Tests sacro-iliaque: Interprétation (Explication des tests)

Tests sacro-iliaque: Interprétation (Explication des tests)

L’articulation sacro-iliaque peut être responsable de douleur lombaire ou de type sciatique lorsqu’elle est dysfonctionnelle. Par contre, il est parfois difficile d’identifier avec précision une atteinte de cette région. Pour ce faire, les professionnels de santé utilisent notamment des tests sacro-iliaques cliniques à visée diagnostique.

 

Cet article explique en détail les différents tests sacro-iliaques utilisés en clinique, et comment les interpréter pour clarifier le diagnostic. Des alternatives seront également présentées pour mieux orienter la prise en charge du patient souffrant de douleur dans cette région.

Rappel anatomique

 

Avant de discuter des tests cliniques permettant le diagnostic d’une atteinte sacro-iliaque, il convient de discuter brièvement de l’anatomie de cette articulation.

 

L’articulation sacro-iliaque relie les os du bassin (appelés iliaques) au sacrum, un os triangulaire situé sous les vertèbres lombaires. La fonction principale des articulations sacro-iliaques est d’absorber les chocs, et d’augmenter la stabilité du tronc.

 

 

On estime que l’articulation sacro-iliaque est responsable de 15 à 30% des cas de lombalgie. Parmi les causes principales de douleur sacro-iliaque, on compte les traumas, déformations anatomiques (comme une scoliose ou une différence de longueur des membres inférieurs), des pathologies inflammatoires, une infection, etc.

 

Le diagnostic d’une atteinte sacro-iliaque n’est pas toujours évident à établir. Outre l’imagerie médicale, un examen clinique intégrant plusieurs tests spécifiques peut mettre en valeur une dysfonction de cette articulation.

 

 

Cluster de tests sacro-iliaque

 

Comme une atteinte sacro-iliaque peut reproduire des douleurs lombaires, dans la fesse ou le membre inférieur, la capacité de différencier avec précision une atteinte de cette articulation avec d’autres causes est importante. Ceci permettra notamment d’éliminer une autre atteinte pouvant reproduire des symptômes similaires telle que :

 

 

Un cluster de tests sacro-iliaque est un groupe de tests cliniques développés pour orienter vers un diagnostic d’atteinte sacro-iliaque permettant de faciliter la prise de décision clinique. Essentiellement, plus on identifie de tests positifs et plus les probabilités d’une atteinte sacro-iliaque sont élevées.

 

Il est à noter que pour qu’un test soit considéré positif, il doit reproduire la douleur caractéristique du patient (celle dont il se plaint au quotidien) au niveau de l’articulation sacro-iliaque. Les tests couramment utilisés sont les suivants :

 

Test de distraction sacro-iliaque

 

  • Le patient est allongé sur le dos avec un oreiller sous ses genoux. On demande parfois au patient de placer ses mains dans le bas du dos afin de maintenir la colonne lombaire en position de lordose.
  • L’examinateur place ses mains à l’avant des crêtes iliaques, plus spécifiquement sur les épines iliaques antéro-postérieures. Les bras de l’évaluateur sont croisés, et ses coudes sont maintenus en extension.
  • Une force de distraction lente et progressive est appliquée vers le bas (force de distraction de l’articulation sacro-iliaque) en se penchant vers le patient.

 

 

Test de compression sacro-iliaque

 

  • Le patient est placé en position de décubitus latéral (sur le côté) face à l’examinateur. Le côté symptomatique est positionné en haut, et un oreiller est placé entre les genoux au besoin.
  • L’examinateur exerce une pression progressive vers le bas en poussant sur l’ilium, plus spécifiquement entre la crête iliaque et le grand trochanter (force de compression de l’articulation sacro-iliaque).

 

 

Test de “Thigh Thrust”

 

  • Le patient est allongé en décubitus dorsal (sur le dos), la hanche du côté affecté fléchie à 90 degrés. Le genoux, quant à lui, est complètement fléchi.
  • L’examinateur se tient du côté atteint. Il stabilise le bassin du bassin au niveau des épines iliaques antéro-supérieures (EIAS) avec sa main.
  • L’examinateur exerce alors une pression progressive dans l’axe du fémur avec sa main et le poids de son corps, de manière à créer une force de cisaillement antéro-postérieur de la sacr0-iliaque.

 

Test de Gaenslen

 

  • Le patient est allongé en décubitus dorsal (sur le dos), la jambe du côté affecté sortant du lit de manière à pendre.
  • Le patient place la jambe non affectée en flexion de hanche complète en maintenant le genou fléchi. Ceci crée une rotation postérieure de l’ilium.
  • L’examinateur aide à stabiliser la jambe et pousse la jambe non affectée vers le vas. Ceci crée une force de torsion au niveau de la sacro-iliaque.

 

 

Test de Faber

 

  • Le patient est placé en décubitus dorsal (sur le dos). La jambe évaluée est placée en position de manière à former un 4 (plus spécifiquement, la hanche est positionnée en flexion, abduction et rotation exerne). Le côté externe de la cheville évaluée devrait reposer sur la cuisse opposée après avoir position la jambe pour le test de Faber.
  • Tout en stabilisant le côté opposé du bassin (au niveau de l’épine iliaque antéro-supérieure), l’évaluateur exerce une force visant à pousser le genou de la jambe atteinte vers la table. Ceci équivaut à une mouvement combiné de flexion, abduction et rotation externe.

 

 

Autres

 

Il existe d’autres tests moins connus permettant de clarifier une atteinte sacro-iliaque. Certaines études les intègrent dans leur cluster diagnostic. Il s’agit entre autres des tests suivants :

 

  • Test du flamingo
  • Cisaillement sacro-iliaque postéro-antérieur
  • Test de Gillet
  • Test de “Sacral  Thrust0”
  • Palpation de la sacro-iliaque
  • etc.

 

Note : Pour connaître les qualités métrologiques des tests précédents (fidélité inter-évaluateur, score kappa, LR+, LR-, etc.), consultez l’article suivant.

 

Essentiellement, le résultats des recherches scientifiques montrent que lorsque trois ou plus de ces tests de provocation de la douleur sont positifs, il y a une forte probabilité qu’une dysfonction sacro-iliaque soit présente.

 

 

Outil diagnostic de choix : L’infiltration sacro-iliaque

 

Outre les tests cliniques de provocation de douleur sacro-iliaque, on peut recourir à d’autres méthodes pour clarifier le diagnostic.

 

En effet, si le médecin estime que les symptômes proviennent d’un dysfonctionnement de l’articulation sacro-iliaque, il se peut que votre médecin vous propose une infiltration sacro-iliaque à visée diagnostique. Ceci consiste essentiellement à injecter un anesthésique local et/ou un agent anti-inflammatoire dans l’articulation sacro-iliaque.

 

Plus précisément, il va injecter un agent anesthésiant local (comme la lidocaine ou bupivicaine) au niveau de la sacro-iliaque pour déterminer si vous ressentez un soulagement temporaire. Cette infiltration est généralement faite sous fluoroscopie, c’est-à-dire guidée par une imagerie médicale.

 

Après l’infiltration diagnostique, le médecin pourrait re-tester les mouvements qui étaient auparavant douloureux (comme par exemple les test cliniques mentionnés ci-haut). Si vous ressentez moins de douleur en général, on pourra conclure que l’articulation sacro-iliaque était inflammée (et la cause de vos douleurs !).

 

On va alors concentrer le traitement autour de la sacro-iliaque, par exemple avec des infiltrations subséquentes. Le plus souvent, on utilisera des agents anti-inflammatoires (comme la cortisone) considérant leurs efficacités prolongées. Ces infiltrations seront alors thérapeutiques, et non diagnostiques.

 

Si, au contraire, il n’y a aucun effet thérapeutique, ceci voudrait dire que vos symptômes proviendrait d’une autre structure, ou d’une autre cause.

 

Pour tout savoir sur l’infiltration sacro-iliaque (procédure, risques, efficacité, etc.), consultez l’article suivant.

 

 

Conclusion

 

Pour identifier une atteinte de l’articulation sacro-iliaque, les professionnels de santé ont recours à plusieurs outils diagnostics. Parmi les plus populaires, on compte l’imagerie médicale, l’infiltration sous scopie, ou encore des tests cliniques de provocation de douleur.

 

Les tests cliniques sont faciles à réaliser et permettent d’orienter la prise en charge en fonction de la réponse du patient. Il est à noter qu’il n’existe pas de test unique permettant de conclure hors de tout doute à une dysfonction sacro-iliaque. Plutôt, c’est une combinaison de tests positifs qui permet d’orienter vers une affection de cette articulation.

 

 

Références

 

  • https://si-bone.com/providers/resources/diagnostic/provocative-tests
  • https://www.webmd.com/back-pain/si-joint-dysfunction-diagnosis