Spondylolyse : la cause de votre mal de dos ?

Spondylolyse : la cause de votre mal de dos ?

Le mal de dos peut être un signe d’une spondylolyse. C’est une affection dorsale qui peut apparaître aussi bien chez l’enfant que chez l’adulte. Étant peu symptomatique, le diagnostic de cette maladie peut être tardif. Et avec le temps, elle peut aussi évoluer et devenir plus grave.

 

Dans cet article, nous vous présentons en détail la spondylolyse afin de bénéficier d’un traitement à temps et de prévenir les complications.

 

 

Définition de la spondylolyse

 

La spondylolyse, également appelée « lyse isthmique », désigne une lésion ou une rupture de l’isthme articulaire (pars interarticularis).

 

L’isthme articulaire est la solution de continuité entre l’apophyse articulaire supérieure et l’apophyse articulaire inférieure de l’arc vertébral postérieur. C’est la partie de la vertèbre qui offre de la stabilité à la colonne vertébrale.

 

spondylolyse
Source

 

En cas d’atteinte de l’isthme, la mobilité entre les facettes articulaires peut être perturbée. En effet, cela peut causer la déstabilisation de la vertèbre touchée. Une micro-mobilité ou une mobilité de l’arc vertébral postérieur peut aussi arriver. En général, l’atteinte se situe au niveau de la cinquième vertèbre lombaire (L5).

 

 

Quelle est la différence entre spondylolyse et spondylolisthésis ?

 

Le spondylolisthésis indique un glissement d’une vertèbre lombaire vers l’avant par rapport à celle du dessous. Ce glissement est habituellement progressif et lent. Il peut faire suite à une malformation congénitale, une arthrose lombaire ou à une lyse isthmique.

 

De ce fait, ce sont deux différentes maladies. Si la spondylolyse se traduit par une simple rupture de l’isthme, le spondylolisthésis se traduit par un déplacement permanent d’une vertèbre. Toutefois, la spondylolyse peut évoluer en spondylolisthésis isthmique.

 

 

Les causes de la spondylolyse

 

La rupture du pars interarticularis ne résulte pas d’un seul traumatisme, mais d’une répétition de contraintes excessives exercées par les vertèbres se trouvant au-dessus. Elle est donc due à des traumatismes répétitifs (fracture de stress). C’est pour cela qu’on qualifie la lyse isthmique de « fracture de fatigue ».

 

Dans de rares cas, un traumatisme peut être à l’origine d’une spondylolyse. Elle peut également être liée à des facteurs congénitaux ou des facteurs héréditaires.

 

Épidémiologie de la spondylolyse

 

Dans la population globale, la fréquence de la lyse isthmique s’élève jusqu’à 8 %, et même plus dans certains groupes ethniques. Les groupes les plus à risque sont les San et les Inuits. Chez ces derniers, environ 40 % en sont touchés.

 

Comme la spondylolyse est une fracture de fatigue, les sportifs sont généralement les plus affectés. Il s’agit notamment :

 

  • des danseurs dont 20 % en sont atteints ;
  • des athlètes de haut niveau dont le taux d’atteinte est de 14 % ;
  • des gymnastes et des rameurs dont 11 à 17 % en souffrent.

 

Facteurs de risque de la spondylolyse

 

Une activité sportive régulière et intense peut favoriser la lyse isthmique. Les sports qui exposent plus aux risques de lyse sont la gymnastique artistique, la natation (papillon), le football, l’aviron, le lancer de disque, le javelot…

 

La croissance figure aussi parmi les facteurs de risque de cette pathologie, tout comme une anatomie singulière de la colonne vertébrale. Et ce, notamment en cas de répétition de mouvements en angle d’incidence élevé ou en hyperlordose.

 

 

Les symptômes de la spondylolyse

 

Dans 80 % des cas, cette affection de l’isthme articulaire est bilatérale. Autrement dit, la lésion est présente des deux côtés de l’arc postérieur. Néanmoins, elle peut être unilatérale dans 10 % des cas.

 

La plupart du temps, cette maladie reste silencieuse pendant plusieurs années. Par contre, lorsque les symptômes de la spondylolyse se manifestent, ils apparaissent souvent sous forme de douleur chronique. Cette douleur provient de la pression subie par la moelle épinière ou par les nerfs. En effet, le nodule de Gill, formé lors de la rupture de l’isthme, peut agresser ces derniers.

 

Plus précisément, il peut s’agir :

 

  • de lombalgies (douleurs lombaires) ;
  • de contractures musculaires ;
  • de douleurs sciatiques (membres inférieurs).

 

 

Diagnostic d’une spondylolyse

 

Le diagnostic d’une spondylolyse repose sur différents examens tels que :

 

  • une radiographie du rachis lombaire: elle permet de montrer la rupture de l’isthme articulaire. Pour pouvoir l’observer distinctement, les spécialistes procèdent à des radiographies de profil ou de ¾. Il est difficile de visualiser l’isthme vertébral sur une simple radiographie du dos de face ;
  • un scanner: cet examen peut mettre en évidence la fracture de l’isthme ;
  • une IRM lombaire: elle offre plus de renseignements au diagnostic par rapport au caractère inflammatoire de la maladie en cas de présence de douleurs. Elle permet également l’évaluation de la qualité du disque entre les deux vertèbres en avant ainsi que la recherche d’éventuelles autres atteintes vertébrales comme une hernie discale ou une protrusion discale ;
  • une scintigraphie osseuse: cet examen permet de confirmer s’il y a un remaniement pathologique avec hyperfixation.

 

 

Comment soigner une spondylolyse ?

 

Traitement orthopédique chez les enfants

 

Seulement réservé aux enfants, ce traitement est proposé quand la maladie est découverte à un stade précoce. Il consiste en une tentative de consolidation à l’aide d’un corset. En revanche, pour une fracture ancienne, une immobilisation seule est insuffisante.

 

Traitement médicamenteux d’une spondylolyse

 

De manière générale, le premier traitement proposé par les médecins est de type médicamenteux. Pour cela, ils prescrivent :

 

  • des antalgiques pour calmer les douleurs ;
  • des anti-inflammatoires non stéroïdiens ;
  • des myorelaxants pour apaiser les contractures musculaires.

 

Si besoin, des infiltrations de corticoïdes peuvent être prescrites.

 

Outre les traitements médicamenteux de la spondylolyse, une suspension temporaire des activités sportives ou une rééducation à l’issue du geste sportif peut se révéler nécessaire. Il en est de même pour le port d’un corset ou d’une ceinture lombaire pour immobiliser la région lombo-sacrée.

 

Il est à noter qu’aucun traitement n’est nécessaire en cas d’absence de douleurs. Cependant, il est conseillé de limiter les activités éprouvantes pour le dos.

 

Traitement kinésithérapique d’une spondylolyse

 

En association avec le traitement médicamenteux, il est possible de recourir à la kinésithérapie. Les séances peuvent être suivies sur prescription médicale. Ce traitement commence par faire un bilan pour déterminer le type de douleurs ressenties par le patient. En fonction de cela, le kinésithérapeute choisit les techniques adaptées pour traiter les douleurs et renforcer les muscles. Il donne aussi des conseils ergonomiques pour l’entretien du dos, des muscles et de la mobilité.

 

Traitement chirurgical d’une spondylolyse

 

Le traitement chirurgical d’une spondylolyse est recommandé lorsque :

 

  • les douleurs lombaires récidivent et deviennent invalidantes ;
  • des douleurs sciatiques se manifestent ;
  • le traitement médicamenteux s’est avéré inefficace.

 

Ce type de traitement n’est donc pas systématique. Il n’est proposé qu’en dernier recours. Dans la majorité des cas, le traitement chirurgical consiste à associer une arthrodèse lombaire avec une ostéosynthèse. Ces opérations consistent à fixer chirurgicalement deux vertèbres lombaires touchées à l’aide d’une vis, des broches ou de plaques. On parle également de spondylodèse.

 

L’intervention chirurgicale a ainsi pour but de remédier à l’instabilité causée par la fracture de fatigue en réalisant une fusion. Par la même occasion, elle va également calmer les douleurs. À cet effet, différents appareils sont utilisés pour des gestes chirurgicaux précis.

 

Les risques de complication dépendent de l’approche chirurgicale choisie. Si les risques de complication neurologique grave sont proches de 0 %, les risques d’une infection atteignent les 2 et 3 %. Tous les risques probables sont évalués pendant la consultation préopératoire même.

 

 

Sources

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Spondylolisth%C3%A9sis

https://mal-de-dos.ooreka.fr/astuce/voir/652359/lyse-isthmique

https://www.info-radiologie.ch/spondylolyse.php

https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S0765159799800239