Entorse costale : Diagnostic et traitement (que faire ?)

Entorse costale : Diagnostic et traitement (que faire ?)

L’entorse costale réfère à une blessure affectant les ligaments ou muscles situés entre deux ou plusieurs côtes. Ces structures sont attachées aux côtes pour maintenir la paroi thoracique en place, et aider à la respiration. En présence de traumatisme ou autre, elles peuvent être sujettes à des étirements excessifs ou déchirure.

 

Cet article examine les causes et symptômes de l’entorse costale, et fournit l’information permettant de distinguer ce diagnostic des autres atteintes de la région intercostale. Des options de traitements seront également proposées pour soulager les douleurs et améliorer la qualité de vie.

Anatomie et définition

 

Pour mieux comprendre l’entorse costale, voici quelques notions d’anatomie du thorax. La cage thoracique est composée de :

 

  • 12 vertèbres dorsales (ou thoraciques) qui forment la colonne vertébrale à l’arrière ;
  • 12 paires de côtes qui s’articulent avec les vertèbres thoraciques sur les côtés ;
  • un sternum à l’avant.

 

côte flottante

 

Cette cage joue le rôle de protection de divers organes importants à l’instar du cœur, des poumons et des gros vaisseaux. Entre chaque espace intercostal, il existe un nerf spinal thoracique qui est responsable de la transmission des informations sensitives et motrices.

 

La cage thoracique est également soutenue par des ligaments et des muscles, notamment les muscles situés entre les côtes (muscles intercostaux). Ces muscles permettent à la cage thoracique de se déployer lorsqu’on inspire, et de s’abaisser lorsqu’on expire.

 

Ces muscles et ligaments peuvent être surétirés, voire déchirés, en présence d’une force excessive. On parle alors d’entorse costale. Elle sont qualifiée en fonction de leur sévérité :

 

  • Grade 1 : Entorse légère avec moins de 5 % des fibres musculaires ou ligamentaires endommagées, entraînant une perte de mouvement minime.
  • Grade 2 : dommages plus importants des fibres musculaires ou ligamentaires, mais sans rupture complète. On observe une perte de mouvement significative associée.
  • Grade 3 : Rupture complète du muscle ou du ligament. Ces blessures nécessitent parfois une intervention chirurgicale.

 

 

Causes

 

Parmi les causes les plus courantes d’entorse costale, on compte :

 

  • un coup direct sur la cage thoracique, par exemple lors d’une chute ou d’un accident de voiture
  • un choc dû à un sport de contact, comme le hockey, le football ou la boxe
  • un éternuement ou une toux violente
  • une torsion du tronc au-delà de son amplitude normale de mouvement
  • le souvement de poids lourds (surtout au dessus de la tête)
  • les torsions violentes dans un cadre sportif (comme au golf ou au tennis)
  • les torsions excessives et prolongée (comme certaines postures de yoga ou de danse)
  • extension prolongée de la tête (hyperextension cervicale)
  • mouvements répétitifs (aviron, natation, etc.)
  • postures inadaptées et soutenues 
  • grossesse
  • prise de poids rapide
  • fragilité osseuse ou condition associée (ostéopénie, ostéoporose, certaines formes d’arthrite, etc.)
  • changement drastique des habitudes sportives (comme une augmentation soudaine de l’activité physique)

 

 

Symptômes

 

Les signes et les symptômes d’une entorse costale varient en fonction des individus, et dépendent de la cause initiale. De manière généralement, on peut observer :

 

  • une douleur aiguë et vive au niveau des côtes qui peut irradier vers la poitrine, les omoplates et/ou la région dorsale
  • douleur sourde et progressive apparaissant suite à des mouvements répétitifs de nature sportive
  • raideur et tension musculaire
  • difficulté lors de la toux, l’éternuement ou une inspiration profonde
  • diminution de mouvement du tronc (principalement la rotation dorsale ou thoracique)
  • spasmes des muscles intercostaux
  • inflammation et oedème observable au niveau intercostal
  • hématome (rare)
  • sensibilité à la palpation de la région intercostale affectée

 

 

Diagnostic

 

Le diagnostic de l’entorse costale débute généralement par un examen physique du médecin. L’examen débute généralement par un questionnaire où le professionnel de santé cherche à déterminer la cause potentielle des symptômes, la localisation des douleurs, l’état de santé général du patient, etc.

 

Ensuite, un examen physique où le médecin évalue les amplitudes de mouvement et la force de certains muscles permettra d’identifier les répercussions fonctionnelles des douleurs. Un examen neurologique est parfois nécessaire pour éliminer une atteinte du système nerveux central ou périphérique.

 

Finalement, une imagerie médicale (comme une radiographie ou une imagerie par résonance magnétique IRM) peut être demandée pour exclure une atteinte plus sérieuse comme une fracture costale, ou encore une atteinte d’un organe interne comme la rate.

 

Diagnostic différentiel

 

De manière générale, l’entorse costale est facile à diagnostiquée dans la mesure où elle est associée à un traumatisme, ou un effort excessif et prolongée clairement identifiable.

 

Par contre, une douleur intercostale peut également provenir d’une autre source. Les diagnostics suivants, bien que distincts, reproduisent des symptômes similaires à l’entorse costale :

 

 

Si vous ressentez un des symptômes suivants, il est préférable de consultez aussitôt pour clarifier le diagnostic, et excluse une atteinte sérieuse comme un fracture de côte :

 

  • douleur difficile à localiser (irradie vers la nuque, les épaules, le haut du dos, etc.)
  • sensation d’essoufflement
  • une masse visible au niveau intercostal
  • une douleur excessive de type brûlure ou coup de poignard dans la région des côtes
  • une hypersensibilité des côtes au toucher.

 

 

Traitement

 

Pour traiter et guérir l’entorse costale de son patient, le professionnel de santé recommande généralement les modalités suivantes :

 

  • Application de chaleur ou de glace
  • Repos 
  • Analgésique, relaxants musculaires et/ou anti-douleurs
  • Attelle au besoin
  • Ajustement de la position de sommeil
  • Kinésithérapie (physiothérapie) : Ceci comprendre des techniques manuelles visant à soulager les muscles tendus et gagner de la mobilité. Des exercices de respiration profonde et de renforcement musculaire peuvent également accélérer le processus de guérison.
  • Ostéopathie
  • Infiltration de cortisone dans les cas réfractaires

 

 

Pronostic et prévention

 

En fonction de la gravité des symptômes et du type de déchirure (grade 1 à 3), l’entorse costale peut prendre de quelques jours à quelques semaines pour guérir. On estime qu’une entorse modérée prendre 3 à 7 semaines avant de récupérer. Ce délai peut s’étendre à quelques mois si la déchirure musculaire ou ligamentaire est significative.

 

La prévention est importante pour prévenir l’aggravation de l’entorse, et éviter de se reblesser. Dans un cadre sportif, il est important de s’échauffer avant l’effort, d’y aller progressivement, et d’éviter les gestes à risque. De même, maintenir une mobilité et tonicité musculaire adéquate permet de prévenir l’entorse costale.

 

 

Références

 

  • https://www.medicalnewstoday.com/articles/320925
  • https://www.healthline.com/health/intercostal-muscle-strain
  • https://www.physio-pedia.com/Intercostal_Muscle_Strain
  • https://www.klusster.com/portfolios/sleepguru/contents/26005