Canal lombaire étroit et perte de poids : Traitement efficace ?

Canal lombaire étroit et perte de poids : Traitement efficace ?

Le canal lombaire étroit est une affection dont la fréquence ne cesse d’augmenter en raison du vieillissement de la population, car elle est le plus souvent secondaire à une maladie dégénérative (donc liée à l’âge) : l’arthrose vertébrale.

 

Dans certains cas, ce rétrécissement du canal lombaire reste asymptomatique. Mais souvent, il s’accompagne de différents symptômes fortement handicapants tels que des douleurs lombaires, des douleurs au niveau des membres inférieurs ou encore des troubles sphinctériens.

 

Sa prise en charge repose initialement sur des méthodes conservatrices telles que le repos (relatif), la prescription de certains médicaments ou corsets pour soulager les symptômes, des massages, certains exercices… La chirurgie, quant à elle, ne sera envisagée qu’en dernier recours, après avoir confirmé que la balance bénéfices/risques penchait en faveur des bénéfices !

 

Il est donc important d’essayer toutes les solutions conservatrices. L’une d’entre elles consiste à perdre du poids. Alors comment est-ce que perdre du poids pourrait aider en cas de canal lombaire étroit ? Réponse dans le présent article.

C’est quoi, le « canal lombaire » ?

 

Notre colonne vertébrale (ou rachis) est constituée de 33 vertèbres empilées les unes sur les autres :

 

  • 7 vertèbres cervicales,
  • 12 vertèbres dorsales ou thoraciques,
  • 5 vertèbres lombaires,
  • 5 vertèbres sacrales fusionnées pour former le sacrum,
  • 4 vertèbres coccygiennes également fusionnées pour former le coccyx.

 

juxtaposition de vertèbres formant la colonne vertébrale

 

Au niveau de chaque vertèbre cervicale, dorsale et lombaire est creusé un trou appelé « foramen vertébral ». Ainsi, la superposition des foramens vertébraux forme le «canal rachidien » ou « canal vertébral ».

 

C’est au niveau du canal rachidien que chemine la moelle épinière, ses différentes enveloppes protectrices (dure-mère, arachnoïde, liquide céphalorachidien, pie-mère) et d’autres structures (vaisseaux sanguins nourriciers, ligaments, racines des nerfs rachidiens…).

 

La partie lombaire du canal rachidien, qui est formée par la superposition des foramens vertébraux des 5 vertèbres lombaires, est donc appelée « canal lombaire ».

 

 

Quand est-ce qu’on dit qu’il est « étroit » ?

 

Le canal lombaire étroit ou rétréci, appelé également «sténose du canal lombaire », est un ensemble de symptômes caractéristiques secondaires à un rétrécissement du canal rachidien au niveau des vertèbres lombaires.

 

En temps normal, le canal lombaire chez un adulte possède un diamètre d’environ 15 mm. On considère qu’il est « étroit » lorsqu’il est inférieur à 13 mm.

À LIRE :   Alimentation anti-inflammatoire: Soulager ses douleurs et perdre du poids

 

Cependant, ces chiffres sont purement indicatifs, car la symptomatologie n’est pas très bien corrélée au degré de rétrécissement.

 

 

Quelles sont les causes du canal lombaire étroit ?

 

Le canal lombaire étroit est le plus souvent acquis. Il est généralement secondaire à des phénomènes de dégénérescence touchant l’os (les vertèbres), les disques intervertébraux et les articulations facettaires (articulations postérieures des vertèbres).

 

canal lombaire étroit à l'IRM

 

Parmi les causes dégénératives du canal lombaire étroit, on peut citer :

 

  • L’arthrose lombaire : c’est la cause la plus fréquente de rétrécissement du canal lombaire. Elle est caractérisée par une dégénérescence du cartilage des articulations vertébrales avec la formation d’ostéophytes. Ces derniers sont des excroissances osseuses qui se forment sur les parois internes du canal lombaire, réduisant ainsi son diamètre et comprimant la moelle épinière.

 

  • Le spondylolisthésis lombaire : il s’agit du glissement d’une vertèbre lombaire vers le bas et vers l’avant par rapport à celle située en dessous. Il est souvent dû à une arthrose avec dislocation des articulations vertébrales postérieures.

 

 

Certaines personnes ont un canal lombaire de diamètre plus petit dès la naissance (congénital). Le plus souvent, elles ne le sauront même pas, car elles ne développeront aucun symptôme (pas de compression de la moelle, ou bien compression non significative).

 

Toutefois, elles ont plus de risque de développer un canal lombaire étroit symptomatique en cas d’arthrose lombaire, de spondylolisthésis ou de hernie discale.

 

 

Quels sont les symptômes du canal lombaire étroit ?

 

Le type et le degré de sévérité des symptômes dépendent de plusieurs facteurs, notamment l’importance du rétrécissement du canal lombaire et la nature des structures comprimées (ou irritées).

 

Voici quelques-uns des symptômes du canal lombaire étroit :

 

mal de dos et parkinson

 

  • Douleurs lombaires,
  • Douleur type sciatique ou cruralgie,
  • Claudication intermittente (douleurs au niveau des membres inférieurs avec boiterie),
  • Perte de la sensibilité au niveau de la région périnéale,
  • Troubles sphinctériens (incontinence urinaire et/ou fécale),
  • Dysfonction érectile,
  • Troubles moteurs et/ou sensitifs au niveau des membres inférieurs (engourdissements, fourmis dans les jambes, crampes, paralysie flasque…).

 

Dans de nombreux cas, le canal lombaire étroit ne provoque aucun symptôme. Le diagnostic se fait alors de manière fortuite.

 

Pour plus de détails sur les symptômes, consulter notre article complet sur le canal lombaire étroit.

À LIRE :   Chirurgie bariatrique : la solution pour enfin maigrir ?

 

 

Comment traite-t-on un canal lombaire étroit ?

 

La prise en charge du canal lombaire étroit fait appel à de nombreux traitements conservateurs :

 

  • Antalgiques : du plus simple au plus puissant selon le degré et le type de douleur,
  • Anti-inflammatoires non stéroïdiens,
  • Repos relatif : limiter les mouvements qui déclenchent ou aggravent les symptômes, mais toujours rester actif,
  • Corset lombaire : pour limiter l’hyperlordose lombaire (port à long terme déconseillé),
  • Massages : chez un kinésithérapeute ou ostéopathe pour soulager les tensions musculaires et réduire les douleurs,
  • Ergothérapie : adapter l’environnement et apprendre les bons gestes pour limiter les contraintes sur la colonne vertébrale.
  • Traitements naturels : acupuncture, plantes… Ce type de traitement peut aider à gérer les différents symptômes.

 

En cas d’échec de tous les traitements conservateurs, de sténose d’emblée sévère ou d’aggravation rapide du rétrécissement, une prise en charge chirurgicale s’imposera.

 

 

Quel lien y’a-t-il entre lombalgie et surpoids ?

 

En position assise ou debout, notre colonne vertébrale supporte en permanence le poids de la moitié supérieure de notre corps : la tête, le cou, les membres supérieurs et l’ensemble du tronc. Ce poids est normalement réparti sur les différentes structures du rachis de manière harmonieuse, notamment grâce à la conformation de ce dernier en « S ».

 

Le rachis lombaire, étant situé en bas du dos, est la partie de la colonne vertébrale qui subit le plus de contraintes. Un surpoids génère donc plus de stress au niveau des vertèbres lombaires et cela se traduit cliniquement par des lombalgies.

 

Le lien entre lombalgie et obésité est aujourd’hui clairement établi par les différentes études scientifiques. Toutefois, les mécanismes derrière cette association restent à déterminer.

 

En effet, les études scientifiques ont démontré que les lombalgies étaient nettement plus fréquentes chez les sujets obèses. Elles ont également constaté que la perte de poids, encadrée médicalement, soulageait de nombreux types de douleurs musculosquelettiques chez ces personnes et améliorait significativement leur qualité de vie.

 

Mais des questions restent sans réponse : par quels mécanismes sont obtenues ces améliorations ? Quelle relation y’a-t-il entre perte de poids, modification de la composition du corps et anomalies structurelles et fonctionnelles observées chez les sujets souffrant d’obésité et de lombalgie ? Les études sont toujours en cours pour essayer d’y répondre.

 

 

Canal lombaire étroit : perdre du poids pour soulager les symptômes ?

 

En théorie, la perte de poids pourrait avoir un effet positif sur les symptômes du canal lombaire étroit grâce aux mécanismes suivants :

 

  • Diminution du stress sur les disques intervertébraux lombaires, donc prévention du développement ou de l’aggravation d’une hernie discale.
  • Réduction des contraintes sur les articulations vertébrales postérieures (facettaires), donc prévention de l’aggravation de l’arthrose vertébrale lombaire.
  • Facilitation des mouvements de la colonne vertébrale.
À LIRE :   Centre anti-douleur : Rôles et bénéfices

 

Même si les résultats diffèrent d’une personne à une autre (selon la sévérité du rétrécissement, la cause, le terrain…) et ne sont pas garantis, ce serait dommage de ne pas essayer de perdre quelques kilos puis de réévaluer ses symptômes.

 

alimentation anti-inflammatoire et force

 

Il n’est pas toujours facile de perdre du poids quand on souffre d’un canal lombaire étroit. Les douleurs et autres symptômes qu’il génère découragent parfois toute activité physique.

 

Cependant, il est important de veiller à garder un certain degré d’activité quotidiennement pour maigrir, ou du moins stabiliser son poids et éviter les raideurs articulaires.

 

En plus de l’activité physique, il est recommandé d’adopter un régime alimentaire équilibré et varié. Le régime anti-inflammatoire est particulièrement intéressant dans ce contexte, car il permet de fournir au corps tous les éléments nutritifs dont il a besoin tout en réduisant l’inflammation dans tout l’organisme. Il permet donc une perte de poids et une diminution des douleurs d’origine inflammatoires.

 

 

Références

 

[1]  R. Pittier, C. Schizas, G. Kulik, S. Genevay, et H. RHU, « Canal lombaire étroit ».

[2  S. Genevay, P. Chevallier-Ruggeri, et A. Faundez, « Canal lombaire étroit: clinique, physiopathologie et traitement. », Revue médicale suisse, no 332, p. 585, 2012.

[3]  Y. P. Charles et J.-P. Steib, « Diagnostic et traitement du canal lombaire étroit », Médecine thérapeutique, vol. 23, no 3, p. 136‑144, 2017.

[4]  M. H. Boukili, « LA PRISE EN CHARGE DU CANAL LOMBAIRE ÉTROIT ».

[5]  F. Doury-Panchout et B. Fouquet, « Obésité, perte de poids et lombalgie », Revue du Rhumatisme Monographies, vol. 83, no 1, p. 50‑55, févr. 2016, doi: 10.1016/j.monrhu.2015.09.004.