Muscles érecteurs du rachis : anatomie et dysfonction

Muscles érecteurs du rachis : anatomie et dysfonction

Le rachis est constitué de plusieurs structures. Ils contribuent tous de façon à ce que le corps humain puisse avoir une posture normale et adopter les positions et les  mouvements de la vie quotidienne. Le muscle érecteur fait partie des structures de soutien de la colonne vertébrale. C’est le sujet de cet article : on va vous parler de ces muscles du bas du dos et les affections courantes qui y sont liées.

Définition et anatomie

 

Par définition, les muscles érecteurs du rachis sont un ensemble  de muscles longs. Ils sont situés en profondeur du dos, de part et d’autre de la colonne vertébrale. Plus précisément, ils sont logés dans les gouttières vertébrales.

 

muscle ilio-costal
Source

 

Ces muscles sont aussi connus sous le nom de «muscles des gouttières vertébrales » , muscles « spinaux » ou «  lombaires ».

 

Ce sont des muscles peu puissants, mais plutôt tenaces. En effet, ils assurent un rôles importants dans le soutient du dos, et cela en permanence. 

 

Comme leur nom l’indique, ce sont ces muscles qui maintiennent notre rachis érigé. Ils offrent un soutien, une stabilité et une certaine protection. En se contractant, ces muscles contribuent à la réduction de la pression exercée au niveau des disques intervertébraux. Ils participent aussi à l’extension, à la flexion latérale et  à la rotation de la partie supérieure de notre corps.

 

Du point de vue anatomique, les spinaux sont constitués de plusieurs groupes musculaires. Mais, voici les muscles érecteurs du rachis à proprement parler.

 

  • Le transversaire épineux : caractérisé par sa longueur, qui s’étend du sacrum jusqu’à la seconde vertèbre cervicale ( ou axis). Il est localisé avant le longissimus et dans le sarco-lombal. Il se décompose à son tour, en groupes de faisceaux en « chevron » : les muscles rotateurs et les multifides

 

  • Le longissimus ou le long dorsal :  il est également allongé, mais se différencie par son aspect plus épais et large en bas, étroit et mince en haut. Situé dans la partie moyenne de la gouttière para-vertébrale, il se décompose aussi en 3 parties :  le longissimus thoraco-lombal, le longissimus cervical et le longissimus céphalique.

 

  • le sarco-lombal ou ilio-costal, de forme prismatique et triangulaire en son bas, il est à la fois large et épais. Il est situé en dehors du longissimus, dans la partie latérale de la gouttière paravertébrale. Il est composé de 3 parties : l’ilio-costal des lombes, celui au niveau thoracique et l’ilio-costal cervical.

 

Ensemble, ces muscles profonds de la partie postérieure du tronc sont les extenseurs du rachis. Ils s’insèrent par des tendons et ont des terminaisons différents selon les groupes musculaires. Ils sont innervés par les nerfs spinaux. 

 

 

Implications cliniques des muscles érecteurs de la colonne vertébrale

 

À cause de leurs multiples rôles, on doit porter attention à ces muscles érecteurs du rachis, tant dans les séances de musculation que dans les exercices et les mouvements de la vie de tous les jours.  En effet, ces muscles peuvent être au cœur de nombreux troubles physiques notamment le mal de dos.

 

L’implication du muscle érecteurs lors des lombalgies

 

L’atteinte des muscles érecteurs du rachis peuvent se traduire par des maux de dos. D’ailleurs, des études ont montré que plus 90 % des lombalgiques souffrent des troubles des muscles spinaux.

 

Il se pourrait qu’il s’agisse d’un trigger point (point gâchette). Ce dernier donne l’impression d’avoir un « nœud » qui consitue un réel blocage dans les mouvements de la vie quotidienne.

 

Par définition, le trigger point est une zone de tension musculaire. C’est un point douloureux  lié à une congestion et une inflammation du tissu musculaire. La cause est principalement la surstimulation et la sollicitation excessive du muscle en question. Parmi les facteurs de risque de ces nœuds musculaires douloureux, on peut citer :

 

  • les faux mouvements (par exemple, fléchir sa colonne vertébrale tout en se tournant) ;
  • le port de charges lourdes ;
  • la fatigue musculaire ;
  • les mouvements répétitifs ;
  • la sédentarité ( en absence de mouvements, les muscles érecteurs du rachis ne seront  plus suffisamment irrigués et seront très tendus, d’où raideur et douleur).

 

Les symptômes varient selon la localisation du trigger point.

 

  • Si c’est au niveau du muscle ilio-costal thoracique, les maux vont se ressentir au niveau de l’omoplate et la poitrine.
  • Au niveau du muscle ilio-costal lombaire, les douleurs s’étendent du dos jusqu’aux fesses.
  • Au niveau du longissimus, les douleurs s’irradient jusqu’au bas des fesses et la crête iliaque.
  • Au niveau du transversaire épineux, les maux se ressentent entre les omoplates, dans la partie basse des côtes et au niveau de l’abdomen.

 

trigger point
Source

 

Pour tout savoir sur les trigger points (incluant leur prise en charge thérapeutique), consultez l’article suivant.

 

Par ailleurs, d’autres syndromes sont aussi liés aux muscles érecteurs du rachis ; c’est le cas de la camptocormie. Il s’agit d’une anomalie de posture : le tronc du patient se retrouve fléchi vers l’avant, en permanence, même dans les positions debout ou de marche.

 

Le rôle du muscle dans la rééducation

 

Lors d’un problème au niveau des muscles érecteurs du rachis, une rééducation s’avère utile pour recouvrir leurs fonctions et leurs propriétés.

 

La rééducation a comme principe de libérer le mouvement, de rééquilibrer les muscles et de réaliser une démarche préventive en vue d’entretenir ces structures. Le principal moyen reste la kinésithérapie (notamment la thérapie par voie active).

 

On peut citer les exercices musculaires : ils permettent de rétablir les fonctions normales des muscles érecteurs du rachis. Solliciter régulièrement ces muscles par le biais d’exercices spécifiques permettrait de les entretenir.  De plus, cela les renforcerait. Plus il seront renforcées, plus ils seront stables ce qui diminuerait les risques de lombalgies.

 

Pour ce faire, il existe plusieurs types et  plusieurs programmes d’exercices à pratiquer. Ils varient selon l’état du patient et l’étiologie. Les plus simples et efficaces sont :

 

  • la levée simultanée d’un bras et de la jambe du côté opposé,
  • l’extension lombaire,
  • le gainage lombaire (comme le superman, la planche, etc.),
  • le soulevé de terre,
  • etc.

 

Les exercices d’étirements sont indispensables pour assurer une protection maximale du dos.

 

L’automassage par l’utilisation d’une balle de massage est aussi efficace. Adossé au mur, le patient fait en sorte de faire rouler la balle contre son dos, au niveau des zones où les contractures se ressentent. Cela permet de traiter un trigger point et un syndrome myofascial.

 

Le massage et la myothérapie permettent également de détendre et de revivifier les muscles. Les séances de rééducation permettent aussi au patient d’avoir une posture correcte.

 

 

Références

 

https://www.google.com/url?sa=t&source=web&rct=j&url=https://chevrier-reeducationparkinson.fr/wafx_res/Files/MYOTRONC02.pdf&ved=2ahUKEwi2sqHgqZT2AhWPilwKHagqCeQQFnoECAUQAQ&usg=AOvVaw1zHHFnQn74ZpRRbdpalEnT

https://www.douleurs-musculaires-articulaires.fr/trigger-points/trigger-point-apercu/muscle-erecteur-du-rachis/