médecin recherche également s’il y a déjà eu des antécédents de syndromes neurologiques afin de mieux expliquer les symptômes qui se manifestent.

 

Par ailleurs, des examens approfondis sont aussi conduits pour écarter d’autres maladies comme : les tumeurs, la hernie discale, le rétrécissement du canal médullaire ou sténose (canal lombaire étroit). Un scanner cérébral permet par exemple de distinguer la myélite des autres maladies telles que les AVC (accidents vasculaires cérébraux), ou les tumeurs cérébrales.

 

diagnostic de la myélite transverse par imagerie médicale
Source

 

En ce qui concerne l’IRM (Imagerie par résonance magnétique), elle est utile pour confirmer le diagnostic. Le résultat positif montre une tache blanche affectant plus de la moitié de la largeur de la moelle épinière.

 

Si les images sont ambigües, on procède à la myélographie. Pour ce faire, une ponction est d’abord effectuée dans le cou ou dans le bas du dos du patient. Ensuite, un produit de contraste ou coloration est injecté dans l’enveloppe entourant la moelle épinière. Enfin, les radiographies sont prises tout en faisant incliner le patient de haut en bas. De cette façon, la coloration s’écoule correctement et trace le contour de la moelle épinière.

 

Si ces imageries ne montrent pas de lésions massives à l’intérieur ou aux alentours de la moelle épinière, il pourrait donc s’agir de la myélite transverse.

 

Si les résultats ne sont pas encore concluants, une ponction lombaire pourrait donner des informations sur l’existence d’inflammation ou d’une réaction immunitaire anormale. Pour ce faire, on réalise un prélèvement du liquide rachidien afin d’analyser les taux des protéines et des globules blancs.

 

Pour une analyse plus approfondie de la cause de la myélite transverse, d’autres analyses peuvent être indispensables telles que les analyses sanguines. Elles pourront déterminer l’évolution de la maladie et donner des pistes sur les traitements à envisager.

 

 

Comment traiter la myélite transverse ?

 

Le traitement de la myélite transverse varie selon sa cause.

 

  • D’origine infectieuse, un traitement par antibiotique, par antiviral ou par antiparasitaire s’impose (selon l’agent infectieux).
  • S’il s’agit d’un dysfonctionnement du système immunitaire, le médecin recommande généralement le traitement par des corticoïdes à forte dose.
  • Des échanges plasmatiques peuvent être réalisés pour plus d’efficacité. Cette alternative permet d’éliminer les molécules responsables de la réaction auto-immune contre la moelle épinière.
  • La rééducation (kinésithérapie ou physiothérapie) s’avèrent aussi nécessaires pour traiter les séquelles de la myélite transverse.

 

Puisque les symptômes s’aggravent rapidement, le traitement doit se faire le plus tôt possible afin de limiter les dégâts.

 

 

Sources

 

  • https://www.chu-lyon.fr/myelite-transverse
  • https://www.docteurclic.com/maladie/myelite.aspx
  • https://www.concilio.com/neurologie-myelite-transverse/
  • Joanne Lynn in « Myélite transverse : symptômes, causes et diagnostic », 2016