conflit fémoro-acétabulaire

Conflit fémoro-acétabulaire: Trouble de hanche (explication)

Article revu et approuvé par Dr. Ibtissama Boukas, médecin spécialisée en médecine de famille

Les pathologies de la hanche concernent plusieurs individus, notamment les sportifs. Parfois, elles peuvent devenir une véritable contrainte, voire un handicap, surtout en l’absence de traitement. Elles nuisent également aux performances physiques de la personne atteinte. Le conflit fémoroacétabulaire fait partie des pathologies qui touchent la hanche. Il concerne environ 3 à 15 % de la population. Mais de quoi s’agit-il vraiment ? Vous allez en savoir plus dans cet article.

Définition

Le conflit fémoro-acétabulaire (CFA) se définit comme la dyscongruence entre le bord du fémur et l’acétabulum (également appelé cotyle). Du point de vue anatomique, ce dernier correspond à la cavité articulaire du bassin dans laquelle est logée la tête du fémur.

Cette dyscongruence correspond au contact anormal précoce entre la tête du fémur et l’acétabulum, dans diverses situations anatomiques, déterminant les différentes formes et types pour cette pathologie.

Untitled - November 5, 2022
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Conflit fémoro-acétabulaire primaire

Le CFA primaire est lié à des altérations ou anomalies morphologiques du fémur ou de l’acétabulum, parfois les deux. Selon la structure touchée par l’anomalie, on peut déterminer différentes formes de CFA primaire.

  • CFA primaire de la forme PINCER ou effet « pince » : quand l’anomalie concerne l’acétabulum. C’est le cas lorsque le cotyle est trop profond ou trop saillant recouvrant ainsi une très grande partie du fémur. Cela entraîne un pincement au niveau du col fémoral.
  • CFA primaire de la forme CAM ou CAME: lorsque l’anomalie concerne la tête du fémur, son col, voire la jonction-tête col. Dans ce cas, ces parties peuvent présenter des bosses qui se traduisent par un excès d’os. Ainsi, le contact entre ces surfaces devient anormal.
  • CFA primaire de la forme MIXTE: si l’acétabulum et le fémur sont à la fois sujets d’anomalies.
types de conflit fémoro-acétabulaire
Source

Le conflit fémoro-acétabulaire secondaire

Le CFA secondaire, quant à lui, correspond à des anomalies des anatomies du fémur et de l’acétabulum suite à des séquelles liées d’autres pathologies de la hanche.

Les causes du conflit fémoro-acétabulaire

Les causes du conflit fémoro-acétabulaire sont multiples.

  • Les anomalies des structures du bassin et du fémur qui peuvent être congénitales ou acquises. Des facteurs environnementaux et génétiques peuvent en être l’origine.
  • Les antécédents de certaines pathologies, pour le cas du CFA secondaire, à l’exemple de la maladie de Perthes, de l’épiphysiolyse de la tête fémorale.
  • Les traumatismes ou les fractures au niveau des structures de la hanche.
  • Une forte sollicitation de la hanche, une répétition de microtraumatismes entre le fémur et l’acétabulum par des mouvements fréquents de flexion, d’adduction ou d’abduction, de rotation avec appui.

Dans la majorité des cas, cette pathologie est favorisée par la pratique de sports tels que : le foot, le baseball, le basket, le rugby, le golf, la danse classique, la natation, la course à pied, les arts martiaux…

C’est d’ailleurs pourquoi le CFA affiche une prévalence importante pour les jeunes qui exercent une activité physique intense. Leurs os ne sont pas encore matures ce qui les expose davantage aux blessures au cours des entraînements. Toutefois, les sportifs et les athlètes, quel que soit leur âge, sont tous des personnes à risques.

Quels sont les symptômes de ce trouble articulaire de la hanche ?

Le symptôme typique du conflit fémoro-acétabulaire est la douleur au niveau du pli de l’aine. Elle s’attaque aussi sur la partie avant ou arrière ou latérale de la hanche et peut se propager au niveau des fesses, des cuisses ou des genoux.

La douleur ressentie peut être profonde ou lancinante. Et elle apparait brusquement ou progressivement à la suite de certaines activités physiques ou certaines positions (une assise prolongée par exemple).

Avec le conflit fémoro-acétabulaire, le patient souffre de sensations de blocage ou d’accrochage dans la hanche.

Les symptômes de ce trouble articulaire entraînent une limitation de la mobilité. Le CFA peut engendrer des lésions du labrum et des atteintes à la stabilité articulaire de la hanche, qui est en partie assurée par cette structure fibro-cartilagineuse. Au pire, ce conflit pourrait évoluer en une arthrose de la hanche. C’est un cas très fréquent.

Comment faire le diagnostic du CFA ?

En présence de l’un de ces symptômes, il est toujours judicieux de consulter un orthopédiste pour un diagnostic.

Le diagnostic du CFA consiste en l’étude des antécédents et en un examen clinique.

Pour l’examen clinique, le médecin évalue d’abord l’état physique du patient, sa posture en station debout et son état à la marche pour détecter les éventuelles anomalies telle la présence du signe de Trendelenburg qui traduit une insuffisance des abducteurs.

Ensuite, il pratique des examens neurologiques et vasculaires des membres inférieurs. La palpation et la réalisation de certaines manœuvres peuvent apporter plus d’explications et précisions concernant les symptômes ressentis par le patient.

Les manœuvres les plus efficaces pour évaluer la présence du conflit fémoro-acétabulaire sont :

  • la manœuvre de FADIR : test de flexion-adduction-rotation interne de la cuisse ou hanche du patient en position de décubitus dorsal. Le CFA est positif si ce test engendre une quelconque douleur au niveau de l’aine ;
  • la manœuvre de FABER : test de flexion-adduction-rotation externe de la cuisse ou de la hanche en position de décubitus dorsal. Il est positif si lors de sa réalisation, le patient ressent une douleur.

Des examens d’imagerie peuvent aussi parfois être nécessaires pour le diagnostic du CFA. Ils apportent plus de précisions sur la pathologie et la structure blessée. Les examens les plus courants sont :

  • la radiographie du bassin : pour détecter les anomalies citées plus haut ;
  • l’arthroIRM de la hanche: pour évaluer l’état de ses structures ;
  • le scanner, le CT-scan : pour avoir plus de précisions sur l’état du conflit et envisager le traitement adéquat à adapter. Ils permettent aussi d’orienter la chirurgie par exemple.

Comment traiter cette maladie articulaire ?

Traiter le CFA consiste à soulager les symptômes et surtout à rétablir un contact normal entre la tête, le col du fémur et le bord de l’acétabulum.

Traitement symptomatique

Pour traiter les symptômes, les médecins prescrivent des anti-inflammatoires et des antalgiques. Il est aussi possible d’opter pour des produits naturels pour soulager les douleurs : l’ail, le gingembre, le curcuma, certaines huiles essentielles à l’exemple de celle de la gaulthérie.

Traitement de fond de la maladie

Traitement conservateur

Il se résume en une modification des activités du patient, à commencer par un repos associé à l’évitement de certains mouvements ou certaines positions susceptibles d’aggraver la situation.

Ensuite vient la remobilisation ainsi que le renforcement musculaire par des exercices spécifiques ou par la kinésithérapie. Tout cela, dans le but de rétablir les anomalies et de protéger les structures de la hanche. Pour être efficaces, les traitements conservateurs doivent toujours être suivis de près, tout en évaluant fréquemment l’évolution de la pathologie. Dans le cas où les symptômes persistent, il serait mieux de s’orienter vers les traitements chirurgicaux.

Traitement chirurgical

Le traitement du CFA peut se faire par une chirurgie arthroscopique ou une chirurgie classique. Le choix dépend de l’état du patient et de la gravité de la maladie. Ainsi, on ne pratique la chirurgie classique qu’en cas de grandes déformations.

Le principe de la chirurgie est généralement d’améliorer les amplitudes articulaires en enlevant les parties saillantes qui rendent problématique le contact fémoro-acétabulaire. Bien qu’efficace, le traitement chirurgical présente toujours des risques.

En outre, il ne faut pas non plus négliger la rééducation. Il contribue grandement à la réussite de la reprise progressive des activités du patient.

Pour conclure, le conflit fémoro-acétabulaire influe sur les performances physiques ainsi que sur la vie quotidienne. Cependant, il est bien possible de la traiter afin de retrouver les fonctions normales de l’articulation fémoro-acétabulaire.

Références

https://www.revmed.ch/revue-medicale-suisse/2015/revue-medicale-suisse-481/conflit-femoro-acetabulaire-chez-le-sportif-prise-en-charge-et-traitement#tab=tab-read

https://www.chuv.ch/fr/dfme/dfme-home/enfants-famille/specialites-medicales/chirurgie-de-lenfant-et-de-ladolescent/chirurgie-pediatrique-de-la-hanche/le-conflit-femoro-acetabulaire

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